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jeudi 3 juillet 2025

Fin de saison

Juillet et août frappent à la porte

ils m'appellent, 

ils viennent me chercher.

C'est l'occasion de disparaître, 

mais l'invisibilité d'ici 

sera loin d'être synonyme d'inaction ailleurs. 

Et retenez bien 

si cela vous va 

que le 1er septembre c'est un lundi !  

Amitiés.

dimanche 27 avril 2025

Mois de mai : ralentir !

Le mois de mai étant le mois  de mai, il y aura un changement de rythme dans la parution des billets texturés avec un passage à l'hebdomadaire les 5, 12, 19 et 26 mai. Le lundi donc.  

En juin, retour vraisemblable au rythme habituel tous les 4 jours ... et par conséquent, bon mois de mai ! 


Cela ne m'empêche pas toutefois de publier la liste de mes lectures de ces 4 premiers mois de l'année 2025. 


LECTURES 2025

Janvier – février – mars – avril

Underworld USA

James Ellroy

Poche 915 pages

à

 

 

 

 

Dernier volet de la trilogie, j’avais lu l’an dernier en format poche American Tabloid puis American Death trip deux pavés de 800 et 950 pages, le dernier étant à 920.

Un peu d’usure de ma part, un peu moins réussi peut-être, et surtout véritable brûlot de haine, le dernier tome reste cependant dans la lignée, très dense, avec une écriture coup de poing au cordeau. Tout se croise, les fils sont nombreux et c’est aux environs de 700 pages que je me suis mis à apprécier -enfin- le rythme car les derniers chapitres où tout s’emballe et se dénoue sont … emballants !

La trilogie c’est une somme, une fresque incroyable qui couvre en tout quinze ans (1958-63, puis 63-68 et enfin 68-72). Souvent glauque, pas de dentelle, noir c’est noir.

La lune est blanche

Emmanuel et François Lepage

BD 256 pages

à

 

 

Expédition au pôle sud. L’Antarctique, extrêmement hostile, y est un personnage à part entière. Très bien documenté, le récit de l’expédition (un rêve pour les deux frères Lepage) est prenant, un incroyable moment de rencontres et de partage avec des personnalités variées, tous des scientifiques en mission. Humain. Excellent.

Cache-cache bâton

BD Emmanuel Lepage 300 p

àà

 

 

L’auteur a vécu dans une communauté étant enfant à partir de 5 ans jusqu’à 9 ans. Il raconte. Va voir les membres fondateurs. Instructif. Humain.

La bd est un magnifique témoignage qui réserve des surprises, la mouvance du catholicisme social, par exemple m’était étrangère ou presque. Quelques familles, militantes, passent de la théorie à l’action, en faisant vivre au mieux leurs convictions. On découvre aussi l’action d’un prêtre engagé et charismatique. L’auteur rencontre en fait tout le monde, parents, amis, et découvre sur quoi tout cela était fondé et comment cela a pris fin.

Elizabeth Finch

Julian Barnes 250 p

Alors qu'il est entre deux mariages, et aspire à devenir comédien, Neil, notre narrateur, a un professeur : Elizabeth Finch (E.F), une « femme si gracieuse et posée », « une lueur radieuse dans (s)a vie ».  « Elle se tenait devant nous, sans notes, livres, ni trac ».

Un livre qui démarre bien, centré sur la relation entre Neil et EF, illustrée par des extraits de cours, des échanges, et puis « faux espoir » – Elizabeth Finch, morte lui a légué ses carnets- on se retrouve dans la vie et la pensée de Julien l'apostat, sujets étudiés par la professeure.

Un sujet qui tout honorable qu’il soit ne m’intéresse absolument pas, et ce n’est pas le mode de narration qui m’en a rapproché.

Bref, une ambiance pavé crypto-universitaire, touffu, plein de références difficiles à maîtriser, ce qui m’a lentement et sûrement coupé du roman. 

Eden

Audur Ava Olafsdottir

Roman 224 p

Alba, linguiste islandaise spécialisée dans les langues locales en voie de disparition, décide d'un retour à la campagne. Culpabilisée par son empreinte carbone, elle s'engage à planter 5600 arbres dans son nouveau coin de terre. C'est son installation d'ex-urbaine dans un nouveau milieu que nous allons suivre pas à pas ainsi que ses relations avec ses voisins ruraux et un jeune migrant qu'elle accueille, tout en restant très proche de son père, très présent dans ce changement de vie.

La narratrice nous conte volontiers par le menu ses pensées et ses actions, cela passe de façon assez fluide et relâchée du coq à l’âne, il y a parfois quelques pauses purement linguistiques sur la langue islandaise qui nous éclairent sur cette culture, forcément.

Le tout baigne dans un optimisme à la fois surprenant et un peu déconnecté, ce qui est peu un comble quant aux problèmes complexes (climatiques, migratoires) qui sont abordés ou plutôt évoqués.

Un ensemble agréable à lire mais sans grand relief et loin d’être convaincant, qui souffre en partie de ma lecture précédente d’Olafsdottir « Or » absolument magnifique. J’aurais peut-être dû m’en tenir là !

Matin brun

Franck PAvloff

Très courte nouvelle

à

 

Une courte nouvelle, les temps qui courent, le totalitarisme et les chemins détournés qu’il emprunte pour s’exercer, en manipulant et en anesthésiant.

Est-ce que cela vous rappelle quelque chose, de loin comme de près ?

Bristol

Jean Echenoz

200p

 

 

à

 

Bristol, Robert Bristol, est un metteur en scène malchanceux qui, à la demande de la riche romancière à l'origine du scénario, doit prendre une jeune femme comme actrice principale, jeune femme qui s'avère inadaptée au rôle et fait couler le film...

Etonnant bal des perdants, le cinéaste est vraiment limité, le roman adapté est d’une faiblesse insigne, le tournage en Afrique est une épopée où rien ne marche, une cascade en avion en étant le point d’orgue… Bref l’intrigue est un joli prétexte pour Echenoz de s’amuser et nous amuser, le cocasse côtoie l’inattendu et l’absurde, les situations les plus improbables s’empilent dans un délire foutraque servi par une écriture plus que jamais au cordeau.

Un dérèglement général pince-sans-rire qui retombera malgré tout, encore une surprise, sur ses pieds.

Donc, le pied.

Le collectionneur d’oreilles

Esteban Bedoya

Roman 190 p

à

 

La Paraguay entre traditions et peuples d’origine, les indiens, et la bourgeoisie qui s’accommode si bien des nazis pseudos-repentis et cachés.

C’est cinglant.

Soixante-neuf tiroirs

Goran Petrovic

Roman 365 p

ààà

 

Les pioches sont bonnes ces derniers temps et j’ai été littéralement enchanté par ce roman admirablement conté qui nous emmène dans des espaces oniriques et un peu étranges où la réalité et la littérature ont des limites fort difficiles à cerner. Le pouvoir de suggestion et d’évocation de la lecture permet des rapprochements inattendus, inouïs lorsque deux personnes lisent le même livre, celui-ci devenant même un lieu de rendez-vous. Magnifique. 

Cherokee

Jean Echenoz

250 p

à

 

Georges Chave, né à Ivry-sur-Seine le jour de la bataille d'Okinawa, est domicilié à Paris dans le 11e arrondissement. Il vit de peu, meuble son existence d'une activité de bars, de cinémas, de voyages en banlieue, de sommeils imprévus, d'aventures provisoires ; écoute souvent des disques américains. L'un de ces disques lui manque, une version rare de Cherokee, qu'on lui a dérobé il y a dix ans. Tout cela n'est rien, mais il s'en contente jusqu'à ce que Véronique surgisse dans sa vie. Dès lors, Georges s'agite un peu.

La trame de cette histoire est passablement embrouillée, l’écriture d’Echenoz encore et toujours est absolument lumineuse, certaines descriptions de Paris et ses environs valent vraiment le détour et on ne manquera pas d’apprécier une ode décalée aux moyens de transport, nombreux et variés qui jalonnent les aventures des personnages.

Pas extraordinaire mais on passe un bon moment.

Les enfants disparaissent

Gabriel Banez

190 p

àà

 

Vieil horloger paralytique, Macias Möll a deux passions : réparer des montres et dévaler la pente de la petite place sur son fauteuil roulant avec l’objectif d’améliorer son chronomètre. Or, après chaque nouveau record, des parents signalent la disparition d'enfants. Les autorités ne tardent pas à s’intéresser à cet étrange phénomène qui projette, bien malgré lui, le discret horloger sur le devant de la scène.

 

Enigme policière, Je pourrais même dire fausse énigme policière, qui nous emmène du côté de la perception de la réalité. Beaucoup d’images, de symboles, l’horloger est un possible paria, et il y a la fuite du temps et la perte de l’innocence, on ne peut mieux résumée dans les pensées du commissaire : le temps est une équation et un désir.

Très belle ambiance. Etrange, rêveuse, et aussi malaisante, car l’Argentine malheureusement a une histoire dramatiquement chargée…

Le petit verre de ces dames

Alfredo Bryce Echenique

Nouvelles 200 p

Outre la nouvelle qui donne le titre au recueil, j’ai lu « Les grands hommes sont comme ci. Et aussi comme ça. »

Vraiment foutraque.

Petits travaux pour un palais

Laszlo Krasznahorkai

108 p

Un livre court qui ne contient qu’une phrase, selon le système du « flot de conscience », c’est souvent heurté dans la lecture, je me suis accroché car la difficulté entre les interruptions c’est de reprendre le fil, et malgré cela, j’avais « deviné » la chute.

Pas totalement convaincant pourtant, au bout du compte.

Mascaró, le chasseur des Amériques,

Haroldo Conti

ààà

 

Magnifique.

Lorsqu’il décide de quitter son modeste village de pêcheurs, Oreste ne se doute pas encore que sa vie est sur le point de suivre un nouveau cours. Car le destin met bientôt sur sa route Mascaró, cavalier noir porteur de messages mystérieux, ainsi que le Prince Patagon, artiste majestueux, exubérant, solaire. Et quand le Prince prend Oreste sous son aile et lui propose de racheter un vieux cirque miteux pour fonder le Grand Cirque de l’Arche, la magie opère : dans les bourgades misérables qu’il traverse, le cirque présente des spectacles grandioses et fait souffler un vent de fantaisie et de joie. Grâce à la petite troupe de vagabonds célestes qui le compose, un émerveillement libérateur allume des étoiles dans les yeux des spectateurs et fait renaître l’espoir. Jusqu’au jour où ce cirque subversif finit par attirer l’attention des autorités.

Avec ce roman lumineux, Haroldo Conti célèbre l’amour de la vie et l’art qui réenchante le monde, la liberté, la fantaisie, et nous rappelle qu’aucun pouvoir, aussi absurde et répressif soit-il, n’empêchera jamais les hommes de rêver de liberté.

Un très beau roman, inventif, intense et plein de grâce.

Manuel de la parfaite crapule

Rafael de Santa Ana

à

 

Un régal, fruité et picaresque, qui réjouira la apprentis aigrefins. Le livre se veut un guide, véritablement, avec des conseils.

Une belle acidité complètement amorale.

Pince-sans-rire, réjouissant et fûté.

Lac

Jean Echenoz

190 p

à

 

J’ai lu dans ce pseudo roman d'espionnage réjouissant les aventures de Franck Chopin, agent secret doté d’une couverture plus qu’incertaine à savoir entomologiste spécialisé dans l'étude des mouches qu’il équipe de micros pour espionner. Rien que ça déjà… !

La galerie de personnages n’est pas triste, l’ensemble – genre oblige- reste mystérieux, opaque, énigmatique.

Loufoque et ironique souvent, mais avec un grand sérieux, ce qui souligne le côté foncièrement désenchanté.

Paco les mains rouges

BD 2 tomes

Fabien Vehlman-Eric Sagot

 

à

 

Merci Paula.

Ancien instituteur, Paco les Mains rouges, surnommé ainsi parce qu'il a commis un crime de sang, a été envoyé au bagne en Guyane. Sur place, il doit affronter la réalité d'un monde carcéral où règne la loi du plus fort, où il est question de survie à chaque instant, et tout cela sans avoir le moindre espoir de sortir libre... Un récit marquant et bouleversant.

 

La Guyane, le bagne, l’enfer sur terre. Un récit prenant, je n’ai pas décroché quand j’ai empoigné l’ouvrage.

Système organisé dans le système pour non pas survivre, mais pour ne pas mourir trop vite… Un monde parallèle de trafics, violences, l’inhumanité et la cruauté comme seuls moyens de rester tristement vivant. 

Déchirant. Paradoxal. Etouffant.

Le dernier atlas

T1 T2 T3

232, 232 et 256 p. 

(Vehlmann, Tanquerelle, De Bonneval, Blanchard) 

à

 

 

BD ou roman graphique, avec un quatuor nantais à la baguette ! Un excellent mélange SF Uchronie et politique comme un cocktail…molotov qui nous pète à la gueule.

Du rythme, c’est haletant et intense.

Des robots géants, les Atlas, ont contribué à bâtir des villes entières avant d'être soudainement mis à la casse. La raison de ce revirement n'est pas très claire… Je n’en révèlerai pas davantage.

Ce qui est vraiment bien vu dans le scénario c’est le décalage dans le temps de certains événements historiques (ex : Guerre d’Algérie) les choses nous sont donc familières (on a des repères, comme une boussole qui indiquerait le nord-est) mais elles sont faussées, elles sont réutilisées ou revisitées dans la fiction, ce qui amène une belle étrangeté dans l’histoire. De là à nous questionner sur la masse d’informations au quotidien dans le monde où nous sommes plongés… La réversibilité de la proposition est piquante. 

Une réussite.

Les braves gens ne courent pas les rues

Nouvelles 288 p.

Flannery O’Connor

Jamais lue jusqu’ici. Dix nouvelles, variées, certaines vraiment courtes. Globalement c’est assez daté, ça se passe après la 2e guerre mondiale aux USA dans les états du Sud. Il y a deux tendances, certains récits sont assez improbables, on se demande un peu quoi faire avec. Et peu à peu, on est apprivoisé, c’est l’autre tendance, on devient plus familier du style et de la description d’une ruralité brute si ce n’est brutale, plutôt triste et marquée par la bêtise, l’intolérance, notamment.

Ces nouvelles, pas inoubliables de mon point de vue, dégagent toutefois une curieuse ambiance d’inconfort avec une propension à gratter qui n’est pas négligeable.






jeudi 3 avril 2025

VOUZAVELO

Il se trouve quelquefois des circonstances ou des situations qui laissent à penser que certains de vos interlocuteurs, proches ou lointains, craignent vraiment votre désœuvrement, veulent aider à votre combat permanent contre l’ennui et pensent qu’il est grand temps d'y remédier et de prévenir cet étiolement irrémédiable.

Et je sens bien maintenant que vous voulez un exemple. 

...

Bon d'accord.  

... 

Il y a quelque temps quelle ne fut pas ma surprise de recevoir une « proposition d’activité » de la part d’un organisme n’ayant – de loin , de près – rien à voir avec le secteur du divertissement, ou du sport, et oublions carrément la culture.

Soyons précis, ce n’était pas exactement une proposition, car je suis déjà en train d’ironiser .

Il s’agissait d’un message dont la teneur m’a immédiatement mis en mouvement, sans que je décroche un sourire, comme on dit quand on n’a pas envie de rire du tout. 

Au point que j’en ai même cherché illico un numéro de téléphone, signe d'un mécontentement certain et d'un agacement pas loin d’être prodigieux. Oui, cela m’arrive.

Allons plus loin, cela a un rapport avec l’eau, mais vous vous méprenez -et c’est carrément froid- si vous pensez à la météo. 

Il est question ici de la société privée qui nous distribue l’eau -que nous appellerons sous le nom de code VOUZAVELO- et qui est chargée deux fois par an de relever le compteur pour établir sa facture qu’elle ne manque pas -aucune surprise- de nous adresser ensuite.

VOUZAVELO m’interpelle dans ce message en indiquant que c’est la deuxième fois consécutive «qu’ils» n’ont pu procéder au relevé du compteur, qu’en conséquence la facturation sera purement estimative et plutôt calculée sur une base haute, quitte à opérer un remboursement après, tout en menaçant d’une pénalité et d’une éventuelle coupure.

Mon sang ne fait qu’un demi-tour, il faut dire que tous les ingrédients qui s’insupportent sont réunis en un seul message, excusez du peu.

Quelques minutes plus tard, je tombe donc sur une dame au téléphone. Après les présentations et vérifications d’usage, on en vient au cœur du sujet. J’indique en quoi consiste le courriel reçu.

 
Et j’y vais : je ne comprends pas pourquoi, puisque c’est la deuxième fois consécutive, une approche différente n’a pas été tentée. 
Toujours soucieux d’efficacité, je soumets une idée assez pragmatique: sonner. En effet, il y a une sonnette. Assez révolutionnaire non?

Dans ma grande bonté, je précise que de plus, et je dois convenir que c’est vraiment extraordinaire, elle fonctionne. Et merci de transmettre.

Je continue en indiquant qu’après un grand chelem de quinze années consécutives où il n’y a jamais eu le moindre problème, le relevé d'eau ayant été effectué et la facture reçue et acquittée, je comprends mal la situation actuelle d’autant que le compteur d’eau est toujours au même endroit, ce que j’ai par précaution encore vérifié ce matin.

Je me demande sans le formuler si je ne vais pas leur conseiller un sourcier.

Je fais donc part -vous l’aurez compris- de ma grande surprise.

Par ailleurs, je précise – plein de bonne volonté- que j’en ai profité pour faire le relevé moi-même et que si elle veut je peux lui donner les chiffres. 

C’est justement ce que j’allais vous demander, dit-elle.

Oui, je dois bien avouer que j’avais deviné que, dans leur incommensurable professionnalisme sans faille, ils allaient me solliciter.

Conclusion de l’entretien, la dame me dit, je fais remonter.

J’espère in petto qu’elle parle et de l’info et du niveau de sérieux, en étant coupablement optimiste. 

Puisque, un peu plus tard dans la journée, je reçois un sms indiquant que « dans la semaine du tant au tant un rendez-vous sera proposé pour procéder au relevé du compteur ».

A ce jour, soit une dizaine de jours plus tard, ce rendez-vous n'est toujours pas proposé, et j’allais dire "bien sûr". 

Bon, j'ai gardé noté le numéro de téléphone. Une intuition.

Inutile de vous dire que j’attends la prochaine facture avec impatience. 

Tout comme le futur relevé en août...


dimanche 13 octobre 2024

Lus de mai à septembre 2024 - introduction

Début mai j'ai fait paraître ma deuxième série de notes de lectures, plein de bonnes intentions, sur la base d'une parution tous les deux mois. 

Nouveau système que j'avais inauguré pour surtout éviter une liste annuelle trop longue et particulièrement indigeste en un billet. 

Nous voilà presque quatre  mois plus tard, puisque je n'ai rien publié fin juin, ce blog étant au repos, ou moi, je ne sais plus, ou les deux ! 
Une éventualité que je n'avais pas anticipée avec la nouvelle formule. A surveiller en 2025. Bref. 

J'ai cependant continué à lire, ça, aucun problème.

Le temps que je m'aperçoive de ce décalage, que je reprenne un peu mes notes, je me suis dit je posterai mon billet en incorporant l'été avec juillet /août, cela fera quatre mois, ça devrait aller, et hop hop, nous voilà début septembre et mes notes ne sont pas relues. 
Bon, je rajoute septembre, et cela me mettra début octobre. Un truc bancal de cinq mois. Pas grave. 

Et... 

C'est bon !  (Vous avez eu peur hein ?) (Non)

Ce préambule posé, je précise que j'ai continué sur ma lancée de romans graphiques, que j'ai aussi délaissé à certains moments ma pile à lire (mais c'est aussi le jeu avec la pile à lire!) en avalant quelques polars anglais, il y a eu aussi une actualité familiale, de la fatigue, une tendinite tenace qui ont fait que j'ai privilégié des lectures faciles à emmener/ interrompre / reprendre sans peine. 

Et en exclusivité, une photo de ma P.A.L, logiquement amputée de l'ouvrage que je suis en train de lire ! 







lundi 26 août 2024

Trou noir ?

 



Ah, que peut-il bien se passer d’invisible dans ou derrière les blogs pendant l’entracte ?

Il y a eu la pluie de juillet , qui va qui vient, giflant les vitres pendant ce battement,

Il y a eu un petit séjour en Bourgogne aux alentours du 14 juillet, obligé d’une part -raison familiale- agrémenté d’une visite à Alesia (Muséo parc) avec un salut un peu malicieux à la statue de Vincent Gétorix, imperturbable, en guise d’interlude,

Il y a eu en vue de certaines de mes activités tournant beaucoup autour de l'écriture, des prévisions et des préparations, des envies -déjà même pour l'été 2025- ici comme là, ou ailleurs, ce fut le côté souterrain de l’intermède,

Il y a eu une tendinite sévère qu’il a fallu soigner, par le repos et la manipulation,  j’en vois juste le bout, prudemment, lors de l’interruption,

Il y a eu des variations de température quelquefois inouïes d’un jour à l’autre, nichées dans cet intervalle,

Il y a eu -entre autre- encore et toujours des lectures, qui seront bientôt rendues visibles, lors de cette pause,

Il y a eu une fois n’est pas coutume beaucoup de siestes, signe d’un besoin de repos !

Je passe volontairement sur les aberrations, horreurs et autres phénomènes d’hypnose de ce monde vrillé qui semble aller pleins gaz dans le mur de l’inhumanité…

Car il y a le plaisir de renouer, ici, avec ce petit billet, avec la promesse d’échanges amicaux à partir de ce que je publierai !

A très bientôt.




NB le rythme de parution tous les quatre jours est inchangé !

jeudi 27 juin 2024

Entracte

Avec le mois de juin qui touche à sa fin, ce blog prend ses quartiers parallèles... et invisibles. 

Merci d'avoir suivi, lu, commenté au fil de l'année.

Passez un bel été, préservé autant que possible des tumultes.

Textures revient vraisemblablement le 26 août. 




  

samedi 13 janvier 2024

LECTURES

La liste de mes lectures en 2023 est disponible ! 
Je pense que le tableau est suffisamment explicite. 

Juste une précision, dans la colonne de gauche,  les titres en gras et grisés sont vraiment les "grandes" lectures marquantes de l'année !  Sauf erreur, j'en ai compté presque 20. Un bon ratio !

Bonnes lectures en 2024.


Titre auteur genre nombre de pages

"note" 

de 

1 à 3 

ou rien !

Résumé (éditeur ou 4e de couverture) en italique

En gras, facultativement, mes notes .

Mauvais genre
Isabelle Villain
Polar 248 p
1
 
Voir Peine Capitale en 2022.
Le ministre et la Joconde 
Bourhis-Bourgeon-Tanquerelle
BD 85 p
1
Un prêt du tableau célèbre aux Etats-Unis, en 1962, un ministre (Malraux) difficile à suivre, et une traversée sur le France. Plutôt loufoque, il est rare qu’un ministre soit un héros de BD !
Distrayant.
Blessures invisibles
Isabelle Villain
Polar 226 p
1
Voir Peine Capitale  en 2022.
L’appât
Jose Carlos SOMOZA
Roman 410 p
2
Fini les détectives, les policiers, les médecins légistes. Place aux ordinateurs, aux profileurs, aux appâts et… à Shakespeare. L’élite du "dispositif" est à la manœuvre pour traquer l’insaisissable "Spectateur" qui terrorise Madrid.
Un roman intense et très étonnant dont la lecture n’est pas si aisée.
C’est ingénieux dans un mélange savant et perché de psychisme et de technologie. Beaucoup de rebondissements car les faux-semblants sont au cœur de l’intrigue.
Complexe et envoûtant.
De l’or et des larmes 
Isabelle Villain
Polar 256 p
1
Voir Peine Capitale en 2022.
Le bureau des affaires occultes
T2 le fantôme du vicaire
Éric Fouassier Polar historique 382 p
 
1
Un peu plus abouti à mon goût que le tome 1, il permet de résoudre l’affaire en suspens. La documentation toujours impeccable est mieux maîtrisée ou intégrée. Quelques anachronismes, dûment expliqués en notes annexes.
 
Ecoute, jolie Marcia 
Marcello Quintanilha
BD 125 p prix Cezam
1
Chronique sociale, Rio et les favelas. Marcia, infirmière, vit avec Aluisio, et sa fille Jaqueline lui mène la vie dure. Les gangs du quartier s’en mêlent. Intéressant sur les rapprots mère-fille.
Mauvais pas
Linwood Barclay
Policier 440 p
1
Zack Walker a une obsession : la sécurité. Marié et père de deux enfants, cet auteur de science-fiction a préféré quitter un environnement urbain qu'il estime trop dangereux, pour une vie de banlieue bien paisible.
Un polar loufoque dans le ton, ou comment un petit geste suivi d’un mensonge entraîne une cascade de catastrophes et déniche beaucoup de choses derrière les apparences.
Assez parodique finalement, bien ficelé et avant tout distrayant.
Les gens de Bilbao naissent où ils veulent 
Maria Larrea
Roman 220 p
2
L'histoire commence en Espagne, par deux naissances et deux abandons. En juin 1943, une prostituée obèse de Bilbao donne vie à un garçon qu'elle confie aux jésuites. Un peu plus tard, en Galice, une femme accouche d'une fille et la laisse aux sœurs d'un couvent. Elle revient la chercher dix ans après. L'enfant est belle comme le diable, jamais elle ne l'aimera. Le garçon, c'est Julian. La fille, Victoria.
Ce sont le père et la mère de Maria, notre narratrice.
Un récit de filiation donc qui commence à l’époque franquiste.
Deux parties, la première assez documentaire, la seconde pour la quête.
De l’énergie, de l’humour, mais il y a un je ne sais quoi de forcé qui m’a empêché d’adhérer pleinement. Il y a quelques passages très émouvants, peu avant la fin, quand la narratrice semble enfin quitter sa carapace de protection qui nous tient à distance. Comme une justesse narrative enfin trouvée.
Les Disparus du phare
Peter May
polar
 
 
Dernier week-end de janvier
Bastien Vives
BD 184 p
 
Un dessinateur reconnu, Denis, arrive à Angoulême pour le Festival de la Bande Dessinée. Dédicaces, repas sur le pouce, vieux copains, cette édition va sortir du lot lorsqu’il fait la connaissance de Vanessa, épouse d'un collectionneur de BD. Lors des quelques jours du festival, cette rencontre va bouleverser leurs deux vies, jusque-là sans histoire.
 
Beaucoup de tristesse dans cet album, soulignée par le graphisme, est ce que je retiens. Pour le reste, une confondante banalité et du déjà vu déjà lu. Je ne suis pas convaincu que les vies des protagonistes en seront changées.
La soustraction des possibles
Joseph Incardona
Roman 455 p en poche   
1
Fin des années 80, la période bénie des winners. Le capitalisme, les Golden Boys, la finance ont gagné : le bloc de l’Est explose, les flux d’argent sont mondialisés.
Tout devient marchandise, corps, femmes, privilèges, et même le bonheur.
 Un monde nouveau s’invente, on parle d’algorithmes et d’OGM.
À Genève, Svetlana, une jeune financière prometteuse, rencontre Aldo, un prof de tennis vaguement gigolo. Ils s’aiment mais veulent plus. Plus d’argent, plus de pouvoir, plus de reconnaissance. Leur chance, ce pourrait être ces fortunes en transit. Il suffit d’être assez malin pour se servir…
Toujours étonnant au niveau du style, une ambiance sombre et cynique, il y a peu ou pas d’espoir qui filtre. Le milieu décrit est noir, trafics, blanchiments et bourgeoisie ultra-riche.
Le jeu de l’auteur qui s’adresse au lecteur ne manque pas d’intérêt (ironie, bons mots) mais cela semble parfois se passer au détriment de l’histoire et des personnages, qui restent lointains, comme secondaires et observés à la longue-vue. Ils sont tous quasiment peu « aimables », pris dans les engrenages d’un système où la compromission et la duplicité règnent en maître, ce qui finit par les broyer. Tôt ou tard.
Reine rouge
Juan Gomez-Jurado
Polar 560 p poche
 
 
Antonia Scott est spéciale, ni flic ni criminologue, elle n'a jamais porté d'arme ni d'insigne, et pourtant, elle a résolu des dizaines d'affaires criminelles. Elle a tout arrêté et n’aspire qu'à une chose : la tranquillité. L'inspecteur Jon Gutiérrez, missionné pour lui faire reprendre du service, parvient à la convaincre d'étudier un dernier dossier : un assassin s'en prend aux héritiers des plus grandes fortunes d'Espagne.
Prometteur dans le premier tiers qui décrit et introduit les deux « héros » et leur rencontre, ce polar s’essouffle rapidement, comme une baudruche percée, et sur la fin le temps paraît vraiment long. Un manque de nerf, et de concision, préjudiciable à l’intérêt du lecteur qui va en s’émoussant.
Tome 1 d’une série que je ne lirai pas…
Le poids des héros
David Sala
BD 180 p
3
 
Dans Le Poids des héros, David Sala retrace sa trajectoire personnelle très tôt marquée par les figures tutélaires, mais non moins écrasantes, de ses grands-pères, héros de guerre et de la résistance.
En convoquant son point de vue de petit garçon, il nous plonge dans une majestueuse et foisonnante exploration de l'enfance et de l'adolescence.
Une réussite, une lecture émouvante, un graphisme magnifique au cœur des questions et des sentiments.
Une famille, une enfance dans les années 70. C’est une très belle plongée dans un tourbillon historique. Romain Gary en exergue et puis symbole de cette résistance, la détermination de son grand-père maternel, né dans le sud de l'Espagne, qui a survécu à la guerre d'Espagne, qui a survécu au camp de concentration de Mauthausen. Il ne veut pas mourir avant Franco.
Il mourra six mois après lui. Respect.
Patagonie Route 203
Eduardo Fernando Varela
Roman 360 p
3
 
Un road-trip à travers les routes les plus inhospitalières et sidérantes du sud du monde où rien ni personne n’est ce qu’il semble être.
Au volant de son camion, un énigmatique saxophoniste (Parker) parcourt la géographie folle des routes secondaires de la Patagonie et subit les caprices des vents omniprésents.
Perdu dans l’immensité du paysage, il se trouve confronté à des situations étonnantes et hostiles, les lieux favorisant les rencontres avec des personnages peu aimables et extravagants. Un jour Parker tombe amoureux de la caissière d’une fête foraine, cherche à la retrouver. Mais comment peut-on suivre à la trace quelqu’un dans un monde où quand on demande son chemin on vous répond : « Vous continuez tout droit, le jeudi vous tournez à gauche et à la tombée de la nuit tournez encore à gauche, tôt ou tard vous allez arriver à la mer » ?
J’ai beaucoup aimé la première moitié qui plante admirablement le décor, la seconde plus factuelle peut paraître longuette, mais c’est vraiment dans l’esprit du roman.
Grands espaces, solitudes, étrangeté, absences de repères classiques. Une atmosphère et un climat originaux.  Intense et poétique, souvent absurde.
C’est une autre approche que cette vie itinérante dans le camion, avec des rencontres souvent bizarres où les personnages principaux (ils sont trois) croisent le fer de leurs solitudes. Les convergences ne durent jamais longtemps, chacun repart et fait son chemin comme happé par le vide. Des trois, Parker tient par-dessus tout à sa liberté, il en prendra conscience plus fort, Mayten la caissière est lasse de l’itinérance et vise une existence tranquille, sans tumulte, en famille. Sa fuite avec Parker ne pouvait durer. Enfin le journaliste cherche sans cesse de nouvelles quêtes plus ou moins fantaisistes si ce n’est imaginaires.
Une belle expérience que cette lecture, le tempo parfois indolent en est adapté au propos, car l’ennui fait partie de ces vies… et il y a surtout quelques moments absolument magiques, fragments qui ne durent pas, inoubliables, qui ne semblent rien d’autre que le bonheur.
Le répondeur
Luc Blanvillain
Roman 260 p
2
 
 
Baptiste, imitateur qui galère dans un théâtre associatif, est abordé un jour par Pierre Chozène, romancier célèbre et discret. Chozène a besoin de calme et de temps pour achever son texte le plus ambitieux, le plus intime. Aussi propose-t-il à Baptiste de devenir sa voix au téléphone pour écarter les fâcheux et les sollicitations. Il lui donne quelques clés sur sa vie (consignée dans une « bible » ) et c’est ainsi que Baptiste devient son répondeur. A leurs risques et périls.
Une comédie réussie.
Evidemment fort improbable au départ, mais les situations et personnages sont fort bien troussés, l’ensemble tient bien, il n’est pas si facile de rebondir et de faire évoluer et se conclure une idée aussi farfelue. 
On sait dès le début ce qu’il en est et on ne lâche pas le roman, impatient de savoir si le répondeur qui influe évidemment sur les différentes relations interpersonnelles ne va pas finir par se griller et provoquer des catastrophes. En filigrane, très finement, une jolie réflexion sur la communication, l’hyperconnexion et la difficulté de la franchise, de se dire ou pas les choses.
Les voisins d’à côté
Linwood Barclay
Polar 540 p poche
1
Découvert avec « Mauvais pas », ceci est le premier d’une série que je me propose de lire intégralement (en 4 ou 5 tomes).
A suivre.
Le style humoristique est toujours présent, l’avalanche d’incidents aussi, même si un peu tirée par les cheveux. On sent bien que l’auteur tient sa formule. L'histoire à chaque fois est prenante, intéressante, certains moments on se croit plongé dans un feuilleton américain avec les gentils attaqués par plein de méchants…
On passe un bon moment agréable, une plaisant distraction sans plus. Un des atouts reste les dialogues, nombreux,  qui permettent de donner du rythme.
 
La trace du sang
Peter May polar
 
 
Le cartographe des absences
Mia Couto
Roman 350 p
3
 
En 2019, un cyclone a entièrement détruit la ville de Beira sur la côte du Mozambique.
Un poète est invité par l’université de la ville quelques jours avant la catastrophe. Il retrouve son enfance et son adolescence dans ces rues où il a vécu dans les années 70. Il va faire un voyage “vers le centre de son âme” et y trouver son père, un grand poète engagé dans la lutte contre la colonisation portugaise
 
Le roman est construit sur d'incessants allers et retours passé/présent, juste avant le cyclone qui laisse planer une ambiance pré-apocalyptique cotonneuse, entre le récit des rencontres du narrateur avec les survivants de l'époque, et la reconstitution du passé, grâce à une caisse de documents qui lui ont été confiés à son arrivée à Beira par la petite-fille de l'inspecteur de la PIDE qui a jadis arrêté son père. Tel un puzzle, le passé reprend forme, à mesure que le narrateur épluche les documents.
Repéré dans le Matricule des Anges, avec une chronique et une interview qui m’ont attiré :
« Le Cartographe des absences est un moment de vie, suspendu au bord du vide, tenu à bout de bras, par la magie du verbe, au-dessus du gouffre et de l’inéluctable fin. Il y a du thriller et du conte, dans ce beau texte aux allures d’élégie. »
Magnifique lecture, une prose poétique aux trouvailles et aux angles surprenants dans un contexte historique et politique colonial.
Fausses promesses
Linwood Barclay  
Polar 540 p poche
1
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Faux amis
Linwood Barclay
Polar
1
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Vraie Folie
Linwood Barclay
Polar
1
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Champ de tir
Linwood Barclay
Polar
1
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Fin de la série, on est de livre en livre toujours dans le même univers, la même petite ville, en vase clos, d’un roman à l’autre le personnage principal change, mais on le connaissait déjà. L’auteur joue avec les apparences, les secrets d’une petite communauté, il s’en sort plutôt bien, même si les procédés changent peu.
Pour passer un bon moment.
La théorie des cordes
Jose Carlos SOMOZA
Roman 514 p
 
2
Ambitieux. Ingénieux.
Du pur Somoza.
Sciences (physique) + polar + métaphysique, un attelage improbable qui fonctionne !
Le grand vide
Léa Murawiecz
BD 204 p
3
 
Le concept de la vie tenant à l'attention portée par d'autres est au coeur du Grand vide. Manel Naher, jeune femme introvertie et peu entourée, se retrouve menacée par l'attention portée à son homonyme, une chanteuse nouvellement connue. Après une crise cardiaque causée par le manque de Présence, elle va commencer à suivre un traitement pour ne pas être oubliée…
Excellent. Graphisme original. Belle allégorie.
Pour ce premier roman graphique Léa Murawiec nous offre tout un monde. Mais pas que. C'est une réflexion percutante, à la fois sur le métier d'auteur.rice que sur les réseaux sociaux. Et c'est là toute sa force. Nous offrir un ouvrage tellement vivant et pluriel qu'il en devient libre d'interprétation sans perdre de son intensité. Graphiquement, chacune de ses 204 pages réalisées à l'encre de chine, nous emporte et impose son rythme dans un mouvement fluide et toujours sous tension. Seule certitude, cette dystopie interroge notre rapport au nom et notre place dans la multitude. Et si elle ne répond pas aux questionnements qu'elle suscite, elle a le mérite de nous proposer une nouvelle piste de réflexion qui trouve un écho dans de nombreux aspects de nos vies et ne nous laissera plus jamais tranquille. Une claque !
L’homme qui inventait le monde –
Rodolphe & Marchal
BD 80 p.
1
Une trame SF classique.
L’intérêt est dans l’économie de moyens, il n’y a pas de surenchère technologique. C’est davantage psychologique.
Malgré tout, le dénouement apparaît un peu simple et expédié.
Préférence système –
Ugo Bienvenu
BD 168 p
2
Préférence système est un roman graphique, à la fois visionnaire, cruel, humaniste et poétique, qui s’appuie sur un excellent scénario.
Conserver les données culturelles...Tout se vaut-il ? Que garde-t-on ? Uniformisation, aseptisation… Attention !
Pousse à la réflexion. Fort intéressant.
Qui a tué Alexandre Trestel ?
Jean-Claude Royère
Polar 309 op
 
Situé à Nantes. « Polar régional ». Hyper-classique. Sans surprise.
La tache
Philip Roth
Roman 496 p
2
À la veille de la retraite, un professeur de lettres classiques, accusé d'avoir tenu des propos racistes envers ses étudiants, préfère démissionner plutôt que de livrer le secret qui pourrait l'innocenter.
Nathan Zuckerman ouvre le dossier de son voisin Coleman Silk et découvre derrière la vie très rangée de l'ancien doyen un passé inouï.  
Après "Pastorale américaine" et "J’ai épousé un communiste", "La tache", roman brutal et subtil, complète la trilogie de Philip Roth sur l'identité de l'individu dans les grands bouleversements de l'Amérique de l'après-guerre.
Richesse et complexité.
Du pur Roth.
 
Le royaume désuni
Jonathan Coe
Roman 496 p
1
Un petit Coe pour cette fois. Comme une sauce qui ne prend pas.
La Marie en plastique
David Prudhomme Pascal Rabaté
BD 120 p
 
1
Un album drôle et caustique où la ferveur du grand père communiste répond aux bondieuseries de sa femme. Une famille franchouillarde à trois étages doit subir les conséquences des pleurs de la vierge en plastique après le voyage à Lourdes de la mamie.
Un bon moment plutôt truculent.
J’ai rencontré l’auteur cette année à la médiathèque, un excellent moment.
Vive la marée
David Prudhomme Pascal Rabaté
BD 120 p
2
Beaucoup de justesse et de sens de l’observation.
Décalé, lunaire, poétique, attachant.
Le lâche
Jared McGinnis
Roman 352 p
1
Un terrible accident de voiture, une femme meurt, un homme reste paralysé et un père retrouve son fils. Dix ans après s’être enfui de sa maison, l’adolescent qui fuguait sur les trains de marchandises et qui traversait le pays en stop est maintenant en fauteuil roulant. Son père, aussi aimant qu’écorché, est la seule personne qui viendra sans hésiter le chercher à l’hôpital.
Sur cette base il y avait sans doute de quoi faire quelque chose, malheureusement cela reste plat, prévisible, avec plein de cases à cocher qui se cochent. Aucune « bonne surprise » de mon point de vue…
Les sources
Marie-Hélène Lafon
Roman 128 p
3
Magnifique roman, Marie-Hélène Lafon de sa plume sobre et efficace est à lire. Intense et immanquable.
Le petit rien tout neuf avec un ventre jaune Rabaté
BD 104 p
1
 
La pierre de mazarin 2
Le vampire du Sussex 2
L’homme qui grimpait 1
Conan Doyle -Nouvelles Holmes
2
2
1
 
Un temps de Toussaint
Rabaté BD 24 p.
2
 
Pigalle, 1950
Christin BD 152 p
1
Dans les années 50, le grand banditisme. Echo aux films français de l’époque. Ultra classique. Et bien noir, ambiance réussie.
Plan social
François Marchand
Roman 132 p
1
Émile Delcourt est bien embêté. L'usine de fabrication d'ancres marines, située en banlieue de Valenciennes, dont il est le patron et que l'on se transmet de génération en génération dans la famille, est au bord de la faillite.
Même un plan social n'est pas envisageable car trop coûteux. Pourtant, il suffirait qu'un quart des employés quitte l'entreprise pour qu'elle soit viable.
 
Roman au ton décalé et grinçant, tout le monde en  prend pour son grade !
Delcourt est prêt à tout, il trouve la solution à son problème que je ne vous révèlerai pas !
 
Tokyo Express
Matsumoto
Roman 189 p
2
Un très bon polar japonais, à l’ambiance étonnante avec un enquêteur d’une ténacité et d’une logique imperturbables.
La cité des marges
William Boyle
Roman 416 p
2
 
Pereira prétend
Antonio Tabucchi
Roman
220 p
3
Relecture 28 ans après !
D’actualité, par certains côtés, hélas.
Enthousiasmant.
Jeune Vieille
Paul Fournel
Roman
170 p
2
Toujours de bons moments avec Fournel.
Et quelle écriture.
Le livre de Gabert
Paul Fournel
Roman
200 p
2
Il y a des liens entre les deux romans, c’est pourquoi je les ai lus à la suite.
Notre si chère vieille dame auteur
Anne Serre
Roman 127 p
2
Complexe.
Registres et niveaux emmêlés. Narration fiction …
Une autrice que je découvre, j’y retournerai.
L’alcazar
Simon Lamouret
BD 208 p
 
2
Ambiance polar années 50, très classique et un peu mélo.
La femme du 2e étage
Jurica Pavicic
240 p.
 2
Le coup de foudre est immédiat entre Bruna, jeune employée modeste, et Frane, futur marin. Rapidement, le couple se marie et emménage au deuxième étage de la maison des parents de Frane où sa mère, Anka, vit toujours.
Quelques années plus tard, leur vie bascule lorsque Bruna est emprisonnée à Pozega pour le meurtre de sa belle-mère...
 
D’emblée, on sait que Bruna a tué sa belle-mère qui vivait à l'étage en dessous du sien dans une maison de la banlieue de Split.
Ce qui compte, c'est le pourquoi et le comment, une dimension psychologique, sociale (la Croatie post-Yougoslavie) …
Et puis Bruna est un personnage pas facile, même si peu à peu l’empathie prend place, la deuxième partie du roman fortement mélancolique et intense nous y menant sans jouer la corde du mélodrame.   
Un très bon roman, fin, sans tapage, un des meilleurs lus cette année.
Made in China
J M Erre
 
Illisible, je n’ai pas tenu, digressions, diversions, je n’ai pas ri une seconde.
Un café maison
Keigo Higashino
Polar 256 p
2
Suite de l’exploration du polar japonais avec un autre excellent cru, avec toujours cette ambiance étonnante.
L’espion qui aimait les livres
John Le Carré
Roman 240 p
2
Un des derniers John Le Carré, certes court, où l’on retrouve la marque de l’auteur, humour souvent discret et souvent cruel, ironie qui irrigue l’ensemble, une intrigue complexe et l’on reste loin des espions à l'intelligence acérée, bardés de gadgets, armés jusqu'aux dents et sans états d'âme, je ne nommerai personne !
Les étoiles s’éteignent à l’aube Vincent Turhan d’après
Richard Waganese
Bd 152 p
2
Franklin Starlight, âgé de seize ans, est appelé au chevet de son père Eldon et découvre un homme détruit par des années d'alcoolisme. Eldon sent sa fin proche et demande à son fils de l'accompagner jusqu'à la montagne pour y être enterré comme un guerrier.
S'ensuit un rude voyage à travers l'arrière-pays magnifique et sauvage de la Colombie britannique, mais aussi un saisissant périple à la rencontre du passé et des origines indiennes des deux hommes. Eldon raconte à Frank les moments sombres de sa vie aussi bien que les périodes de joie et d'espoir, et lui parle des sacrifices qu'il a concédés au nom de l'amour. Il fait ainsi découvrir à son fils un monde que le garçon n'avait jamais vu, une histoire qu'il n'avait jamais entendue.
Je n’ai pas lu le roman qui a été adapté. La BD tisse fort bien le voyage, dans l’espace vers la montagne, et dans le temps pour chaque personnage et son passé, son parcours.
Très beaux graphisme et couleurs. Un périple qui vaut le détour.
Acte de Dieu
Giacomo Nanni
Bd 192 p
2
Très étonnant, original, inhabituel.
Dans ce récit choral, Giacomo Nanni, par la virtuosité d'une écriture hypnotique et d'un dessin pointilliste aussi précis qu'envoûtant, nous parle de la Terre, des hommes, et de leur impitoyable rapport de force. Fascinant.
Une machine comme moi
Ian McEwan
Roman 400 p.
2
McEwan me déçoit rarement, il y a une belle mécanique – sans jeu de mots- à l’œuvre dans ce roman qui m’a bien captivé. Intéressant aussi au niveau des relations entre personnages.
L'équation de plein été
Keigo Higashino
Polar 364 p
2
On retrouve le polar japonais et encore un excellent cru de Higashino.
Jeu Blanc
Richard Waganese
Roman 264 p
2
Très belle histoire, les indiens, le Canada, le hockey sur glace, avec un jeune indien joueur prodige. Beau roman d’initiation, mais pas seulement.
Blizzard
Marie Vingtras
 
Une grosse déception.
Un roman à la fois bateau et artificiel. 
La boîte en carton /
La figure jaune / Les propriétaires de Reigate / Le tordu
Conan Doyle
(Nouvelles – série Sherlock Holmes)
2
Avec plaisir se replonger de temps à autre dans le canon des œuvres de Conan Doyle.
Les belles personnes
Chloé Cruchaudet
BD 144 p
1
L’originalité de l’ouvrage est de proposer des portraits de personnages anonymes, sous forme de BD, réalisés dans des styles graphiques différents sur la base d’appels à témoignage sur « des belles personnes ». On peut lire les témoignages dans la seconde partie de l’ouvrage.
Une idée impulsée par le festival Lyon BD. Inégal, c’est le lot du florilège, je retiens le SDF à l’arrêt de bus, ou encore Mint, chien d'aveugle, mais c’est chacun selon sa sensibilité, bien sûr.
René.e au bois dormant
Elene Usdin
272 p
 
Beaucoup de mal à lire cette BD graphique qui m’a souvent semblé obscure.
Dommage pour la thématique mais cette histoire part dans tous les sens.
Un récit onirique qui aborde de grandes questions actuelles (le genre, l'urbanisation galopante, les attaques contre la nature) et l'enlèvement d'enfants amérindiens par les Blancs, au Canada, dans les années 60.
Extrêmement pointu donc, je me suis retrouvé sans repère très vite…
Decades /Van Der Graaf Generator in   the 70s
Steve Pilkington – docu rock
 
 
Je te protégerai
Peter May
Polar
 
Quand on a lu la « trilogie de Lewis », ce qu’il a fait de mieux à mon sens, les autres romans de Peter May sont souvent un ton en-dessous. Comme ici, ou l’exposition tient en haleine et la conclusion malheureusement se révèle plutôt improbable…
Au cœur d’un été tout en or
Anne Serre
Nouvelles 144 p
2
Je retrouve Anne Serre, et le format des nouvelles (rarement plus de trois pages) lui convient parfaitement. Un plaisir.
Je vais poursuivre avec Anne Serre, découverte grâce à la revue Le Matricule des Anges.
Il n’y aura pas de sang versé
Maryline Desbioles
Roman 152 p
3
 
« Tout se passe entre 1868 et 1869, d'abord en Italie, au Piémont, puis en France, enfin da la seule vielle de Lyon. Les personnages sont essentiellement des femmes. » Ainsi commence Il n'y aura pas de sang versé, et ce récit va raconter un pan d'histoire tout à fait méconnu : la première grève officielle de femmes ouvrières sur les pentes de la Croix Rousse.

Toia, Rosalie, Marie, Clémence.

Toia, Rosalie, Marie, Clémence.  
Maryline Desbiolles utilise la métaphore de la course en relai pour parler de ses quatre femmes que le destin va bientôt réunir, et son style est magnifique.
Elle a réussi une prouesse : révéler un pan de l'histoire ouvrière enterré – la voix des femmes n'a jamais vraiment compté – et donner chair et sang à quatre portraits de femmes attachantes. Une superbe leçon de vie et une bouffée de liberté.
C’est vraiment très beau.

Maryline Desbiolles utilise la métaphore de la course en relai pour parler de ses quatre femmes que le destin va bientôt réunir, et son style est magnifique.
Elle a réussi une prouesse : révéler un pan de l'histoire ouvrière enterré – la voix des femmes n'a jamais vraiment compté – et donner chair et sang à quatre portraits de femmes attachantes. Une superbe leçon de vie et une bouffée de liberté.
C’est vraiment très beau.

Le vampire du Sussex / Le pensionnaire en traitement
Conan Doyle
Nouvelles - Sherlock Holmes
2
 
 
L’eau rouge
Jurica Pavicic
Roman 408 p
3
Après la femme du 2e étage, encore un excellent roman que cette fresque de Jurica Pavicic, où nous suivons ces personnages d’un village de Croatie pendant que l’histoire se fait, chute de Tito, écroulement du communisme, etc…
Suite à la disparition d’une jeune fille de 17ans, ça piétine et l’affaire est classée, mais certains ne renoncent pas.  Une belle déclinaison pleine de la complexité des liens intimes entre Grande histoire et petite histoire.
Le dévouement du suspect
Keigo Higashino
Roman 320 p
2
 
Toujours cet excellent auteur japonais, pour un polar à l’angle original.
Ce que nous confions au vent
Laura Imai Messina
Roman 240 p
1
Notre rapport à la mort et à nos disparus. A partir d’une cabine téléphonique qui existe réellement.
Un récit poétique, plutôt réussi en première partie et beaucoup plus lourd et préchi-précha à mon sens dans la deuxième.
Les doigts rouges
Keigo Higashino
Polar 240 p
2
Avec toujours le même génie, Keigo Higashino comprend tout, explique tout. Ce roman, dont l'atmosphère rappelle celle du "dévouement du suspect X" est un des plus sombres du maître nippon.
Sombre, en effet, on voit progresser la réflexion, les mensonges et les expédients utilisés par une famille si banale en apparence lorsqu’elle doit se débattre et nager en eaux troubles pour sauver les apparences certes mais aussi leur fils « psychopathe ».
Ce n’est pas rose, non c’est rouge comme dit le titre, et c’est très noir !
Et puis une surprise se niche dans le final !
L’interprète grec / Le traité naval / Une affaire d’identité / Cinq pépins d’orange
Conan Doyle
Nouvelles -Sherlock Holmes
2
 
Le discours de la panthère
Jérémie Mathieu
BD 104 p
2
Un récit formé de plusieurs histoires courtes où les animaux occupent seuls le devant de la scène. Au fil des récits, on suit un étourneau perdu en pleine migration, une autruche qui doute, un jeune éléphant apprenant l'histoire du monde...
L’ensemble se présente comme une fable, une parabole , c’est raconté très simplement, profond et sans prétention, mais c’est loin d’être simpliste dans les thèmes (par exemple, l'entraide et l'amitié, l'acceptation de soi et le regard des autres, la sagesse et la mémoire du monde, l'environnement, la vie et la mort, etc.)
Cela suscite le questionnement, et c’est très prenant, parfois poétique. Une beau moment pour une belle lecture.
Trois étoiles et un meurtre
Peter May
polar
 
 
Les nus d’Hersanghem
Isabelle Dangy
Roman 270 p
3
Très belle écriture, limpide, on sent que Perec – mais pas seulement lui- n’est pas loin. L'ambiance est réussie, un côté décalé et suspendu, un puzzle qui s'emboîte...
Une découverte et j’en lirai d’autres.
Un cimetière dans le cœur
Ian Rankin
Roman 396 p
1
N°24 des enquêtes de John Rebus.
Imperturbable.
Le grand secours
Thomas B Reverdy
Roman 320 p
2
Un roman de la rentrée littéraire. 
Assez rare chez moi !
J’en ai apprécié le ton, qui n’est pas misérabiliste, qui porte de l’espoir et souffle un peu de liberté avec des personnages bien dessinés et attachants.
Le récit se concentre sur une journée en banlieue à Bondy. Une altercation, une émeute, lentement mais sûrement dans la cocotte-minute, ça va être le feu aux poudres….
C’est intense mais l’auteur n’en fait pas trop. Un roman puissant, engagé et romanesque, qui se clôt sur une dernière image porteuse d’espoir, et même de poésie. Très appréciable.
Banditi
Antoine Albertini
Polar 300 p
 
Ambiance corse banditisme mafia. 
Eteindre la lune
William Boyle
Roman 416 p
2
Après la Cité des Marges, fort apprécié, retour en arrière dans la bibliographie de l’auteur . 
Toujours très attachant du côté des personnages.
Figurec
Fabrice Caro
Roman 272 p
1
"L'enterrement de Pierre Giroud m'a énormément déçu, c'était une cérémonie sans réelle émotion. Tout cela manquait de rythme, de conviction. Le père Rouquet lui-même n'était pas dans son meilleur jour. Non, vraiment, cet enterrement ne me marquera pas, on est bien loin d'Antoine Mendez. (…)Antoine Mendez, voilà quelqu'un qui a réussi son enterrement."
À force de courir les enterrements, le narrateur est devenu un expert en la matière. Mais à bien regarder l'assistance, il semblerait qu'il ne soit pas le seul...
Original avec une idée plutôt bien tenue au fil du récit, seule la conclusion laisse sur sa faim mais l’histoire donne à réfléchir !
La couleur des choses
Martin Panchaud
BD prix Cezam
236 p
2
Dans le cadre du prix Cezam 2024, un graphisme extrêmement surprenant et original, auquel il faut « se faire » au début, et une fois qu’on est immergé ça prend. Un regret toutefois sur le scénario qui amène une conclusion qui m’a laissé sur ma faim. Gare à l’effet de forme prenant le pas sur le fond !
Le ruban
Ogawa Ito
244 p
1
Une belle idée mais beaucoup de longueurs, une structure par épisodes qui ne m’a pas aidé, des rencontres intéressantes d’autres moins ; J’essaierai un autre roman de l’auteur «  Papeterie Tsubaki »
Un alibi en béton
Peter May
polar
 
 
Guacamole Vaudou
Judor et Fabcaro
Roman photo 80 p
1
Les « joies » de la vie d’entreprise, le marketing, la pub…
Je me suis bien amusé, délires absurdes, bref j’étais dans mon élément !
Baguettes Chinoises
Xinran 
Roman 341 p
3
« Baguettes chinoises », que l'on ne s'y trompe pas, ici les baguettes sont un terme pour désigner les filles en opposition aux « poutres » les garçons qui eux peuvent soutenir le toit familial. Oui, nous sommes en Chine !
Xinran nous raconte l'histoire de ces trois « baguettes », trois soeurs qui vont quitter leur campagne pour aller chercher du travail à Nankin. Elles trouveront chacune un employeur et pourront mettre en valeur leurs compétences.
 
Des sujets graves sont abordés sous une forme proche d’un conte, l’humour fait sourire à plusieurs reprises, mais l'on comprend malgré tout en filigrane la dureté des conditions de vie des migrants. La différence de vie, de culture entre la ville et la campagne nous amuse à travers des scènes qui montrent la naïveté des sœurs, mais nous percevons le choc des cultures et la place faite aux femmes. Et les trois sœurs font et trouvent leur place, en toute incrédulité vu ce qu’elles ont entendu chez elles !
Une très belle lecture, intéressante par son ton, son style qui permet d’aborder ces sujets avec finesse, pétulance et douceur.
Mademoiselle Sophie ou la fable du lion et de l’hippopotame
Zabus/Hippolyte BD 160 p
1
Dans le cadre du prix Cezam 2024, une belle histoire, pleine de bons et beaux sentiments sans évacuer la complexité ni tomber dans la guimauve la plus collante.
American tabloid
James Ellroy
Roman 800 p
3
Début de la Trilogie de Ellroy.
800 pages ici. Gros pavé haletant qui se lit sans aucun mal. Mélange réussi d’histoire et de fiction.
De 1958 à 1963, trafic manœuvres en tous genres mafia CIA FBI les Kennedy Nixon JE Hoover Cuba… Un régal. Celui-ci s’arrête quelques minutes avant l’assassinat du 22 novembre 1963.
Palpitant.
 
Les suivants sont du même tonneau et vont occuper mon mois de janvier : 
-American Death Trip 
-Underworld USA