480 pages.
mercredi 9 septembre 2026
Lectures ( mai juin juillet août)
480 pages.
samedi 5 septembre 2026
ANNONCE
J’annonce aujourd’hui avec ce
billet une série d’un sérieux quasi-papal dont l’idée m’est venue en plongeant
je ne sais plus pourquoi comment à l’origine dans les annales des sujets du bac
en littérature et en philo. Je viens de vous prévenir, c’est du sérieux.
Je tire le sujet au hasard,
tiens ça se gâte, j’y réponds en un format limité, je me donne comme cadre un
petit texte de 100 mots, je sais… ça dégénère !
Je vous souhaite toutefois, autant
que possible, de bonnes lectures !
Je m’empresse d’ajouter que si
vous trouvez un sujet, envoyez-le, je le traiterai.
Mise à jour 8/09
Tout est dans tout. Cela vous a-t-il traversé ? L'aviez-vous vu ?
mardi 1 septembre 2026
Cartes postales
Septembre, je repasse la tête par la fenêtre, c'est reparti !
Elles ont longtemps signifié
entre autres choses vacances, voyage, ailleurs et sans doute aussi été…
Je m’interrogeais l’autre jour
sur les cartes postales.
C’était plus précisément une
sorte de pensée un peu rêveuse. Elle m’a envahi alors que j’étais en train d’en
écrire une, une sur les deux que je m’apprêtais en tout et pour tout à écrire
et expédier.
Je me suis revu bien des années
en arrière lorsque cette pratique, cette habitude, était encore bien ancrée et que je m’y adonnais avec une certaine assiduité et pas mal de plaisir.
La pensée pour les
destinataires, le choix d’une vue qui les éclaire et qui leur parle, la
rédaction en elle-même du petit mot constituaient un moment appréciable sur
lequel chacun serait content de revenir, après coup, expéditeur comme destinataire.
Et puis cela s’est tari.
Je ne pense pas que la corvée
des cartes postales que j’ai pu connaître enfant ait joué, pas plus que les
réductions d’effectifs à la poste ou même l’augmentation du prix des timbres.
Les temps ont changé, nous avec,
et nous avons commencé à vivre le temps (majuscule) différemment : immédiateté,
« direct live » !
Les photos et vidéos déclenchées
sur place avec nos appareils ultra-modernes ombilicaux ont pris presque toute
la place, renvoyant les cartes postales au cimetière des éléphants ou pas loin.
Pourtant, les présentoirs tournants des
boutiques sont toujours copieusement garnis, ce qui tend à montrer
qu’il y a encore un peu de place pour les cartes postales. Reste à savoir
laquelle.
Si nous n’en expédions quasiment
plus, nous rapportons régulièrement quelques cartes du lieu de séjour, plus ou
moins stylisées, avec lesquelles nous remplissons un album qui sert de mémoire
familial des endroits où nous sommes passés.
Ma fille aînée a gardé ce goût
d’écrire et d’envoyer une petite carte et elle est sans aucun doute dans la
famille la seule de sa génération à persévérer.
De mon côté, à chaque occasion,
c’est une ou deux, pas plus, depuis une dizaine d’années je dirais. Une voilure
extrêmement réduite.
Une -toujours, pour mon beau-frère avec qui nous pratiquons une espèce de concours casse-gueule mais réjouissant de la carte postale la plus pourrie, et je vous prie de croire qu’il y a de la matière. La seconde est plus « sage » ou classique, c’est pour un ami de plus de cinquante ans, il y a des choses avec lesquelles on ne plaisante pas.
dimanche 12 juillet 2026
A la manière d'eux...
Un très bon été à tout le monde.
Retour en principe le 1er septembre.
Je vous laisse avec cinq productions à la croisée de deux auteurs, le dessinateur Etienne Lécroart (membre de l 'OuLiPo) et Felix Fénéon célèbre pour ses nouvelles en trois lignes, généralement aussi absurdes que féroces, quand ce n'est pas surréalistes.
Les dessins sont d'Etienne Lécroart, sous forme de cases indépendantes numérotées.
J'ai donc pris les nouvelles en trois lignes au pied de la lettre, ce qui ne surprendra pas grand monde, et en utilisant cinq fois trois cases du dessinateur, j'ai ensuite rédigé cinq nouvelles "à la manière de"...
Voici le résultat :
mercredi 8 juillet 2026
Sais-tu si (..) ?
J'ai rouvert récemment (pour tout autre chose que l'objet de ce billet) le très beau recueil de Claude Roy, paru en 1979, qui me ramène à des lectures du début des années 90.
Claude ROY 1979 / Sais-tu si nous sommes encore loin de la mer ?
"RECUEIL FONDU"
Lorsque la terre respire cela
s’appelle le vent
L’eau qui devient un homme cela s’appelle
le sang
L’enfant curieux écoute aux portes de
la terre
L’enfant dort la sauterelle saute
L’eau chuchote très loin
Sais-tu si nous sommes encore loin de
la mer ?
L’enfant dormeur traverse la
clairière d’un rêve
L’enfant rêve qu’il rêve et son rêve
le rêve
Il entre dans le mien
Affluent d’un songe
Sais-tu si nous sommes encore loin de
la mer ?
Ce qu’il fait chaud
Chuchote l’eau
L’eau qui s’en va vers la mer
Sans penser que la mer est là
L’enfant du crépuscule a remonté
lentement
Vers le débarcadère vers l’eau qui se
déverse
La barque au fil de l’eau suit l’eau
qui fuit
Ai-je croisé l’enfant qui remontait
le fleuve
Ou m’a-t-il regardé dans le long
miroir de l’eau ?
Qu’est-ce donc que le temps ?
Si nul ne me le demande je le sais
très bien
Si je veux l’expliquer à qui me le
demande
Je ne le sais plus
Que fait le temps ? il passe il
passe
Il passe son temps à brouiller nos
traces
La mer très plane respire à peine
Je hâte le pas
L’enfant qui tient son ombre par la
main
Là où le courant s’ensable et
ralentit
Nous allons chercher tous les deux
Dis-moi est-ce que nous sommes encore
loin de la mer ?
samedi 4 juillet 2026
Fondu 3 sur 3
Le poème fondu ? il s'agit d'écrire un poème en n'utilisant que des mots d'un poème source. On crée donc son propre poème en assemblant, combinant ces mots prélevés (en respectant leur orthographe à l'accent près) avec la ponctuation, l'ordre que l'on veut. Un même mot peut être répété plusieurs fois. S'il est au singulier, on ne peut le mettre au pluriel et inversement.
Victor Hugo « Au peuple » 1853
«
Il te ressemble ; il est terrible et pacifique.
Il
est sous l’infini le niveau magnifique ;
Il
a le mouvement, il a l’immensité.
Apaisé
d’un rayon et d’un souffle agité,
Tantôt
c’est l’harmonie et tantôt le cri rauque.
Les
monstres sont à l’aise en sa profondeur glauque ;
La
trombe y germe ; il a des gouffres inconnus
D’où
ceux qui l’ont bravé ne sont pas revenus ;
Sur
son énormité le colosse chavire ;
Comme
toi le despote il brise le navire ;
Le
fanal est sur lui comme l’esprit sur toi ;
Il
foudroie, il caresse, et Dieu seul sait pourquoi ;
Sa
vague, où l’on entend comme des chocs d’armures,
Emplit
la sombre nuit de monstrueux murmures,
Et
l’on sent que ce flot, comme toi, gouffre humain,
Ayant
rugi ce soir, dévorera demain…. »
Fondu 3
Te ressemble,
magnifique,
L’immensité
L’harmonie en sa
profondeur chavire,
Comme toi, comme sur
toi, ce flot caresse
Des chocs de murmures
Ce soir
La vague entend demain
mardi 30 juin 2026
La complainte des mal chaussés
La boulangère collectionnait les croûtes





