samedi 3 octobre 2026

99 notes sur 1927-2026

  

1.       Prenez une date, 1927, le 8 mai

2.       Pour beaucoup, le lendemain du 7 mai

3.       Pour certains, de quoi planer

4.       On est quelques-uns

5.       1927, 8 mai

6.       Je pense à l’Oiseau Blanc

7.       Ce n’est pas un oiseau

8.       Même s’il en a rêvé

9.       Et qu’il est blanc

10.    Ce n’est pas un oiseau, c’est un avion

11.    Ce jour-là c’est même un biplan

12.    Sans plan B, spécial exploit,

13.    Avec des choix

14.    Le carburant en fait des tonnes 

15.    Il faut bien faire le poids 

16.    Larguer le train d’atterrissage

17.    Avec les amarres

18.    Un biplan de quatorze mètres soixante d’envergure

19.    Ça n’existe pas ça n’existe pas

20.    Et pourquoi pas et pourquoi pas

21.    Dans les ateliers, les mécanos fourmis

22.    S’arrachent quatre à quatre Levasseur PL 8

23.    Ils ont même écrit un W avec les cylindres

24.    Du Lorraine Dietrich 450 chevaux

25.    Faudra pas qu’il fasse sa diva son cinéma

26.    C’est pour deux héros de 1914-1918

27.    Coli François Nungesser Charles

28.    Trompeurs de mort ad vitam aeternam

29.    Des gars recousus de partout 

30.    Ils font partie des tables rondes

31.    Que tiennent les chevaliers ailés

32.    Qui apprennent l’oiseau 

33.    Ils sont deux à traverser

34.    Sans radio sans canot

35.    Sans cadran sans aiguilles 

36.    Mais bottes pas loin

37.    Oui, 1927, 8 mai

38.    Le rêve est absolu

39.    L’exploit sera inouï

40.    Et ça vibre

41.    1927

42.    8 mai

43.    5h20 sursaut, réveil,

44.    Une plume dans l’air

45.    Sang mêlé sans s’emmêler

46.    Vieux chef indien

47.    White Bird

48.    Battement d’aile de papillon

49.    L’hélice ronfle

50.    Et puis ça sentira l’huile chaude et l’essence

51.    Le chiffon à cambouis

52.    L’échappement et sous peu l’air iodé

53.    Le cuir à combinaison et le bonnet 

54.    L’horizon ne se voit pas

55.    La mer ils sont au-dessus

56.    Le ciel ils sont dedans

57.    Si la mer tu es dedans

58.    Le ciel est encore plus haut

59.    Temps laiteux plein la Manche

60.    Légère la brume s’est invitée sur les immensités 

61.    Traversée transpercée

62.    Grains – de sable -

63.    Mauvais temps dépression

64.    Eux sont déjà des fantômes  

65.    On ne les reverra jamais

66.    Disparition, mystère …

67.    Le 10 mai c’est du spécial

68.    La Presse-Paris sort du bidon

69.    Ecrit avant ce qui ne fut pas « l’après »

70.    Imprimer la légende

71.    Les enjeux patriotiques

72.    Submersion rapide par la sensation 

73.    On contamine la scène de frime

74.    Le médiatique plombe l’aéronautique

75.    Un mystère jusqu’ici sans clé

76.    Etretat et ses falaises

77.    Ne méritent pas tant de fadaises

78.    Ile de Wight is not white 

79.    Les recherches atlantiques

80.    Terre-Neuve, Saint-Pierre et Miquelon

81.    Pêcheurs pris dans leurs filets

82.    Témoins, pas plus

83.    Les preuves prohibées tombent à l’eau

84.    Al Capone tu déconnes

85.    Fusillade pour plaques de rues à la con

86.    They vanished like midnight ghosts

87.    La Manche est un vaste cimetière

88.    L’océan est plein d’avions

89.    Espoir rime avec sonar

90.    Passer par le Lorraine

91.    Mettre la main sur le moteur

92.    Un moulin à la Quichotte 

93.    Une autre quête

94.    L’inaccessible plume d’oiseau 

95.    La vérité le dernier exploit ?

96.    Le silence se fait

97.    White bird flying in the dead of night

98.    Il est où ce con ?

99.    Il est là-bas. 


Annexe

Un faisceau d’éléments divers, comme un nuage, s’était formé lentement, courant d’air février 2026, et m’avait conduit ici, sous ces 99 notes, après un « slam » dédié à l’amitié, après des échanges et des projets croisés qui s’empilent gentiment dans les boîtes aux lettres, dans les messageries et surtout dans les têtes, sans oublier une lecture « Avions » de Frédérique Soumagne.

Loin d’être enthousiasmante mais à qui je suis redevable des mots que j’écris juste là, parce qu’elle m’a gentiment provoqué ou titillé, parmi d’autres bien sûr -bien sûr- je pense à des relectures instructives qui parlent d’un avion disparu, objet mythique dont on est quelques-uns à se dire que « disparu », ça va bien comme ça.

Pour le petite histoire, j’écris mes « 99 notes sur… » alors qu’on est dans la 99e année de cette affaire, ô la belle conjonction temporelle, oui, je reprends cet exercice d’écriture polyphonique que j’ai découvert avec l’OuLiPo, j’écris, j’accumule les pistes et je décolle, je relis, je me dis que je vais relater, et je m’organise, je passe de ligne en ligne, je termine mon premier jet, et quand -pour la première fois avec le traitement de texte, je compte les lignes, apparaît pile poil 99.

 

Un signe ou un cygne ? 

Insigne.

mardi 29 septembre 2026

14 façons de ...

Disparaitre...

 

1. du jour au lendemain            8. par intermittence 
2. dans un tour de magie          9. sous la couette 
3. sans crier gare                      10. à minuit 
4. d'un trait de plume              11.derrière quelqu’un sur la photo 
5. pour de bon                           12. sans trucage 
6.  à toutes jambes                    13. inexplicablement   
7. dans les mémoires               14. sur la carte  

Et, en toute logique, cette série s'arrête là ! 

vendredi 25 septembre 2026

C'est une très bonne question - 2

 

2. Le  grille-pain a-t-il une conscience politique quand il fait sauter la tranche de pain?   (aimablement adressée par Paula)

 

La tranche est engagée, aucun doute.

Quant au grille-pain, appelons-le Seb, on note que la fin de son action est en direction inverse de celle du bulletin de vote dans l’urne. Est-ce un mouvement prônant l’abstention ?

Le début serait donc trompeur, même s’il prend garde de ne griller qu’une tranche à la fois, car on n’a pas le droit de bourrer.

Faire sauter questionne sur le vote de confiance, le gouvernement peut tomber. Seb serait un vil agitateur politique au point d’être accusé d’inconscience ?

Pris en sandwich dans de telles contradictions, on sera bien en peine de trancher.


lundi 21 septembre 2026

Atelier

Le 12 septembre nous avons repris le chemin des plumes, des feuilles de papier et de notre cher atelier d'écriture avec un plaisir et une impatience non dissimulés. 
Pour commencer la saison, notre animateur en chef a proposé  comme cadre et personnage principal la « Maison », celle de ce roman :


En voici la 4e de couverture :

"Je marchais à pas lents de bout en bout dans la Maison, et la traîne de fourrure me suivait comme un lourd serpent louvoyant. Bêtes fauves, bois de camphre, pin qui brûle et pain qui fume, j'emplissais la Maison de chaleur et de lumières. J'en étais la force vitale, l'organe palpitant dans un thorax de charpentes et de pignons."

Hantée par un âge d'or familial, une femme décide de passer toute son existence dans la grande maison de son enfance, autrefois si pleine de joie. Pourtant, il faudra bien, un jour ou l'autre, affronter le monde extérieur. Avant de choisir définitivement l'apaisement, elle nous entraîne dans le dédale de sa mémoire en classant, comme une aquarelliste, ses souvenirs par saison.
Que reste-t-il des printemps, des étés, des automnes et des hivers d'une vie ?

 

Après quelques exercices d'échauffement, nous sommes entrés dans le vif du sujet :
Première situation : 
Relater un souvenir familial dans cette maison (soit Noël, soit les grandes vacances) en tenant compte de la saison. 
La famille : Petit Père et Petite Mère, les parents, quatre enfants dont un garçon. 
Un potager, un grand parc, un étang. On utilise le « Je ».

 

Je retourne au bord de l’étang.

Je me souviens des interminables après-midis d’été, au moment des grandes vacances lorsque nous étions enfants.

Nous avions à peine fini de manger que tous les quatre nous attendions l’autorisation d’aller nous baigner, pas avant quatre heures, disait Petite Mère. La digestion !

La sieste obligatoire ne nous enchantait guère, elle prenait la plupart du temps des allures de chasse aux mouches et aux moustiques. Nos chambres à l’étage en étaient infestées, on n’a jamais su pourquoi.

Quelquefois nous avions l’autorisation de nous installer sur la terrasse, dans les chaises-longues, où nous tentions vainement de nous laisser gagner par la torpeur ambiante. La patience n’était pas notre fort.

Lorsque c’était l’heure, on ne se le faisait pas dire deux fois.

Enfin !

On partait en courant dans le fond du parc pour se jeter dans l’étang.

Et on oubliait aussitôt tout ce temps perdu, cet ennui de début d’après-midi, tellement heureux que rien ne comptait plus, pas même les moustiques, pourtant toujours là.

 

Deuxième situation

Saison au choix, le dimanche et son cérémonial ou la construction de cabanes.

 

Petit Père ça ne lui avait pas plu du tout lorsqu’on s’était mis en tête de construire des cabanes. Mais alors pas du tout.

On ne lui avait pas demander la permission d’entrer dans son atelier.  On avait oublié aussi de dire qu’on aurait besoin de deux ou trois outils pour la construction. Sur notre lancée, les trois planches qu’on lui avait barbottées étaient passées sous silence.

Et c’est quand il nous repérés sous le grand chêne près de l’étang en train – croyait-il – d’escalader l’arbre vénérable qu’il a compris qu’il y avait anguille sous roche.

Mais c’était Petit Père , quand même.

Et quand la semaine de punition est passée, il nous a aidés à en construire une. Au sol bien sûr.

Je repasse près du chêne, quelques vestiges sont toujours là. Une vieille corde effilochée est encore vaguement amarrée à son anneau sur le poteau désormais bien décati que Petit Père avait planté pour nous.

Et, incroyable, proche de la poussière, je n’y touche surtout pas, c’est une des trois planches qu’il nous avait finalement laissées, j'ai failli ne pas la voir.

C’était bien, c’était un début d’été.

 

 

Troisième situation

La maison a été vendue, la narratrice vit maintenant en maison de retraite, elle y écrit ses souvenirs, ici sur un objet de famille transmis de génération en génération : un fauteuil élimé.

 

Je suis de retour dans ma chambre. Je rentre des soins. J’ai un peu de temps devant moi avant l’heure du repas.  Je rouvre mon cahier, je me suis installée à ma petite table, assise dans le fauteuil familial. C’est un voltaire, il remonte à cinq générations si je me souviens bien ce que nous disait Petite Mère. Je revois distinctement Petit Père y lire son journal, un rituel, j’entends le bruit des pages qui se tournent. Et puis Petite Mère avec le cliquetis des aiguilles à tricoter. Pas toujours, parfois c’était du crochet.

J’ai bien peur que ce soit tout. Pourtant… ce fauteuil élimé, toujours là, si j’osais je dirais qu’il a connu un sacré paquet de fesses.

Je pense souvent qu’il est en meilleur état que moi. Et après moi, je suis la dernière, à quoi et à qui servira-t-il ? Je ne sais pas et e ne veux pas vraiment le savoir.

En conclusion :

Une belle séance, j'ai été content d'avoir à écrire comme je ne le fais pas -quasiment jamais- ou comme je ne sais pas le faire.  
Et puis les thèmes du roman comme appui d'un atelier, c'est pas mal, pour autant je sais que je ne le lirai pas, je pense que le caractère "ampoulé" et lyrique du lexique ne serait pas à mon goût ! 

dimanche 13 septembre 2026

C'est une très bonne question - 1

Annoncé avec le billet du 5 septembre, voici le sujet numéro 1. 


1.     Peut-on tout prévoir ?

Une interrogation qu’on pourrait qualifier de petit bras. Peut-on ? Mais bien sûr ! Car le pragmatisme devrait guider chacun dans cette quête.
Oublions « gouverner c’est prévoir », contentons- nous d’anticiper -loin de la science-fiction – et profitons de l’occasion pour s’occuper de tout.
Ce sera réglé. Un gain de temps, nul besoin d’y revenir, passons à autre chose.  
Concédons qu’il faut s’organiser mais les listes ne sont pas faites pour les chiens.
On objectera que tout, c’est présomptueux. Cela dépend du « tout », c’est relatif. 
Je soupçonne les tenants d’un tel argument de n’avoir pas vu venir cette question.