Il se trouve quelquefois des circonstances ou des situations qui laissent à penser que certains de vos interlocuteurs, proches ou lointains, craignent vraiment votre désœuvrement, veulent aider à votre combat permanent contre l’ennui et pensent qu’il est grand temps d'y remédier et de prévenir cet étiolement irrémédiable.
Et je sens bien maintenant que vous voulez un exemple.
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Bon d'accord.
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Il y a quelque temps quelle ne fut pas ma surprise de recevoir une « proposition d’activité » de la part d’un organisme n’ayant – de loin , de près – rien à voir avec le secteur du divertissement, ou du sport, et oublions carrément la culture.
Soyons précis, ce n’était pas exactement une proposition, car je suis déjà en train d’ironiser .
Il s’agissait d’un message dont la teneur m’a immédiatement mis en mouvement, sans que je décroche un sourire, comme on dit quand on n’a pas envie de rire du tout.
Au point que j’en ai même cherché illico un numéro de téléphone, signe d'un mécontentement certain et d'un agacement pas loin d’être prodigieux. Oui, cela m’arrive.
Allons plus loin, cela a un rapport avec l’eau, mais vous vous méprenez -et c’est carrément froid- si vous pensez à la météo.
Il est question ici de la société privée qui nous distribue l’eau -que nous appellerons sous le nom de code VOUZAVELO- et qui est chargée deux fois par an de relever le compteur pour établir sa facture qu’elle ne manque pas -aucune surprise- de nous adresser ensuite.
VOUZAVELO m’interpelle dans ce message en indiquant que c’est la deuxième fois consécutive «qu’ils» n’ont pu procéder au relevé du compteur, qu’en conséquence la facturation sera purement estimative et plutôt calculée sur une base haute, quitte à opérer un remboursement après, tout en menaçant d’une pénalité et d’une éventuelle coupure.
Mon sang ne fait qu’un demi-tour, il faut dire que tous les ingrédients qui s’insupportent sont réunis en un seul message, excusez du peu.
Quelques minutes plus tard, je tombe donc sur une dame au téléphone. Après les présentations et vérifications d’usage, on en vient au cœur du sujet. J’indique en quoi consiste le courriel reçu.
Dans ma grande bonté, je précise que de plus, et je dois convenir que c’est vraiment extraordinaire, elle fonctionne. Et merci de transmettre.
Je continue en indiquant qu’après un grand chelem de quinze années consécutives où il n’y a jamais eu le moindre problème, le relevé d'eau ayant été effectué et la facture reçue et acquittée, je comprends mal la situation actuelle d’autant que le compteur d’eau est toujours au même endroit, ce que j’ai par précaution encore vérifié ce matin.
Je me demande sans le formuler si je ne vais pas leur conseiller un sourcier.
Je fais donc part -vous l’aurez compris- de ma grande surprise.
Par ailleurs, je précise – plein de bonne volonté- que j’en ai profité pour faire le relevé moi-même et que si elle veut je peux lui donner les chiffres.
C’est justement ce que j’allais vous demander, dit-elle.
Oui, je dois bien avouer que j’avais deviné que, dans leur incommensurable professionnalisme sans faille, ils allaient me solliciter.
Conclusion de l’entretien, la dame me dit, je fais remonter.
J’espère in petto qu’elle parle et de l’info et du niveau de sérieux, en étant coupablement optimiste.
Puisque, un peu plus tard dans la journée, je reçois un sms indiquant que « dans la semaine du tant au tant un rendez-vous sera proposé pour procéder au relevé du compteur ».
A ce jour, soit une dizaine de jours plus tard, ce rendez-vous n'est toujours pas proposé, et j’allais dire "bien sûr".
Bon, j'ai gardé noté le numéro de téléphone. Une intuition.
Inutile de vous dire que j’attends la prochaine facture avec impatience.
Tout comme le futur relevé en août...