mardi 2 juin 2026

Fondu 1 sur 3

 Le poème fondu ? il s'agit d'écrire un poème en n'utilisant que des mots d'un poème source. On crée donc son propre poème en assemblant, combinant ces mots prélevés (en respectant leur orthographe à l'accent près) avec la ponctuation, l'ordre que l'on veut. S'il est au singulier, on ne peut mettre le mot au pluriel et inversement.


Poème 1 -source 

Victor Hugo « Après l’hiver » 1878 (extrait) 

« ….Ô printemps ! bois sacrés ! ciel profondément bleu !

On sent un souffle d’air vivant qui vous pénètre,

Et l’ouverture au loin d’une blanche fenêtre ;

On mêle sa pensée au clair-obscur des eaux ;

On a le doux bonheur d’être avec les oiseaux

Et de voir, sous l’abri des branches printanières,

Ces messieurs faire avec ces dames des manières. »


Fondu 1


Un ciel d’oiseaux
Loin
Mêle les eaux printanières
Au souffle clair-obscur
Abri
Bonheur de qui pénètre vivant
L’air bleu




lundi 25 mai 2026

Atelier - Espace (s) - 1

Très récemment en atelier, j'ai proposé à mes petits camarades différentes situations d'écriture.

Espace(s) en était le thème. 

Comme de bien entendu j'avais testé auparavant ce que je leur ai demandé, en respectant le minutage. 

 Voici un carré lescurien, un simple - classique et un double -de mon cru- 



Et ce que j'en ai fait :



Cela fut suivi d'un onzinet ( petit poème de onze mots), le premier mot "Matin" était imposé.


 

Enfin, la première partie s'acheva avec un compactage de titres de romans longs. 

La liste proposée et les titres que j'ai produits. 





A suivre...

dimanche 17 mai 2026

Partance

 


Là-bas

C’est ailleurs

C’est quelque part en face

Un peu plus loin

Et de plus en plus loin

Là où le regard n’atteint pas

Le voile des rideaux

Ne se déchire pas

Traces

L’ondulation du vent

Déforme l’horizon

Poussières

Le vague déferle

Tout semble changeant

Croquis recommencé

Je n’ai pas besoin de précision

Maison hantée ou train fantôme

C’est en face et incertain 

Le bonheur traverse la route

Un chemin à la Vialatte

Et derrière, peut-être

La mer


mercredi 13 mai 2026

Encore 10

La liste : alunir, anticipation, continuum, dystopique, humanoïde, particule, programmer, sidéral, théorie, transmuter.

* * * 

Mon texte : 

L’anticipation c’est pas compliqué, c’est se préparer à alunir quand tu te rends compte que ce que tu as devant toi, c’est pas la Terre. Une preuve si besoin que programmer a des limites.

Pas le choix, tu peux te dire c’est pas bon pour le continuum, je suis bon pour un enfer dystopique, mais tu n’as plus le temps de pondre une théorie révolutionnaire qui te proposerait une autre option, par exemple un point de vue quantique inédit, ou encore une découverte incroyable sur les particules, et tu peux oublier définitivement l’idée de transmuter ton vaisseau pour éviter une catastrophe spatio-temporelle. 

Un peu d’humilité ne fait pas de mal, songe qu’à l’échelle astronomique tu n’es guère éloigné de l’humanoïde, c’était avant-hier, alors ne la ramène pas avec ton arrogance sidérale d’apprenti sorcier.

 

samedi 9 mai 2026

DILIGENCE

Consigne : Après choix d'une image, « Peut-être éprouverez-vous le besoin d'écrire autour de souvenirs ravivés. »



DILIGENCE
Dans ce tableau plein d’intensité et de vitalité, la diligence me happe, diligence ou carrosse, je ne connais pas la différence, et puis je suis déjà sur mon cheval.
Mon vélo dans la cour.
Pas 10 ans. Déjà féru de cape et d’épée.
La fréquentation assidue de la bibliothèque de quartier m’a fait découvrir les romans populaires. Était-ce la collection « Bibliothèque Verte », je ne sais plus. Je lui dois pas mal de Jules Verne par exemple.
Je me souviens qu’enfant à la maison, j’avais eu l’autorisation exceptionnelle de regarder le feuilleton Lagardère, le soir à la télé, à cette époque où l’on ne comptait qu’une ou deux chaînes.
Un passage m’a marqué dans sa mise en scène.
Quand l’histoire touche à sa fin, arrive le moment tant attendu du duel entre le bon et le méchant. Nous sommes dans les Pyrénées, un passage étroit, dangereux.
Le fourbe c’est le prince de Gonzague qui voyage en carrosse pour accomplir un nouveau forfait, cette fois définitif, escorté de ses sbires.
Je ne sais plus pourquoi Lagardère est dans le coin.
La passe d’armes s’engage, Lagardère se débarrasse des seconds couteaux.
Puis le face-à-face inéluctable - et attendu - entre les deux ennemis irréductibles s’engage.
C’est serré.
Lagardère décoche la fameuse botte de Nevers sur le front de Gonzague.
Touché mortellement, celui-ci s’effondre.
Sa chute est filmée lentement, au ralenti. J’en avais été impressionné. Frappant, inoubliable.
Je retourne voir le tableau, le fusil de l’homme perché en haut m’avait échappé.
L’ensemble me paraît même un peu mexicain ou sud-américain.
Rien à voir donc avec ce héros de mon enfance.
Rien à voir non plus avec la joie d’avoir été rattrapé bien des années plus tard par le fameux « Lagardère ira à toi ».