Disparaitre...
2. dans un tour de magie 9. sous la couette
3. sans crier gare 10. à minuit
4. d'un trait de plume 11.
5. pour de bon 12. sans trucage
6. à toutes jambes 13. inexplicablement
7. dans les mémoires 14. sur la carte
Disparaitre...
2. Le grille-pain a-t-il une conscience politique quand il fait sauter la tranche de pain? (aimablement adressée par Paula)
La tranche est engagée, aucun
doute.
Quant au grille-pain,
appelons-le Seb, on note que la fin de son action est en direction inverse de
celle du bulletin de vote dans l’urne. Est-ce un mouvement prônant
l’abstention ?
Le début serait donc trompeur,
même s’il prend garde de ne griller qu’une tranche à la fois, car on n’a pas le
droit de bourrer.
Faire sauter questionne sur le
vote de confiance, le gouvernement peut tomber. Seb serait un vil agitateur
politique au point d’être accusé d’inconscience ?
Pris en sandwich dans de telles
contradictions, on sera bien en peine de trancher.
"Je marchais à pas lents de
bout en bout dans la Maison, et la traîne de fourrure me suivait comme un lourd
serpent louvoyant. Bêtes fauves, bois de camphre, pin qui brûle et pain qui
fume, j'emplissais la Maison de chaleur et de lumières. J'en étais la force
vitale, l'organe palpitant dans un thorax de charpentes et de pignons."
Hantée par un âge d'or familial, une femme décide de passer toute son
existence dans la grande maison de son enfance, autrefois si pleine de joie.
Pourtant, il faudra bien, un jour ou l'autre, affronter le monde extérieur.
Avant de choisir définitivement l'apaisement, elle nous entraîne dans le dédale
de sa mémoire en classant, comme une aquarelliste, ses souvenirs par saison.
Que reste-t-il des printemps, des étés, des automnes et des hivers d'une vie ?
Je retourne au bord de l’étang.
Je me souviens des interminables
après-midis d’été, au moment des grandes vacances lorsque nous étions enfants.
Nous avions à peine fini de
manger que tous les quatre nous attendions l’autorisation d’aller nous baigner,
pas avant quatre heures, disait Petite Mère. La digestion !
La sieste obligatoire ne nous
enchantait guère, elle prenait la plupart du temps des allures de chasse aux
mouches et aux moustiques. Nos chambres à l’étage en étaient infestées, on n’a
jamais su pourquoi.
Quelquefois nous avions
l’autorisation de nous installer sur la terrasse, dans les chaises-longues, où
nous tentions vainement de nous laisser gagner par la torpeur ambiante. La
patience n’était pas notre fort.
Lorsque c’était l’heure, on ne
se le faisait pas dire deux fois.
Enfin !
On partait en courant dans le
fond du parc pour se jeter dans l’étang.
Et on oubliait aussitôt tout ce
temps perdu, cet ennui de début d’après-midi, tellement heureux que rien ne
comptait plus, pas même les moustiques, pourtant toujours là.
Deuxième situation
Saison au choix, le dimanche et
son cérémonial ou la construction de cabanes.
Petit Père ça ne lui avait pas
plu du tout lorsqu’on s’était mis en tête de construire des cabanes. Mais alors
pas du tout.
On ne lui avait pas demander la
permission d’entrer dans son atelier. On
avait oublié aussi de dire qu’on aurait besoin de deux ou trois outils pour la
construction. Sur notre lancée, les trois planches qu’on lui avait barbottées
étaient passées sous silence.
Et c’est quand il nous repérés
sous le grand chêne près de l’étang en train – croyait-il – d’escalader l’arbre
vénérable qu’il a compris qu’il y avait anguille sous roche.
Mais c’était Petit Père , quand
même.
Et quand la semaine de punition
est passée, il nous a aidés à en construire une. Au sol bien sûr.
Je repasse près du chêne,
quelques vestiges sont toujours là. Une vieille corde effilochée est encore
vaguement amarrée à son anneau sur le poteau désormais bien décati que Petit Père avait planté pour nous.
Et, incroyable, proche de la
poussière, je n’y touche surtout pas, c’est une des trois planches qu’il nous
avait finalement laissées, j'ai failli ne pas la voir.
C’était bien, c’était un début
d’été.
Troisième situation
La maison a été vendue, la
narratrice vit maintenant en maison de retraite, elle y écrit ses souvenirs,
ici sur un objet de famille transmis de génération en génération : un
fauteuil élimé.
Je suis de retour dans ma
chambre. Je rentre des soins. J’ai un peu de temps devant moi avant l’heure du
repas. Je rouvre mon cahier, je me suis
installée à ma petite table, assise dans le fauteuil familial. C’est un
voltaire, il remonte à cinq générations si je me souviens bien ce que nous
disait Petite Mère. Je revois distinctement Petit Père y lire son journal, un
rituel, j’entends le bruit des pages qui se tournent. Et puis Petite Mère avec
le cliquetis des aiguilles à tricoter. Pas toujours, parfois c’était du
crochet.
J’ai bien peur que ce soit tout.
Pourtant… ce fauteuil élimé, toujours là, si j’osais je dirais qu’il a connu un
sacré paquet de fesses.
Je pense souvent qu’il est en
meilleur état que moi. Et après moi, je suis la dernière, à quoi et à qui
servira-t-il ? Je ne sais pas et e ne veux pas vraiment le savoir.
En conclusion :
Annoncé avec le billet du 5 septembre, voici le sujet numéro 1.
1.
Peut-on tout prévoir ?
J’annonce aujourd’hui avec ce
billet une série d’un sérieux quasi-papal dont l’idée m’est venue en plongeant
je ne sais plus pourquoi comment à l’origine dans les annales des sujets du bac
en littérature et en philo. Je viens de vous prévenir, c’est du sérieux.
Je tire le sujet au hasard,
tiens ça se gâte, j’y réponds en un format limité, je me donne comme cadre un
petit texte de 100 mots, je sais… ça dégénère !
Je vous souhaite toutefois, autant
que possible, de bonnes lectures !
Je m’empresse d’ajouter que si
vous trouvez un sujet, envoyez-le, je le traiterai.
Mise à jour 8/09
Tout est dans tout. Cela vous a-t-il traversé ? L'aviez-vous vu ?
Septembre, je repasse la tête par la fenêtre, c'est reparti !
Elles ont longtemps signifié
entre autres choses vacances, voyage, ailleurs et sans doute aussi été…
Je m’interrogeais l’autre jour
sur les cartes postales.
C’était plus précisément une
sorte de pensée un peu rêveuse. Elle m’a envahi alors que j’étais en train d’en
écrire une, une sur les deux que je m’apprêtais en tout et pour tout à écrire
et expédier.
Je me suis revu bien des années
en arrière lorsque cette pratique, cette habitude, était encore bien ancrée et que je m’y adonnais avec une certaine assiduité et pas mal de plaisir.
La pensée pour les
destinataires, le choix d’une vue qui les éclaire et qui leur parle, la
rédaction en elle-même du petit mot constituaient un moment appréciable sur
lequel chacun serait content de revenir, après coup, expéditeur comme destinataire.
Et puis cela s’est tari.
Je ne pense pas que la corvée
des cartes postales que j’ai pu connaître enfant ait joué, pas plus que les
réductions d’effectifs à la poste ou même l’augmentation du prix des timbres.
Les temps ont changé, nous avec,
et nous avons commencé à vivre le temps (majuscule) différemment : immédiateté,
« direct live » !
Les photos et vidéos déclenchées
sur place avec nos appareils ultra-modernes ombilicaux ont pris presque toute
la place, renvoyant les cartes postales au cimetière des éléphants ou pas loin.
Pourtant, les présentoirs tournants des
boutiques sont toujours copieusement garnis, ce qui tend à montrer
qu’il y a encore un peu de place pour les cartes postales. Reste à savoir
laquelle.
Si nous n’en expédions quasiment
plus, nous rapportons régulièrement quelques cartes du lieu de séjour, plus ou
moins stylisées, avec lesquelles nous remplissons un album qui sert de mémoire
familial des endroits où nous sommes passés.
Ma fille aînée a gardé ce goût
d’écrire et d’envoyer une petite carte et elle est sans aucun doute dans la
famille la seule de sa génération à persévérer.
De mon côté, à chaque occasion,
c’est une ou deux, pas plus, depuis une dizaine d’années je dirais. Une voilure
extrêmement réduite.
Une -toujours, pour mon beau-frère avec qui nous pratiquons une espèce de concours casse-gueule mais réjouissant de la carte postale la plus pourrie, et je vous prie de croire qu’il y a de la matière. La seconde est plus « sage » ou classique, c’est pour un ami de plus de cinquante ans, il y a des choses avec lesquelles on ne plaisante pas.