Voici un second extrait de Julio Cortazar avant de passer à autre chose.
ABATTAGE
Voici un second extrait de Julio Cortazar avant de passer à autre chose.
ABATTAGE
Un chou-fleur électrique
Un jardinier nietzschéen
Une valise de sang
Un grenier souterrain
Un téléphone mort
Une endive folk
Un tableau d’un mètre
Un raton-laveur artificiel
Une chambre à air louche
Un manchot basquaise
Un prénom mou
Un lampe à vent
Un sociopathe bio
Un siphon soucieux
Un âne chevaleresque
Décidément, quelque chose ne tournait pas rond dans cette
enquête.
Lobby ou hobby, hautbois urbi et orbi,
Bobby, l'abbé, abat l'obi et l'habit
là-bas, où baba, le bébé aboie :
lubie, bib bu ou bobo, abus d'ébats...
Ubu bout : obéis, Bibi, débat d'hibou à bout !
Comme indiqué il y a quelque temps je change ma manière de procéder pour le recensement ici de mes lectures. Plus fréquent, plus imagé, plus bref.
Voici un peu de ce que j'ai lu (il en manque déjà) depuis début 2026,avec un petit mot ...ou pas !
Un démarrage bizarre, une bagarre, un homme assommé avec un lingot, une journaliste sur l'affaire, une chroniqueuse qui relaie, bref une critique des médias, de ses dérives, qui se voudrait satirique et grinçante, mais honnêtement j'ai trouvé cela fort convenu d'une part, et très artificiel d'autre part, avec une tendance circulaire à tourner en rond. La fin (la dernière phrase =Je me bats pour vous) est un joli sommet de démagogie qui a fini par me faire douter que Natasha Brown soit réellement la nouvelle étoile de la littérature britannique comme elle est présentée...En tout cas pas ici.
Une réussite à mon goût avec un ton assez grinçant mais pétri d'humanité, des personnages attachants : une infirmière tête brûlée se bat pour donner à un réfugié somalien décédé un enterrement digne, tandis que la police anglaise s'efforce de récupérer son corps et de dissimuler son crime. Belle construction alternant les chapitres personnage par personnage, du rythme, un intérêt soutenu et une satire réussie sur un problème humanitaire fort , les migrants.
Un petit Vila Matas que j’ai trouvé peu inspiré, c’est bien
la première fois, comme s’il n’avait pas trouvé le fil pour sortir de ses
habituelles histoires labyrinthiques. Quelques bons moments, trop rares.
Un roman magnifique, il faut se laisser le temps d'entrer dans l'histoire de cet anthropologue qui s'est suicidé, des lettres qu'il a laissées ou pas, des éléments mal connus ou ignorés de sa vie et l'enquête (ou quête) du narrateur agit peu à peu, sur fond de jungle brésilienne, avec une puissance hypnotique et envoûtante. Remarquable.
( 150 p.)
Un petit roman très ludique et fortement second degré, l'auteur connaît le sujet à fond, et certes il faut un peu connaître le personnage et la réputation de l'écrivain américain culte J D Salinger auteur de L'attrape-coeur. C'est la réserve, car on peut louper des choses. Ici cela devient une histoire d'espionnage absolument folle qui joue avec le mythe Salinger, ses romans, écrits pas écrits, des suites hypothétiques et surtout "avoir le monopole des rêves des adolescents du monde entier » . Très décalé, un régal.
Tu vis
d’espoirs t’es une éponge
Truc un peu fou
qui te démange
Sur le chemin
vert que tu longes
Tu tends les
bras comme ailes d’anges
Tu devrais
parler aux mésanges
Laisser
grimacer les vieux singes
Ceux qui
enfouissent dans la fange
Rêves mouillés
sur fil à linge
Espoirs tombés
à l’eau qui plongent
Tout devient un
peu plus qu’étrange
Le soir les
ombres qui s’allongent
Le blanc le
noir tout se dérange
L’attente s’éternise
orange
Gueule du loup tête
de sphinge
Goutte à goutte
curieux mélange
Rêves mouillés
sur fil à linge
Tu rends les
larmes tu t’allonges
Les Bermudes seront
losange
Tu ferais tout
pour que ça change
Alors laisse sécher
les songes
L’horizon, récolte,
vendanges
Un cri mais
quel tableau repeins-je
Tes yeux transpercent-ils
la frange
Rêves mouillés
sur fil à linge
Plan B solution
de rechange
Sans fin tu
creuses tes méninges
Un peu de soleil
en échange
Rêves mouillés
sur fil à linge
Je vais partager de temps à autre des textes d'auteurs, prose poétique ou poèmes. Au gré de mes feuilletages !
Instructions pour remonter une montre
Là-bas au fond il y a la mort, mais n'ayez pas peur. Tenez la montre d'une main, prenez le remontoir entre deux doigts, tournez-le doucement. Alors s'ouvre un nouveau sursis, les arbres déplient leurs feuilles, les voiliers courent des régates, le temps comme un éventail s'emplit de lui-même et il en jaillit l'air, les brises de la terre, l'ombre d'une femme, le parfum du pain.
La
galette est piégée, il y a cinquante-trois fèves.
La
galette est piégée, il y a cinquante-trois fèves.
Il
répète.
La
galette est piégée, il y a cinquante-trois fèves.
Comment
il le sait ?
La
galette est piégée, il y a cinquante-trois fèves.
Il
est agent des services secrets, section farine.
Il
répète.
La
galette est piégée, il y a cinquante-trois fèves.
Il
le sait, il est infiltré dans la boulangerie.
Il
répète.
La
galette est piégée, il y a cinquante-trois fèves.
La
boulangerie est vénézuélienne.
Il
répète.
Il
est infiltré.
Non,
pas ça, il ne faut pas dire ça, c’est un coup à se faire repérer.
La
galette est piégée, il y a cinquante-trois fèves.
Il
répète facilement.
Il
passe sûrement un enregistrement.
C’est
plus simple pour répéter.
Faut
juste ne pas se tromper de fichier.
La
technique c’est son point fort.
La
galette est piégée, il y a cinquante-trois fèves.
Il
a un palmarès quand même, troisième du Concours Lépine.
La
machine à écrire sans E, c’est lui.
Une
spéciale lipogramme.
On
le connaît depuis ce temps-là.
Et
il tape sur les nerfs de toute la hiérarchie.
Il
est sur les tablettes.
Se
faire repérer, comme ça, c’est très bête pour un futur agent secret.
Même
dans un texte au présent.
On
a toujours son CV.
Bon,
c’est une archive, c’est pas un modèle.
Il
répète.
La
galette est piégée, il y a cinquante-trois fèves.
Comment
il le sait ?
Il
est infiltré.
Alors
il surveille, et il voit.
L’apprenti
arrive, il tape dans la boîte à fèves, tout tombe dans la pâte.
Il
est infiltré.
Il
ouvre l’œil, et le bon.
Il
répète.
La
galette est piégée, il y a cinquante-trois fèves.
Il
ne sait pas laquelle c’est, mais…
La
galette est piégée, il y a cinquante-trois fèves.
Chef,
il a un truc à préciser.
Les
fèves, c’est pas des fèves.
On
ne sait pas quand ça va péter.
La
galette est piégée, il y a cinquante-trois fèves.
Il
répète.
La
galette est piégée, il y a cinquante-trois fèves.