Lobby ou hobby, hautbois urbi et orbi,
Bobby, l'abbé, abat l'obi et l'habit
là-bas, où baba, le bébé aboie :
lubie, bib bu ou bobo, abus d'ébats...
Ubu bout : obéis, Bibi, débat d'hibou à bout !
Lobby ou hobby, hautbois urbi et orbi,
Bobby, l'abbé, abat l'obi et l'habit
là-bas, où baba, le bébé aboie :
lubie, bib bu ou bobo, abus d'ébats...
Ubu bout : obéis, Bibi, débat d'hibou à bout !
Comme indiqué il y a quelque temps je change ma manière de procéder pour le recensement ici de mes lectures. Plus fréquent, plus imagé, plus bref.
Voici un peu de ce que j'ai lu (il en manque déjà) depuis début 2026,avec un petit mot ...ou pas !
Un démarrage bizarre, une bagarre, un homme assommé avec un lingot, une journaliste sur l'affaire, une chroniqueuse qui relaie, bref une critique des médias, de ses dérives, qui se voudrait satirique et grinçante, mais honnêtement j'ai trouvé cela fort convenu d'une part, et très artificiel d'autre part, avec une tendance circulaire à tourner en rond. La fin (la dernière phrase =Je me bats pour vous) est un joli sommet de démagogie qui a fini par me faire douter que Natasha Brown soit réellement la nouvelle étoile de la littérature britannique comme elle est présentée...En tout cas pas ici.
Une réussite à mon goût avec un ton assez grinçant mais pétri d'humanité, des personnages attachants : une infirmière tête brûlée se bat pour donner à un réfugié somalien décédé un enterrement digne, tandis que la police anglaise s'efforce de récupérer son corps et de dissimuler son crime. Belle construction alternant les chapitres personnage par personnage, du rythme, un intérêt soutenu et une satire réussie sur un problème humanitaire fort , les migrants.
Un petit Vila Matas que j’ai trouvé peu inspiré, c’est bien
la première fois, comme s’il n’avait pas trouvé le fil pour sortir de ses
habituelles histoires labyrinthiques. Quelques bons moments, trop rares.
Un roman magnifique, il faut se laisser le temps d'entrer dans l'histoire de cet anthropologue qui s'est suicidé, des lettres qu'il a laissées ou pas, des éléments mal connus ou ignorés de sa vie et l'enquête (ou quête) du narrateur agit peu à peu, sur fond de jungle brésilienne, avec une puissance hypnotique et envoûtante. Remarquable.
( 150 p.)
Un petit roman très ludique et fortement second degré, l'auteur connaît le sujet à fond, et certes il faut un peu connaître le personnage et la réputation de l'écrivain américain culte J D Salinger auteur de L'attrape-coeur. C'est la réserve, car on peut louper des choses. Ici cela devient une histoire d'espionnage absolument folle qui joue avec le mythe Salinger, ses romans, écrits pas écrits, des suites hypothétiques et surtout "avoir le monopole des rêves des adolescents du monde entier » . Très décalé, un régal.
Tu vis
d’espoirs t’es une éponge
Truc un peu fou
qui te démange
Sur le chemin
vert que tu longes
Tu tends les
bras comme ailes d’anges
Tu devrais
parler aux mésanges
Laisser
grimacer les vieux singes
Ceux qui
enfouissent dans la fange
Rêves mouillés
sur fil à linge
Espoirs tombés
à l’eau qui plongent
Tout devient un
peu plus qu’étrange
Le soir les
ombres qui s’allongent
Le blanc le
noir tout se dérange
L’attente s’éternise
orange
Gueule du loup tête
de sphinge
Goutte à goutte
curieux mélange
Rêves mouillés
sur fil à linge
Tu rends les
larmes tu t’allonges
Les Bermudes seront
losange
Tu ferais tout
pour que ça change
Alors laisse sécher
les songes
L’horizon, récolte,
vendanges
Un cri mais
quel tableau repeins-je
Tes yeux transpercent-ils
la frange
Rêves mouillés
sur fil à linge
Plan B solution
de rechange
Sans fin tu
creuses tes méninges
Un peu de soleil
en échange
Rêves mouillés
sur fil à linge
Je vais partager de temps à autre des textes d'auteurs, prose poétique ou poèmes. Au gré de mes feuilletages !
Instructions pour remonter une montre
Là-bas au fond il y a la mort, mais n'ayez pas peur. Tenez la montre d'une main, prenez le remontoir entre deux doigts, tournez-le doucement. Alors s'ouvre un nouveau sursis, les arbres déplient leurs feuilles, les voiliers courent des régates, le temps comme un éventail s'emplit de lui-même et il en jaillit l'air, les brises de la terre, l'ombre d'une femme, le parfum du pain.
La
galette est piégée, il y a cinquante-trois fèves.
La
galette est piégée, il y a cinquante-trois fèves.
Il
répète.
La
galette est piégée, il y a cinquante-trois fèves.
Comment
il le sait ?
La
galette est piégée, il y a cinquante-trois fèves.
Il
est agent des services secrets, section farine.
Il
répète.
La
galette est piégée, il y a cinquante-trois fèves.
Il
le sait, il est infiltré dans la boulangerie.
Il
répète.
La
galette est piégée, il y a cinquante-trois fèves.
La
boulangerie est vénézuélienne.
Il
répète.
Il
est infiltré.
Non,
pas ça, il ne faut pas dire ça, c’est un coup à se faire repérer.
La
galette est piégée, il y a cinquante-trois fèves.
Il
répète facilement.
Il
passe sûrement un enregistrement.
C’est
plus simple pour répéter.
Faut
juste ne pas se tromper de fichier.
La
technique c’est son point fort.
La
galette est piégée, il y a cinquante-trois fèves.
Il
a un palmarès quand même, troisième du Concours Lépine.
La
machine à écrire sans E, c’est lui.
Une
spéciale lipogramme.
On
le connaît depuis ce temps-là.
Et
il tape sur les nerfs de toute la hiérarchie.
Il
est sur les tablettes.
Se
faire repérer, comme ça, c’est très bête pour un futur agent secret.
Même
dans un texte au présent.
On
a toujours son CV.
Bon,
c’est une archive, c’est pas un modèle.
Il
répète.
La
galette est piégée, il y a cinquante-trois fèves.
Comment
il le sait ?
Il
est infiltré.
Alors
il surveille, et il voit.
L’apprenti
arrive, il tape dans la boîte à fèves, tout tombe dans la pâte.
Il
est infiltré.
Il
ouvre l’œil, et le bon.
Il
répète.
La
galette est piégée, il y a cinquante-trois fèves.
Il
ne sait pas laquelle c’est, mais…
La
galette est piégée, il y a cinquante-trois fèves.
Chef,
il a un truc à préciser.
Les
fèves, c’est pas des fèves.
On
ne sait pas quand ça va péter.
La
galette est piégée, il y a cinquante-trois fèves.
Il
répète.
La
galette est piégée, il y a cinquante-trois fèves.
Consigne CUISINER UN SOUVENIR
Le souvenir d’en
face
Je suis le souvenir 47.134 P.
Je m’en souviens parfaitement.
J’appartiens à un couple, elle c’était
Joséphine, non, Sylvia, ça me revient, et lui, attendez… Paul, ah Gabriel c’est
ça…
Tous les deux, pseudos ou pas, secret de
polichinelle, se retrouvaient clandestinement, ou presque, ça dépend pour qui,
rue Choderlos de Troisgros, au 69, petite maison de plain-pied avec jardinet
minuscule, ils étaient d’ailleurs souvent bien mis, dans le quartier on les
avait repérés, avec leur petit manège mis à jour, ils arrivaient soigneusement
l’un sans l’autre…
Ils avaient leurs petits rituels autour
de la cuisine, mais pas seulement, c’étaient des adeptes de la liaison chaude,
ils avaient leurs spécialités… on pourrait appeler ça l’amour de la cuisine.
Un jour il a débarqué avec 500 g de
noix, il a bien fallu qu’ils se mélangent, on ne saura pas s‘il avait déjà
testé l’armagnac…
Elle s’amusait à le taquiner avec ses
salsifis, quand le beurre ramollissait dans le sucre, et le rituel du moule à
tarte c’était leur préféré, ils en avaient un usage original.
Normal avec leurs cœurs moelleux !
Et comme elle n’avait pas de
robot-mixeur, ça y allait…
Il adorait sa choucroute, défaire ses
cheveux au-dessus, défi, d’un bol de soupe et puis ses bas comme il disait
c’était son filet mignon, et c’est alors qu’elle le traitait de tête de veau
tout en lui pardonnant le trou au milieu de la tourte.
Just après, en échange il se mettait à
la badigeonner. Elle avait plus que la peau et les os.
Le souvenir se trouble un peu, il est
ému.
A un moment, presque un an plus tard,
tout s’est arrêté, la maison restait fermée.
On ne les a jamais revus ou entendus.
Qui sait, des nuages s’étaient peut-être
accumulés…