Le poème fondu ? il s'agit d'écrire un poème en n'utilisant que des mots d'un poème source. On crée donc son propre poème en assemblant, combinant ces mots prélevés (en respectant leur orthographe à l'accent près) avec la ponctuation, l'ordre que l'on veut. Un même mot peut être répété plusieurs fois. S'il est au singulier, on ne peut le mettre au pluriel et inversement.
Victor Hugo « Au peuple » 1853
«
Il te ressemble ; il est terrible et pacifique.
Il
est sous l’infini le niveau magnifique ;
Il
a le mouvement, il a l’immensité.
Apaisé
d’un rayon et d’un souffle agité,
Tantôt
c’est l’harmonie et tantôt le cri rauque.
Les
monstres sont à l’aise en sa profondeur glauque ;
La
trombe y germe ; il a des gouffres inconnus
D’où
ceux qui l’ont bravé ne sont pas revenus ;
Sur
son énormité le colosse chavire ;
Comme
toi le despote il brise le navire ;
Le
fanal est sur lui comme l’esprit sur toi ;
Il
foudroie, il caresse, et Dieu seul sait pourquoi ;
Sa
vague, où l’on entend comme des chocs d’armures,
Emplit
la sombre nuit de monstrueux murmures,
Et
l’on sent que ce flot, comme toi, gouffre humain,
Ayant
rugi ce soir, dévorera demain…. »
Fondu 3
Te ressemble,
magnifique,
L’immensité
L’harmonie en sa
profondeur chavire,
Comme toi, comme sur
toi, ce flot caresse
Des chocs de murmures
Ce soir
La vague entend demain
