J'observe, j'aime observer, aussi bien en marchant que sur mon vélo, et parfois je tombe sur des choses comme ça, pas très loin de chez moi !
Une photo début juillet, d'actualité, dans la canicule
Une photo plus récente :
J'observe, j'aime observer, aussi bien en marchant que sur mon vélo, et parfois je tombe sur des choses comme ça, pas très loin de chez moi !
Une photo début juillet, d'actualité, dans la canicule
Une photo plus récente :
Boue, lit, prudent, pourquoi, folie, lumineux, nuit, savoir,
passion, s’évanouir
Brenda ne manquait pas d’air ni
de folie d’ailleurs.
Elle vivait un moment -un peu
long à son goût- qui manquait de passion.
Elle ne parvenait plus à s’évanouir,
comme au théâtre, ni à dévoyer ses nuits.
Elle se retrouvait désœuvrée, sans
savoir que faire de la journée, quand elle ne se mettait pas à découper
des lits.
Elle cherchait en vain quelque
chose, mais quoi, que quelqu’un, mais qui, lui insufflerait, quelqu’un loin d’être
prudent, quelqu’un qui ne se soucie pas du pourquoi.
C’est alors que Brenda rencontra
Richard. Quelques secondes auparavant, son parfum léger l’avait saisie alors qu’il
l’emmenait prendre son bain de boue.
Elle pensa qu’il venait de se produire
quelque chose de lumineux.
Peaufinant mon organisation, je publierai chaque mois deux grandes questions, deux billets espacés de douze jours.
3.
Faut-il choisir entre être heureux et être
libre ?
Il faut éviter le poncif « choisir c’est
renoncer », cette belle citation qui m’épuise, qu’on sert à tout bout de champ,
cliché ultime du prêt à penser idiot qui permet à un grand nombre de
conformistes de passer pour profonds alors qu’ils sont juste creux. J’aurais pu
dire concaves.
A mon sens, la formulation de la question traduit un
pessimisme rare.
Heureux et libre, c’est un programme alléchant, non ?
Pour preuve, j’ai organisé un micro-trottoir devant chez moi,
et comme il n’y avait personne, j’ai répondu moi-même pour gagner du temps.
-Je veux les deux.
Vous voyez !
1. Prenez une date, 1927, le
8 mai
2. Pour beaucoup, le
lendemain du 7 mai
3. Pour certains, de quoi
planer
4. On est quelques-uns
5. 1927, 8 mai
6. Je pense à l’Oiseau Blanc
7. Ce n’est pas un oiseau
8. Même s’il en a rêvé
9. Et qu’il est blanc
10. Ce n’est pas un oiseau,
c’est un avion
11.
Ce jour-là c’est même un biplan
12.
Sans plan B, spécial exploit,
13.
Avec des choix
14.
Le carburant en fait des tonnes
15.
Il faut bien faire le poids
16.
Larguer le train d’atterrissage
17.
Avec les amarres
18.
Un biplan de quatorze mètres soixante d’envergure
19.
Ça n’existe pas ça n’existe pas
20.
Et pourquoi pas et pourquoi pas
21.
Dans les ateliers, les mécanos fourmis
22.
S’arrachent quatre à quatre Levasseur PL 8
23.
Ils ont même écrit un W avec les cylindres
24.
Du Lorraine Dietrich 450 chevaux
25.
Faudra pas qu’il fasse sa diva son cinéma
26.
C’est pour deux héros de 1914-1918
27.
Coli François Nungesser Charles
28.
Trompeurs de mort ad vitam aeternam
29.
Des gars recousus de partout
30.
Ils font partie des tables rondes
31.
Que tiennent les chevaliers ailés
32.
Qui apprennent l’oiseau
33.
Ils sont deux à traverser
34.
Sans radio sans canot
35.
Sans cadran sans aiguilles
36.
Mais bottes pas loin
37.
Oui, 1927, 8 mai
38. Le rêve est absolu
39.
L’exploit sera inouï
40.
Et ça vibre
41. 1927
42. 8 mai
43. 5h20 sursaut, réveil,
44. Une plume dans l’air
45. Sang mêlé sans s’emmêler
46. Vieux chef indien
47. White Bird
48. Battement d’aile de
papillon
49. L’hélice ronfle
50. Et puis ça sentira
l’huile chaude et l’essence
51.
Le chiffon à cambouis
52.
L’échappement et sous peu l’air iodé
53.
Le cuir à combinaison et le bonnet
54. L’horizon ne se voit pas
55. La mer ils sont au-dessus
56. Le ciel ils sont dedans
57. Si la mer tu es dedans
58. Le ciel est encore plus
haut
59. Temps laiteux plein la
Manche
60. Légère la brume s’est
invitée sur les immensités
61. Traversée transpercée
62. Grains – de sable -
63. Mauvais temps dépression
64. Eux sont déjà des
fantômes
65. On ne les reverra jamais
66. Disparition,
mystère …
67. Le 10 mai c’est du
spécial
68. La Presse-Paris sort du
bidon
69. Ecrit avant ce qui ne fut
pas « l’après »
70. Imprimer la légende
71. Les enjeux patriotiques
72. Submersion rapide par la
sensation
73. On contamine la scène de
frime
74. Le médiatique plombe
l’aéronautique
75. Un mystère jusqu’ici sans
clé
76. Etretat et ses falaises
77. Ne méritent pas tant de
fadaises
78.
Ile de Wight is not
white
79. Les recherches
atlantiques
80.
Terre-Neuve, Saint-Pierre et Miquelon
81.
Pêcheurs pris dans leurs filets
82.
Témoins, pas plus
83. Les preuves prohibées
tombent à l’eau
84. Al Capone tu déconnes
85. Fusillade pour plaques de
rues à la con
86.
They vanished like
midnight ghosts
87.
La Manche est un vaste cimetière
88.
L’océan est plein d’avions
89.
Espoir rime avec sonar
90.
Passer par le Lorraine
91.
Mettre la main sur le moteur
92.
Un moulin à la Quichotte
93.
Une autre quête
94.
L’inaccessible plume d’oiseau
95.
La vérité le dernier exploit ?
96.
Le silence se fait
97.
White
bird flying in the dead of night
98.
Il est où ce con ?
99. Il est là-bas.
Annexe
Un faisceau
d’éléments divers, comme un nuage, s’était formé lentement, courant d’air
février 2026, et m’avait conduit ici, sous ces 99 notes, après un
« slam » dédié à l’amitié, après des échanges et des projets croisés
qui s’empilent gentiment dans les boîtes aux lettres, dans les messageries et
surtout dans les têtes, sans oublier une lecture « Avions » de
Frédérique Soumagne.
Loin d’être
enthousiasmante mais à qui je suis redevable des mots que j’écris juste là,
parce qu’elle m’a gentiment provoqué ou titillé, parmi d’autres bien sûr -bien
sûr- je pense à des relectures instructives qui parlent d’un avion disparu,
objet mythique dont on est quelques-uns à se dire que « disparu », ça
va bien comme ça.
Pour
le petite histoire, j’écris mes « 99 notes sur… » alors qu’on est
dans la 99e année de cette affaire, ô la belle conjonction
temporelle, oui, je reprends cet exercice d’écriture polyphonique que j’ai
découvert avec l’OuLiPo, j’écris, j’accumule les pistes et je décolle, je
relis, je me dis que je vais relater, et je m’organise, je passe de ligne en
ligne, je termine mon premier jet, et quand -pour la première fois avec le
traitement de texte, je compte les lignes, apparaît pile poil 99.
Un
signe ou un cygne ?
Insigne.
Disparaitre...
2. Le grille-pain a-t-il une conscience politique quand il fait sauter la tranche de pain? (aimablement adressée par Paula)
La tranche est engagée, aucun
doute.
Quant au grille-pain,
appelons-le Seb, on note que la fin de son action est en direction inverse de
celle du bulletin de vote dans l’urne. Est-ce un mouvement prônant
l’abstention ?
Le début serait donc trompeur,
même s’il prend garde de ne griller qu’une tranche à la fois, car on n’a pas le
droit de bourrer.
Faire sauter questionne sur le
vote de confiance, le gouvernement peut tomber. Seb serait un vil agitateur
politique au point d’être accusé d’inconscience ?
Pris en sandwich dans de telles
contradictions, on sera bien en peine de trancher.
"Je marchais à pas lents de
bout en bout dans la Maison, et la traîne de fourrure me suivait comme un lourd
serpent louvoyant. Bêtes fauves, bois de camphre, pin qui brûle et pain qui
fume, j'emplissais la Maison de chaleur et de lumières. J'en étais la force
vitale, l'organe palpitant dans un thorax de charpentes et de pignons."
Hantée par un âge d'or familial, une femme décide de passer toute son
existence dans la grande maison de son enfance, autrefois si pleine de joie.
Pourtant, il faudra bien, un jour ou l'autre, affronter le monde extérieur.
Avant de choisir définitivement l'apaisement, elle nous entraîne dans le dédale
de sa mémoire en classant, comme une aquarelliste, ses souvenirs par saison.
Que reste-t-il des printemps, des étés, des automnes et des hivers d'une vie ?
Je retourne au bord de l’étang.
Je me souviens des interminables
après-midis d’été, au moment des grandes vacances lorsque nous étions enfants.
Nous avions à peine fini de
manger que tous les quatre nous attendions l’autorisation d’aller nous baigner,
pas avant quatre heures, disait Petite Mère. La digestion !
La sieste obligatoire ne nous
enchantait guère, elle prenait la plupart du temps des allures de chasse aux
mouches et aux moustiques. Nos chambres à l’étage en étaient infestées, on n’a
jamais su pourquoi.
Quelquefois nous avions
l’autorisation de nous installer sur la terrasse, dans les chaises-longues, où
nous tentions vainement de nous laisser gagner par la torpeur ambiante. La
patience n’était pas notre fort.
Lorsque c’était l’heure, on ne
se le faisait pas dire deux fois.
Enfin !
On partait en courant dans le
fond du parc pour se jeter dans l’étang.
Et on oubliait aussitôt tout ce
temps perdu, cet ennui de début d’après-midi, tellement heureux que rien ne
comptait plus, pas même les moustiques, pourtant toujours là.
Deuxième situation
Saison au choix, le dimanche et
son cérémonial ou la construction de cabanes.
Petit Père ça ne lui avait pas
plu du tout lorsqu’on s’était mis en tête de construire des cabanes. Mais alors
pas du tout.
On ne lui avait pas demander la
permission d’entrer dans son atelier. On
avait oublié aussi de dire qu’on aurait besoin de deux ou trois outils pour la
construction. Sur notre lancée, les trois planches qu’on lui avait barbottées
étaient passées sous silence.
Et c’est quand il nous repérés
sous le grand chêne près de l’étang en train – croyait-il – d’escalader l’arbre
vénérable qu’il a compris qu’il y avait anguille sous roche.
Mais c’était Petit Père , quand
même.
Et quand la semaine de punition
est passée, il nous a aidés à en construire une. Au sol bien sûr.
Je repasse près du chêne,
quelques vestiges sont toujours là. Une vieille corde effilochée est encore
vaguement amarrée à son anneau sur le poteau désormais bien décati que Petit Père avait planté pour nous.
Et, incroyable, proche de la
poussière, je n’y touche surtout pas, c’est une des trois planches qu’il nous
avait finalement laissées, j'ai failli ne pas la voir.
C’était bien, c’était un début
d’été.
Troisième situation
La maison a été vendue, la
narratrice vit maintenant en maison de retraite, elle y écrit ses souvenirs,
ici sur un objet de famille transmis de génération en génération : un
fauteuil élimé.
Je suis de retour dans ma
chambre. Je rentre des soins. J’ai un peu de temps devant moi avant l’heure du
repas. Je rouvre mon cahier, je me suis
installée à ma petite table, assise dans le fauteuil familial. C’est un
voltaire, il remonte à cinq générations si je me souviens bien ce que nous
disait Petite Mère. Je revois distinctement Petit Père y lire son journal, un
rituel, j’entends le bruit des pages qui se tournent. Et puis Petite Mère avec
le cliquetis des aiguilles à tricoter. Pas toujours, parfois c’était du
crochet.
J’ai bien peur que ce soit tout.
Pourtant… ce fauteuil élimé, toujours là, si j’osais je dirais qu’il a connu un
sacré paquet de fesses.
Je pense souvent qu’il est en
meilleur état que moi. Et après moi, je suis la dernière, à quoi et à qui
servira-t-il ? Je ne sais pas et e ne veux pas vraiment le savoir.
En conclusion :