La boulangère collectionnait les croûtes
En préambule, je demande pardon à tous les traumatisés des problèmes de math à l'école.
Le poème fondu ? il s'agit d'écrire un poème en n'utilisant que des mots d'un poème source. On crée donc son propre poème en assemblant, combinant ces mots prélevés (en respectant leur orthographe à l'accent près) avec la ponctuation, l'ordre que l'on veut. Un même mot peut être répété plusieurs fois. S'il est au singulier, on ne peut le mettre au pluriel et inversement.
«
….Mais j’ai tes mains entre les miennes
Et
tes yeux sûrs ; qui me retiennent,
De
leurs ferveurs, si doucement ;
Et
je te sens si bien en paix de toute chose
Que
rien, pas même un fugitif soupçon de crainte,
Ne
troublera, fût-ce un moment,
La
confiance sainte
Qui dort en nous comme un enfant repose... »
La littérature est la preuve que la vie ne suffit pas.
(Fernando Pessoa)
SUR CE MODELE ...
· Le gris est la preuve que le noir et blanc ne
suffit pas.
· Une bonne mandale est la preuve que claquer
des doigts ne suffit pas.
· Prêter l’oreille est la preuve qu’écouter ne
suffit pas.
· Le déluge est la preuve qu’une averse ne
suffit pas.
· D’un cheveu est la preuve que presque rien ne
suffit pas.
· Reculer est la preuve qu’être sûr de ce qu’on
avance ne suffit pas.
· Parler juste est la preuve que juste parler
ne suffit pas.
· La pieuvre est la preuve que Vishnu ne suffit
pas.
· Être dans de beaux draps est la preuve qu’un
sac de couchage ne suffit pas.
· Dessiner un mouton est la preuve que le
coloriage ne suffit pas.
· Marcher sur la tête est la preuve que les
pieds ne suffisent pas.
· Le scalp est la preuve que la perruque ne
suffit pas.
· Vingt mille lieues sous les mers est la
preuve qu’être superficiel ne suffit pas.
· La Vénus de Milo est la preuve que tendre les
bras ne suffit pas.
· Partir à point est la preuve qu’être saignant
ne suffit pas.
· Neuf est la preuve que huit ne suffit pas.
· Le Titanic est la preuve qu’un orchestre ne
suffit pas.
· James Bond est la preuve que le monde ne
suffit pas.
… Ne pas conclure ce billet est la preuve que
…
Voici des extraits de la seconde partie de l'atelier, pour faire suite au billet du 25 mai.
La situation suivante était un poème auto-daté, à partir de la date du premier pas sur la lune.
On écrit la date verticalement, un chiffre par ligne, le poème doit comporter à chaque ligne le nombre de mots qui correspond au chiffre. Pour le zéro on utilise un mot, et un seul, dans le registre du vide, du manque, de l'impalpable, jusqu'à l'abstrait, ce registre n'étant nullement banni des autres lignes !
J'envisage un jour de proposer un poème auto-daté correspondant au 99 septembre septembre 9999. Un petit côté science-fiction vous ne trouvez pas ?
Voici ce que j'en ai fait.
Ensuite, embarquement pour les îles, d'après Blaise Cendrars.