mercredi 26 mars 2025

Historique

 ...mot facultatif :éponge



On le sait très peu mais dans le cadre bilatéral des relations diplomatiques est ouest, les dirigeants de l'URSS et des Etats-Unis disposaient aussi d'un téléphone orange.

Ils remisaient le rouge lorsque le temps était à la décrispation, voire la normalisation, ou même la détente, au point que chaque dirigeant était autorisé à répondre ou à appeler son homologue en peignoir éponge.

samedi 22 mars 2025

Alpharime

Alpharime : une rime constante (-age) au fil du « poème », la rime est précédée de l’alphabet dans l’ordre (age, bage, cage, dage, …) et ... un gros quart d’heure devant soi.


A L'ABORDAGE !

 

C’est parti pour le grand défrichage

Il va falloir s’y cogner sans ambages

Ecarter les barreaux de la cage

Sans sous-estimer le caviardage

En plus, c’est bien, il n’y a pas de péage

Avec un peu de chance il y aura du chauffage

On a au moins ça comme gage

C’est mieux que d’ouvrir son sarcophage

C’est pas encore l’heure du pliage

Car je dois jauger le verjage

Et c’est pas fourni dans le package

Va donc falloir jouer serré question rafistolage

Pas impossible que je passe pour un mage

Quitte à friser le surmenage

Je veux surtout éviter la prise d’otage*

Et terminer au plus vite cette page

Je pense avoir réussi le débloquage

A force de patience mais pas de rage

Je sens que je vais inviter au vernissage

Pour se remettre, et y aura pas que des laitages

On connaît bien les rouages

On n’est pas des sauvages

On va pas s’enliser dans le wagage**

Et voila que se profile la fin du malaxage

Est-ce que ce fut un beau voyage ?

Bon d’accord, ça sent le dégazage !

 

 Ecrit le 8 mars 2025

 

 

* pas de mot terminé par -oage

** Limon de rivière servant d'engrais.

Merci : 



mardi 18 mars 2025

La hauteur du persil



Sans hauteur, sans persil



Toutankhamon restait des heures

Au bord du Nil

à écouter Erlin le chanteur

qui déroulait son fil.

C’était un ancien cascadeur

privé de nombril,

pas vraiment un amateur,

et de tous, le plus agile.

Il était sans peur

devant tous les périls...

Il est temps vu la stupeur

De terminer ce texte puéril.

 



Quelques mots (des rimes en « il/eur ») 

nous avaient été proposés…

vendredi 14 mars 2025

14 façons...d'écrire

 Je poursuis ce petit jeu récréatif, entamé ici même le 6 février dernier.


ECRIRE 

1.pour ses amis                           8.par jeu 

2. sur un bout de table              9.pour ne pas oublier 

3. sous pseudonyme                   10.en suivant une contrainte

4. dans le train                         11.dans un carnet 

5. sans idée préconçue              12.dès que possible 

6. pour soi                                  13.dans la marge

7. derrière une enveloppe        14.à l'encre 

lundi 10 mars 2025

Détail


Depuis son matelas, Franck attendait sa reine, comme souvent, comme toujours
Il patientait sur le toit, profitant d'un magnifique spectacle.
Telle était son intention, croire que ce feu d’artifice le conduirait loin de la ruine, et -surtout- qu'Elle allait revenir.
Qu'on ne soit pas le 14 juillet aurait dû le rendre prudent.

 

jeudi 6 mars 2025

Mauvais rêve ?

 


Victime de crises de somnambulisme régulièrement, Lucien Verne, 71 ans, a été retrouvé en boule à l’intérieur d’une des machines de la laverie automatique « Le Tour du Linge en 80 minutes » rue Sarcany.  

La machine était à l’arrêt et n’avait pas fonctionné, le hublot étant juste poussé, Lucien pouvait fort heureusement respirer.

C’est un certain Paul Person, client de retour à la laverie car il avait perdu une chaussette, qui a pu alerter les secours qui ont désincarcéré rapidement Lucien dont on ignore à ce jour s’il est vraiment retraité de la marine marchande comme la rumeur a couru et quel livre il était en train de lire au moment des faits. Il est à ce jour en observation au CHU, sain et sauf.

L’établissement n’étant pas doté de caméra de surveillance, rien de plus n’a pu être établi. 

La chaussette n’a pas été retrouvée.


dimanche 2 mars 2025

Le carnet

 La première phrase était imposée...

Il n’avait jamais cru aux légendes jusqu’à ce qu’il tombe sur ce carnet en plein milieu de nulle part.

Horacio Oliveira venait de reconnaître son propre carnet posé sur un des bancs du parc de Palermo, endroit qu’il traversait pour la première fois. 

Il ignorait qu’il l’avait égaré. La découverte étrange ne le troubla pas.

Lorsqu’il s’en saisit, il constata que le carnet, pourtant refermé vierge de toute trace après sa dernière manipulation, était abondamment complété de textes et de fragments rédigés et prêts à être assemblés, de notes détaillées illustrées de quelques schémas fléchés simples.

Horacio Oliveira ne tressaillit nullement en reconnaissant son écriture. 

Il resta d’un calme imperturbable en feuilletant ce qui était la trame détaillée de la nouvelle dont il avait reçu commande il y a maintenant quinze jours. Le plus gros du travail en semblait achevé. Il lisait et relisait attentivement certains passages du carnet. Littéralement, il les découvrait.  

Horacio avait pris place sur le banc.

Il se revoyait un peu plus tôt dans la journée. Il était sur son lieu de travail, lancé pour son projet dans des recherches qu’il ne savait pas encore infructueuses. Il les avait menées assez tard, dans des salles devenues désertes, tel un voyageur égaré dans les blancs ou dans les marges, insensible au moindre changement dans l’air silencieux de Babel.

 

Il n’était pas exactement perdu, il avait glissé, il s’était peut-être absenté de lui-même, lui qui aimait entendre le silence et, plus que tout, l’écouter.

L’ambiance était étrange. 

Avait-il imaginé qu’en tendant bien l’oreille, il pourrait déceler dans ce frottement de l’air quelques mots assourdis, langage inconnu, forme de magie, conversation incertaine tentant une sortie de la verticalité serrée des pages ?

 Tout à ses pensées, il n’avait sans doute pas discerné les remous étouffés comme des souvenirs lointains, les craquements furtifs d’étagères emplies de sorts et de croyances, ni même les replis discrets de passeurs de musiques et de chants.

 Était-il resté insensible, comme coupé, presque hermétique au frissonnement des pages tournées, au clapotis de couvertures refermées, en cet étrange labyrinthe peuplé de miroirs et de portes secrètes, de pistes ouvertes et fermées…

 Quelque chose aurait-il pris corps et vie dans cette atmosphère où l’air vibrait, empli des révélations poétiques d’esprits bienveillants, de songes qui planent au cœur des forêts d’Afrique, calmes des bruits du passé ?

 

Mais la forte improbabilité de cette situation l’aurait quelque peu ébranlé, au point qu’il aurait fini immanquablement par se dire qu’il avait mal saisi ou bien encore, en une hypothèse hallucinatoire nullement irréaliste, qu’il n’avait pas pu entendre cela ailleurs que dans son propre rêve. 

Et c’est très certainement le moment qu’il aurait choisi pour changer d’histoire.


Horacio Oliveira se leva et empocha son carnet.

Il reprit son chemin.

Il n’avait jamais cru aux légendes et un très léger sourire illuminait ses yeux.