Septembre, je repasse la tête par la fenêtre, c'est reparti !
Elles ont longtemps signifié
entre autres choses vacances, voyage, ailleurs et sans doute aussi été…
Je m’interrogeais l’autre jour
sur les cartes postales.
C’était plus précisément une
sorte de pensée un peu rêveuse. Elle m’a envahi alors que j’étais en train d’en
écrire une, une sur les deux que je m’apprêtais en tout et pour tout à écrire
et expédier.
Je me suis revu bien des années
en arrière lorsque cette pratique, cette habitude, était encore bien ancrée et que je m’y adonnais avec une certaine assiduité et pas mal de plaisir.
La pensée pour les
destinataires, le choix d’une vue qui les éclaire et qui leur parle, la
rédaction en elle-même du petit mot constituaient un moment appréciable sur
lequel chacun serait content de revenir, après coup, expéditeur comme destinataire.
Et puis cela s’est tari.
Je ne pense pas que la corvée
des cartes postales que j’ai pu connaître enfant ait joué, pas plus que les
réductions d’effectifs à la poste ou même l’augmentation du prix des timbres.
Les temps ont changé, nous avec,
et nous avons commencé à vivre le temps (majuscule) différemment : immédiateté,
« direct live » !
Les photos et vidéos déclenchées
sur place avec nos appareils ultra-modernes ombilicaux ont pris presque toute
la place, renvoyant les cartes postales au cimetière des éléphants ou pas loin.
Pourtant, les présentoirs tournants des
boutiques sont toujours copieusement garnis, ce qui tend à montrer
qu’il y a encore un peu de place pour les cartes postales. Reste à savoir
laquelle.
Si nous n’en expédions quasiment
plus, nous rapportons régulièrement quelques cartes du lieu de séjour, plus ou
moins stylisées, avec lesquelles nous remplissons un album qui sert de mémoire
familial des endroits où nous sommes passés.
Ma fille aînée a gardé ce goût
d’écrire et d’envoyer une petite carte et elle est sans aucun doute dans la
famille la seule de sa génération à persévérer.
De mon côté, à chaque occasion,
c’est une ou deux, pas plus, depuis une dizaine d’années je dirais. Une voilure
extrêmement réduite.
Une -toujours, pour mon beau-frère avec qui nous pratiquons une espèce de concours casse-gueule mais réjouissant de la carte postale la plus pourrie, et je vous prie de croire qu’il y a de la matière. La seconde est plus « sage » ou classique, c’est pour un ami de plus de cinquante ans, il y a des choses avec lesquelles on ne plaisante pas.