vendredi 9 janvier 2026

LECTURES

 J'ai réussi pile poil en fin d'année 2025 à boucler la traditionnelle liste des lectures de l'année, je n'ai pas réussi à me tenir à un découpage en trois temps tous les quatre mois, plus digeste, et en fait je republie ici l'ensemble, même si les quatre premiers mois l'avaient été auparavant.  

Je réfléchis à un système remanié et plus approprié l'an prochain ! 

J'ai conservé mon petit système d'étoiles de 1 à 3, sauf 4 quand c'est exceptionnel.

Je retiens de très grandes lectures cette année, une année assez sud-américaine et  vous trouverez dans la liste, une magnifique découverte, celle de l'argentin Haroldo Conti (2 titres : Mascaró, le chasseur des Amériques et La ballade du peuplier carolin, magnifique recueil de nouvelles)  et l'auteur chilien, déjà bien connu et apprécié ici, Roberto Bolaño (Les détectives sauvages) monumental, mais aussi Goran Petrovic - infiniment poétique- avec "69 tiroirs".



LECTURES 2025

Janvier – février – mars – avril

Underworld USA

James Ellroy

Poche 915 pages

 

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Dernier volet de la trilogie, j’avais lu l’an dernier en format poche American Tabloid puis American Death trip deux pavés de 800 et 950 pages, le dernier étant à 920.

Un peu d’usure de ma part, un peu moins réussi peut-être, et surtout véritable brûlot de haine, le dernier tome reste cependant dans la lignée, très dense, avec une écriture coup de poing au cordeau. Tout se croise, les fils sont nombreux et c’est aux environs de 700 pages que je me suis mis à apprécier -enfin- le rythme car les derniers chapitres où tout s’emballe et se dénoue sont … emballants !

La trilogie c’est une somme, une fresque incroyable qui couvre en tout quinze ans (1958-63, puis 63-68 et enfin 68-72). Souvent glauque, pas de dentelle, noir c’est noir.

La lune est blanche

Emmanuel et François Lepage

BD 256 pages

 

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Expédition au pôle sud. L’Antarctique, extrêmement hostile, y est un personnage à part entière. Très bien documenté, le récit de l’expédition (un rêve pour les deux frères Lepage) est prenant, un incroyable moment de rencontres et de partage avec des personnalités variées, tous des scientifiques en mission. Humain. Excellent.

Cache-cache bâton

BD Emmanuel Lepage 300 p

 

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L’auteur a vécu dans une communauté étant enfant à partir de 5 ans jusqu’à 9 ans. Il raconte. Va voir les membres fondateurs. Instructif. Humain.

La bd est un magnifique témoignage qui réserve des surprises, la mouvance du catholicisme social, par exemple m’était étrangère ou presque. Quelques familles, militantes, passent de la théorie à l’action, en faisant vivre au mieux leurs convictions. On découvre aussi l’action d’un prêtre engagé et charismatique. L’auteur rencontre en fait tout le monde, parents, amis, et découvre sur quoi tout cela était fondé et comment cela a pris fin.

Elizabeth Finch

Julian Barnes 250 p

Alors qu'il est entre deux mariages, et aspire à devenir comédien, Neil, notre narrateur, a un professeur : Elizabeth Finch (E.F), une « femme si gracieuse et posée », « une lueur radieuse dans (s)a vie ».  « Elle se tenait devant nous, sans notes, livres, ni trac ».

Un livre qui démarre bien, centré sur la relation entre Neil et EF, illustrée par des extraits de cours, des échanges, et puis « faux espoir » – Elizabeth Finch, morte lui a légué ses carnets- on se retrouve dans la vie et la pensée de Julien l'apostat, sujets étudiés par la professeure.

Un sujet qui tout honorable qu’il soit ne m’intéresse absolument pas, et ce n’est pas le mode de narration qui m’en a rapproché.

Bref, une ambiance pavé crypto-universitaire, touffu, plein de références difficiles à maîtriser, ce qui m’a lentement et sûrement coupé du roman. 

Eden

Audur Ava Olafsdottir

Roman 224 p

Alba, linguiste islandaise spécialisée dans les langues locales en voie de disparition, décide d'un retour à la campagne. Culpabilisée par son empreinte carbone, elle s'engage à planter 5600 arbres dans son nouveau coin de terre. C'est son installation d'ex-urbaine dans un nouveau milieu que nous allons suivre pas à pas ainsi que ses relations avec ses voisins ruraux et un jeune migrant qu'elle accueille, tout en restant très proche de son père, très présent dans ce changement de vie.

La narratrice nous conte volontiers par le menu ses pensées et ses actions, cela passe de façon assez fluide et relâchée du coq à l’âne, il y a parfois quelques pauses purement linguistiques sur la langue islandaise qui nous éclairent sur cette culture, forcément.

Le tout baigne dans un optimisme à la fois surprenant et un peu déconnecté, ce qui est peu un comble quant aux problèmes complexes (climatiques, migratoires) qui sont abordés ou plutôt évoqués.

Un ensemble agréable à lire mais sans grand relief et loin d’être convaincant, qui souffre en partie de ma lecture précédente d’Olafsdottir « Or » absolument magnifique. J’aurais peut-être dû m’en tenir là !

Matin brun

Franck PAvloff

Très courte nouvelle

 

à

 

Une courte nouvelle, les temps qui courent, le totalitarisme et les chemins détournés qu’il emprunte pour s’exercer, en manipulant et en anesthésiant.

Est-ce que cela vous rappelle quelque chose, de loin comme de près ?

Bristol

Jean Echenoz

200p

 

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Bristol, Robert Bristol, est un metteur en scène malchanceux qui, à la demande de la riche romancière à l'origine du scénario, doit prendre une jeune femme comme actrice principale, jeune femme qui s'avère inadaptée au rôle et fait couler le film...

Etonnant bal des perdants, le cinéaste est vraiment limité, le roman adapté est d’une faiblesse insigne, le tournage en Afrique est une épopée où rien ne marche, une cascade en avion en étant le point d’orgue… Bref l’intrigue est un joli prétexte pour Echenoz de s’amuser et nous amuser, le cocasse côtoie l’inattendu et l’absurde, les situations les plus improbables s’empilent dans un délire foutraque servi par une écriture plus que jamais au cordeau.

Un dérèglement général pince-sans-rire qui retombera malgré tout, encore une surprise, sur ses pieds.

Donc, le pied.

Le collectionneur d’oreilles

Esteban Bedoya

Roman 190 p

 

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La Paraguay entre traditions et peuples d’origine, les indiens, et la bourgeoisie qui s’accommode si bien des nazis pseudos-repentis et cachés.

C’est cinglant.

Soixante-neuf tiroirs

Goran Petrovic

Roman 365 p

 

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Les pioches sont bonnes ces derniers temps et j’ai été littéralement enchanté par ce roman admirablement conté qui nous emmène dans des espaces oniriques et un peu étranges où la réalité et la littérature ont des limites fort difficiles à cerner. Le pouvoir de suggestion et d’évocation de la lecture permet des rapprochements inattendus, inouïs lorsque deux personnes lisent le même livre, celui-ci devenant même un lieu de rendez-vous. Magnifique. 

Cherokee

Jean Echenoz

250 p

 

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Georges Chave, né à Ivry-sur-Seine le jour de la bataille d'Okinawa, est domicilié à Paris dans le 11e arrondissement. Il vit de peu, meuble son existence d'une activité de bars, de cinémas, de voyages en banlieue, de sommeils imprévus, d'aventures provisoires ; écoute souvent des disques américains. L'un de ces disques lui manque, une version rare de Cherokee, qu'on lui a dérobé il y a dix ans. Tout cela n'est rien, mais il s'en contente jusqu'à ce que Véronique surgisse dans sa vie. Dès lors, Georges s'agite un peu.

La trame de cette histoire est passablement embrouillée, l’écriture d’Echenoz encore et toujours est absolument lumineuse, certaines descriptions de Paris et ses environs valent vraiment le détour et on ne manquera pas d’apprécier une ode décalée aux moyens de transport, nombreux et variés qui jalonnent les aventures des personnages.

Pas extraordinaire mais on passe un bon moment.

Les enfants disparaissent

Gabriel Banez

190 p

 

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Vieil horloger paralytique, Macias Möll a deux passions : réparer des montres et dévaler la pente de la petite place sur son fauteuil roulant avec l’objectif d’améliorer son chronomètre. Or, après chaque nouveau record, des parents signalent la disparition d'enfants. Les autorités ne tardent pas à s’intéresser à cet étrange phénomène qui projette, bien malgré lui, le discret horloger sur le devant de la scène.

 

Enigme policière, Je pourrais même dire fausse énigme policière, qui nous emmène du côté de la perception de la réalité. Beaucoup d’images, de symboles, l’horloger est un possible paria, et il y a la fuite du temps et la perte de l’innocence, on ne peut mieux résumée dans les pensées du commissaire : le temps est une équation et un désir.

Très belle ambiance. Etrange, rêveuse, et aussi malaisante, car l’Argentine malheureusement a une histoire dramatiquement chargée…

Le petit verre de ces dames

Alfredo Bryce Echenique

Nouvelles 200 p

Outre la nouvelle qui donne le titre au recueil, j’ai lu « Les grands hommes sont comme ci. Et aussi comme ça. »

Vraiment foutraque.

Petits travaux pour un palais

Laszlo Krasznahorkai

108 p

Un livre court qui ne contient qu’une phrase, selon le système du « flot de conscience », c’est souvent heurté dans la lecture, je me suis accroché car la difficulté entre les interruptions c’est de reprendre le fil, et malgré cela, j’avais « deviné » la chute.

Pas totalement convaincant pourtant, au bout du compte.

Mascaró, le chasseur des Amériques,

Haroldo Conti

 

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Magnifique.

Lorsqu’il décide de quitter son modeste village de pêcheurs, Oreste ne se doute pas encore que sa vie est sur le point de suivre un nouveau cours. Car le destin met bientôt sur sa route Mascaró, cavalier noir porteur de messages mystérieux, ainsi que le Prince Patagon, artiste majestueux, exubérant, solaire. Et quand le Prince prend Oreste sous son aile et lui propose de racheter un vieux cirque miteux pour fonder le Grand Cirque de l’Arche, la magie opère : dans les bourgades misérables qu’il traverse, le cirque présente des spectacles grandioses et fait souffler un vent de fantaisie et de joie. Grâce à la petite troupe de vagabonds célestes qui le compose, un émerveillement libérateur allume des étoiles dans les yeux des spectateurs et fait renaître l’espoir. Jusqu’au jour où ce cirque subversif finit par attirer l’attention des autorités.

Avec ce roman lumineux, Haroldo Conti célèbre l’amour de la vie et l’art qui réenchante le monde, la liberté, la fantaisie, et nous rappelle qu’aucun pouvoir, aussi absurde et répressif soit-il, n’empêchera jamais les hommes de rêver de liberté.

Un très beau roman, inventif, intense et plein de grâce.

Manuel de la parfaite crapule

Rafael de Santa Ana

à

 

Un régal, fruité et picaresque, qui réjouira la apprentis aigrefins. Le livre se veut un guide, véritablement, avec des conseils.

Une belle acidité complètement amorale.

Pince-sans-rire, réjouissant et fûté.

Lac

Jean Echenoz

190 p

 

à

 

J’ai lu dans ce pseudo roman d'espionnage réjouissant les aventures de Franck Chopin, agent secret doté d’une couverture plus qu’incertaine à savoir entomologiste spécialisé dans l'étude des mouches qu’il équipe de micros pour espionner. Rien que ça déjà… !

La galerie de personnages n’est pas triste, l’ensemble – genre oblige- reste mystérieux, opaque, énigmatique.

Loufoque et ironique souvent, mais avec un grand sérieux, ce qui souligne le côté foncièrement désenchanté.

Paco les mains rouges

BD 2 tomes

Fabien Vehlman-Eric Sagot

 

à

 

Merci Paula.

Ancien instituteur, Paco les Mains rouges, surnommé ainsi parce qu'il a commis un crime de sang, a été envoyé au bagne en Guyane. Sur place, il doit affronter la réalité d'un monde carcéral où règne la loi du plus fort, où il est question de survie à chaque instant, et tout cela sans avoir le moindre espoir de sortir libre... Un récit marquant et bouleversant.

 

La Guyane, le bagne, l’enfer sur terre. Un récit prenant, je n’ai pas décroché quand j’ai empoigné l’ouvrage.

Système organisé dans le système pou non pas survivre, mais pour ne pas mourir trop vite… Trafics, violences, l’inhumanité et la cruauté comme seuls moyens de rester tristement vivant. Etouffant.

Le dernier atlas

T1 T2 T3

232, 232 et 256 p. 

(Vehlmann, Tanquerelle, De Bonneval, Blanchard) 

 

à

 

 

BD ou roman graphique, avec un quatuor nantais à la baguette ! Un excellent mélange SF Uchronie et politique comme un cocktail…molotov qui nous pète à la gueule.

Du rythme, c’est haletant et intense.

Des robots géants, les Atlas, ont contribué à bâtir des villes entières avant d'être soudainement mis à la casse. La raison de ce revirement n'est pas très claire… Je n’en révèlerai pas davantage.

Ce qui est vraiment bien vu dans le scénario c’est le décalage dans le temps de certains événements historiques (ex : Guerre d’Algérie) les choses nous sont donc familières (on a des repères, comme une boussole qui indiquerait le nord-est) mais elles sont faussées, elles sont réutilisées ou revisitées dans la fiction, ce qui amène une belle étrangeté dans l’histoire. De là à nous questionner sur la masse d’informations au quotidien dans le monde où nous sommes plongés… La réversibilité de la proposition est piquante. 

Une réussite.

Les braves gens ne courent pas les rues

Nouvelles 288 p.

Flannery O’Connor

 

 

Jamais lue jusqu’ici. Dix nouvelles, variées, certaines vraiment courtes. Globalement c’est assez daté, ça se passe après la 2e guerre mondiale aux USA dans les états du Sud. Il y a deux tendances, certains récits sont assez improbables, on se demande un peu quoi faire avec. Et peu à peu, on est apprivoisé, c’est l’autre tendance, on devient plus familier du style et de la description d’une ruralité brute si ce n’est brutale, plutôt triste et marquée par la bêtise, l’intolérance, notamment.

Ces nouvelles, pas inoubliables de mon point de vue, dégagent toutefois une curieuse ambiance d’inconfort avec une propension à gratter qui n’est pas négligeable.

 

Lectures de Mai à décembre 2025

Mon nom est personne

Alexander Moritz Frey

352 p

 

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Les éditions « La dernière goutte », une très bonne pioche pour moi, m’ont permis de fort belles découvertes. Dont celle-ci.

Un mystérieux inconnu, qui se fait appeler Solneman, se présente un beau matin devant le bourgmestre d’une petite ville et lui propose d’acheter, pour une somme fabuleuse, le parc municipal. Il pose toutefois une condition : ne voulant être dérangé par personne et souhaitant vivre à l’abri des regards, il fera construire tout autour du parc une immense muraille de trente mètres de haut.

Ceci posé, les conditions sont réunies chez les habitants de la petite ville pour que la curiosité, les rumeurs malsaines, les médisances et les tentatives d’intrusion pour en avoir le cœur net s’organisent.

Roman écrit en 1914, la bêtise collective est décrite avec une ironie d’orfèvre, un humour vraiment vache, telle une fable qui calme les envieux, se moque du conformisme et vante la différence.

Un très bon moment de lecture.

Le syndrome de l’Orangerie

Grégoire Bouillier

432 p

En se rendant au musée de l'Orangerie, voici que, devant Les Nymphéas de Monet, l'auteur est pris d'une crise d'angoisse. Contre toute attente, les Grands Panneaux déclenchent chez lui un vrai malaise. Sans doute l'art doit-il autant à l'artiste qu'au « regardeur » - mais encore ? (…) Grégoire Bouillier décide d'en avoir le cœur net. Les Nymphéas de Monet cacheraient-ils un sombre secret ? Monet y aurait-il enterré quelque chose ou même quelqu'un ? Et pourquoi des nymphéas, d'abord ? Pourquoi Monet peignit-il les fleurs de son jardin jusqu'à l'obsession - au bas mot quatre cents fois pendant trente ans ?

 

Quelque temps après « Le Cœur ne cède pas » qui fut ma dernière lecture de l’année 2024, je me suis fait prêter le dernier roman de Grégoire Bouillier avec qui j ‘étais resté en très bons termes, tout bonnement parce que cette lecture m’avait réellement enthousiasmé !

 

Je dois dire d’emblée qu’on est loin du compte cette fois-ci. L’exercice d’équilibriste que constituait « Le Cœur ne cède pas » ne fonctionne pas ici pour moi.

Monet, les nymphéas, maintes digressions, des hypothèses jusqu’à la nausée, des mises en lien souvent au forceps, tout cela m’a paru « forcé » et tout ce qui faisait l’intérêt et l’originalité du précédent roman s’est envolé. Lourd.

Désagréable sensation que ça tire à la ligne, dans un roman pourtant deux fois plus court (450 au lieu de 900 pages). Dommage, les questions soulevées en 4e de couverture semblaient engageantes.

 

Les amnésiques n’ont rien vécu d’inoubliable

Hervé Le Tellier

Réédition 2017

220 p

Une relecture quelques années après.

Une version révisée.

J’en avais gardé un meilleur souvenir.

La droitisation française

Mythe et réalité

Vincent Tiberj

340 p

 

à

 

Merci Fabien !

La France deviendrait conservatrice. C'est une évidence pour beaucoup d'intellectuels et de journalistes, et les résultats électoraux semblent leur donner raison. Pourtant ce n'est pas la thèse de ce livre. Les citoyens français sont devenus beaucoup plus ouverts et progressistes qu'il n'y paraît. Face à cette situation paradoxale, Vincent Tiberj analyse comment offre politique et citoyens divergent. Il pointe l'importance de la manière dont on parle des inégalités sociales et des questions de société « en haut », qui vont à rebours des préoccupations d'« en bas ». Il met en avant la grande démission citoyenne face aux partis, aux candidats : avec ce silence électoral grandissant, les voix des urnes sont de moins en moins représentatives. La droitisation est un mythe, mais comme tous les mythes il pourrait bien avoir des lourdes conséquences sur les équilibres politiques et l'avenir des Français.

Lecture intéressante au regard des dernières années et des derniers scrutins. Un essai qui permet pour moi de mettre le doigt sur des « impressions personnelles » en les formalisant clairement. N’attendez pas de « solutions », l’analyse pointe plutôt les points de vigilance. L’état actuel des médias n’est pas une surprise. L’opposition social/sociétal non plus. Les chapitres sur la démission et la fluctuation de la participation aux scrutions -selon une approche générationnelle- font partie des motifs d’inquiétude, pas moins.

Leçons

Ian McEwan

Poche 656 p

Roman ambitieux au souffle impressionnant, « Leçons » raconte la grande épopée d’une vie faite de rêves abîmés. L’intime se mêle ici magistralement à la grande Histoire, dépeinte brillamment par Ian McEwan qui nous offre un antihéros au charme irrésistible et une réflexion passionnante sur la vocation artistique.

 

J’aime bien Ian McEwan, j’y reviens régulièrement, même si je suis loin d’avoir lu toute son œuvre.

Celui-ci m’a paru inégal, peut-être un peu long, le questionnement transversal étant celui des choix, de ce qui nous mène, ce qu’on nous impose ou pas, l’environnement, les marges de manœuvre, la liberté de choix, etc. J’attendais sans doute un peu plus de « personnalité » dans tout ceci, en me disant avoir déjà lu ce genre de choses. Entre la grande histoire et l’histoire personnelle, il m’a semblé qu’un Jonathan Coe par exemple est plus à son affaire.

Un McEwan mineur pour moi dans l’appréciation.

Place saint Sulpice 18 et 19 octobre 1974

Pierre Getler

53 p

Numéro 8 de la collection « Dire son Perec » l’œil ébloui éditeur

Résumé
Durant les trois jours où Georges Perec écrit, place Saint-Sulpice, sa Tentative d’épuisement d’un lieu parisien, son ami peintre et photographe Pierre Getzler le rejoint à deux reprises. L’artiste prend alors une cinquantaine de clichés, pour la plupart inédits, reproduits ici. Des poteaux indicateurs, des silhouettes, une petite fille qui court, les voitures, le bus 96, Perec au café… Dans sa préface, Claude Burgelin revient sur le lien qui unit les deux hommes, puis analyse la captation singulière du lieu par le photographe.

Le chasseur d’histoires

Eduardo Galeano

240 p

 

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Chez moi, Galeano est chez lui. J’avais peut-être parlé du recueil « Les voix du temps » ?

Ici, des histoires qu’il nous raconte on n’anticipe quasiment jamais la fin ou la chute, et cela fait partie du grand plaisir qu’on a à se laisser embarquer par l’auteur.

Très varié, plutôt sur des formats courts, le recueil nous propose des pensées, des avis sur de petites tranches d'histoires, des regards sur le monde, des opinions politiques, sociales, des récits et des anecdotes, et même des légendes !

La place est belle vous le devinez pour la mémoire, la morale et le sens de la vie qui nous permettent aussi de mieux approcher la culture sud-américaine en particulier.

A picorer, absolument. Un plaisir.

L’éternité comme un jeu de taquin

Sophie Coiffier

 

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Numéro 9 de la collection « Dire son Perec » l’œil ébloui éditeur

Résumé
Le cheminement suivi par l’autrice et plasticienne Sophie Coiffier pour saisir sa relation sensible à Georges Perec adopte ici la forme d’un jeu de taquin de neuf pièces. Évoluant autour de la case vide, elle revisite des moments du parcours de l’écrivain et explore les correspondances avec ses propres créations. C’est un jeu en mouvement où, case après case, réminiscences et coïncidences s’entremêlent. Sophie Coiffier interroge son rapport au temps et cherche à faire renaître la présence de Perec dans l’image ainsi reconstituée.

Cahiers de l’Herne - revue

Jean Echenoz 240 p

Annie Ernaux 320 p

 

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Ces cahiers ont d’une certaine manière une somme, variant les angles, les points de vue, les contributions, et proposant même parfois des textes inédits des auteurs. 

Un régal sur deux auteurs que j’apprécie.

Le timbre à un franc

Jean-Louis Bailly

 

à

 

Numéro 10 de la collection « Dire son Perec » l’œil ébloui éditeur

Résumé
Voilà près de cinquante ans, un jeune inconnu écrit à Georges Perec qui s’apprête à publier La Vie mode d’emploi. Jean-Louis Bailly ose demander à l’auteur déjà célèbre un texte pour la revue littéraire qu’il tente de créer avec un ami. La réponse est immédiate et d’une belle générosité : Perec lui propose un extrait du roman à paraître. Aujourd’hui, l’homme devenu âgé se penche sur ce souvenir qui ne l’a pas quitté et se tourne à nouveau vers l’écrivain dont l’œuvre exemplaire l’aura plus d’une fois accompagné dans son écriture.

7m2

Jussi Adler Olsen

 

Polar danois, j’ai lu la série, donc j’ai continué.

Hyper confortable, à défaut d’être emballant.

La ballade du peuplier carolin

Haroldo Conti

Nouvelles 196 p

 

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Des nouvelles absolument prodigieuses de Haroldo Conti, quelle beauté, quelle émotion, je ne m’en suis pas remis.

Les trois qui occupent la place centrale du recueil dans la partie « Hommages » sont des chefs d’œuvre : Les chemins, Célébrer sa mémoire, Tristesses de l’autre rive.

Les lectures de l’année.    

L’hiver du commissaire Ricciardi

Maurizio De Giovanni

267 p

Polar italien.

Le héros un peu passe-partout ne m’a pas spécialement intéressé, l’enquête ne dépassant pas une honnête moyenne, je ne me lancerai pas dans la série des aventures dudit commissaire.

L’obsession de l’espace

Ricardo Zelayaran

 

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J’ai découvert le poème La grande saline qui m’a laissé absolument pantelant dans le film argentin « Los delincuentes » de 2023.

Ce recueil le contient avec d’autres nouvelles, l’ensemble vaut le détour et -pour le poème entre autres-si vous pouvez, allez voir le film.

Janvier noir

Alan Parks

528 p.

Polar écossais – Glasgow, ambiance années 70 (1973 exactement)

J'ai lu la série dans l'ordre cet été, ça tient pas mal debout.

Sans trop spolier, étant donné ce qu'on voit et sait de la personnalité de l'inspecteur Mc Coy, on perçoit une nette tendance de sa part à se rapprocher de la marginalité (illégalité ?) au fil des histoires.

Son empathie pour les losers et les petites gens peuvent expliquer cela pour partie ; son parcours et ses origines aussi.

Le côté assez luxuriant de l'environnement décrit lors des premières enquêtes s'est un peu simplifié, dommage à mon sens, on y perd un peu en atmosphère ou en "réalisme". Son adjoint « Wattie » est très naïf et propre sur lui, ce qui donne un contraste intéressant. 

Mais l’'ensemble est plutôt pas mal et offre de très bons moments de lecture ! C’était idéal pour moi au moment où je l’ai lu.

L’enfant de février

Alan Parks

464 p.

Bobby Mars for ever

Alan Parks

416 p.

Les Morts d'avril

Alan Parks

448 p.

Joli Mois de mai

Alan Parks

432 p.

Mourir en juin

Alan Parks

380 p. 

àpour l’ensemble

Loch Noir

Peter May

370 p.

Bien des années plus tard, retour sur l’île de Lewis où l’on retrouve Fin MacLeod dont le fils est accusé de meurtre. J’avais tellement aimé la Trilogie de Lewis.

Une bonne grosse déception.

L'enquête

Juan Jose Saer

192 p.

Sous couvert d'une histoire policière qui met en scène un commissaire confronté à un serial killer de vieilles dames, Juan José Saer a construit un roman étourdissant où, finalement, la seule enquête consiste à savoir ce qui est réalité et ce qui ne l'est pas. Ou plutôt, consiste à savoir ce qu'il y aurait de réel dans la fiction et de fictionnel dans la réalité.

Pas franchement convaincu par cette intrigue racontée d’un côté, des discussions un peu oiseuses d’un autre côté sur un manuscrit racontant ladite intrigue, tout ça donne une construction qui embrouille pas mal et fait peu à peu perdre le fil et l’intérêt.

L’emboîtement est laborieux, un peu forcé finalement.

Pas emballé.

Le Verger

Harry Matthews

40 p

Après la mort de son ami Georges Perec, Matthews accablé écrit ce qui va constituer son « Je me souviens de Georges Perec ».

Magnifique d’émotion et d’affection.

Lent retour vers l’Auvergne

Yan Bassett

Ecrit par une de mes connaissances, un très beau récit en train. Evocateur et contemplatif, historique aussi, gorgé d’un beau questionnement sur l’évolution de notre monde, d’un modèle qui se substitue à un autre.

L’homme à l’affiche

Maria José Ferrada

150 p

 

 

Ramón vit dans un bidonville. Du jour au lendemain, il accepte de s`occuper d`un énorme panneau publicitaire en bord d`autoroute. Il décide d’en faire sa nouvelle maison, espérant saisir dans l`air le sens des choses. On le tient pour fou. Seuls sa compagne Paulina et son neveu Miguel lui rendent visite. 

Le narrateur du récit est Miguel, 11 ans, qui vit avec sa mère et sa tante (Paulina) qui est la compagne de ce fameux Ramon.

Une écriture « à plat », sans effets, dans laquelle il faut s’installer au début, un détachement feint bien sûr, qui peut désarçonner, et quelques traits d’humour, tissent un contexte extrêmement lourd (le bidonville, qu’on voit du panneau, la misère, la violence) où sortir de la norme est encore plus complexe finalement.

Etonnant, presque paradoxal.

L’aventure de Pierre Arabin

Tristan Bernard

22 p

Aux éditions Sirène de Cambrousse

Ce furent de menus achats au stand de la maison d’édition indépendante Ecrissures lors du festival Pirouésie du 27 juillet au 1er août.

Mathilde Vezon a lancé les Éditions Sirène de Cambrousse il y a deux ans. Elle propose des nouvelles tombées dans le domaine public, peu ou pas éditées, présentées au travers d'ouvrages entièrement réalisés à la main, avec des couvertures en linogravures, et dessins uniques. 

Un aperçu ?

 

Une idée lumineuse

Alphonse Allais

24 p

Wood’stown

Alphonse Daudet

22 p

A la ligne – feuillets d’usine

Joseph Ponthus

277 p

La forme utilise des vers libres, cela donne une cadence intéressante (on s’adapte vite) à un récit qui décrit le travail en usine. Attachant.

On n’engueule pas un océan

Kurt Tucholsky
276 pages
La Dernière Goutte 

 

à

 

Un jour, un milliardaire américain est victime d’un accident de voiture dans lequel il perd un œil. Il se fait donc fabriquer un œil de verre. Le jour où il revient à son bureau, il demande à son secrétaire : « Dites-moi un peu lequel des deux est en verre ! » Le secrétaire l’observe un instant et répond : « Le gauche. » — « Mille tonnerres ! s’exclame le milliardaire, comment avez-vous deviné ? » « Le gauche a une lueur d’humanité », répond le secrétaire.

Une chose est sûre avec Kurt Tucholsky : il n’aime pas l’eau tiède. Son humour est féroce, son ironie piquante et sa lucidité implacable, comme le montrent de manière éclatante ces textes tour à tour drôles, mordants, mélancoliques, et toujours profonds, écrits entre 1913 et 1932. Désespérément engagé, il ne peut que constater, impuissant, que les hommes ne cessent de faire les mauvais choix, ce qui inspira à Erich Kästner cette belle formule pour le décrire : « Un petit Berlinois grassouillet qui, muni d’une machine à écrire, voulait arrêter une catastrophe. »

Des textes très variés, plus ou moins longs, mais l’ensemble est roboratif.

Les sept divinités du bonheur

Keigi Higashino

304 p.

 

Deux bons polars japonais, un auteur que j’avais découvert il y a peu, qui trousse des récits millimétrés à la fois avec précision et suggestion, l’enquêteur a des méthodes un peu singulières dans son approche psychologique, c’est très bien fait. 

Le nouveau

Keigi Higashino

336 p.

L’œil de Goliath

Diego Muzzio

198 p

Une ambiance un peu gothique, des histoires de bateaux et de phares qui m’ont fait penser à Stevenson, un bon moment de lecture avec un journal de bord enchâssé dans le récit.

Pas mal du tout.

Les détectives sauvages

Roberto Bolano

944 p.

 

àààà

 

Un gros pavé, je m’aperçois que j’en ai lu quelques-uns cette année. Je connais déjà Bolano qui fait partie de mes favoris.

 

Celui-ci m’attendait depuis quelque temps, et je n’avais lu – je ne sais absolument pas pourquoi- que « Mexicains perdus à Mexico (1975) » la première des trois parties qui constituent le roman. Et que j’ai donc relue. Un régal.

Elle a la forme d’un journal, tenu par un jeune poète Juan Garcia Madero, qui à la fin de 1975 rencontre des « réal-viscéralistes » (Arturo Belano et Ulisses Lima), après quoi il abandonne ses études et les suit. Cette partie m’a happée, elle a des côtés exaltants incroyables.

La deuxième partie donne son nom à l’ouvrage « Les détectives sauvages (1976-1996).

La seconde partie, beaucoup plus longue, est chorale, on y trouve ou retrouve toutes les voix ayant connu Belano et Lima, on y parle d’eux mais ils n’apparaissent jamais. C’est aussi un voyage qui couvre Amérique, Europe et Afrique.

Les vies décrites sont souvent délicates, difficiles, il y a un souffle impressionnant dans cette partie qui doit avoisiner les 700 pages.

En dernière partie, titrée Les déserts du Sonora, courte,  

on retrouve le journal de Madero et il est relaté qu’ils finissent par trouver celle qu’ils cherchent depuis longtemps, une énigme, la mystérieuse Cesárea Tinajero dont une seule œuvre est connue.

 

Foisonnant au point qu’il est vain d’entrer dans les détails, cet opus se lit incroyablement bien, il y a une vitalité, une qualité de narration et d’écriture impressionnantes qui ne peuvent qu’emporter et transporter le lecteur. Car Bolano, formidable conteur, nous parle émotions et sentiments, d’illusions et d’espoirs, sans aucun pathos.

Un voyage est d’une richesse infinie. C’est magnifique.

Caledonian road

Andrew O’Hagan

650 p.

Une plongée dans la société londonienne d’après Covid, people, drogues, alcool

La chronique dans le « Matricule des Anges » me semblait prometteuse mais je me suis rapidement mordu les doigts,

Apparences, le chic et le toc, l’imposture n’en parlons pas, l’hypocrisie pas mieux, …

J’ai très vite ressenti de la difficulté dans la lecture, le tableau brossé ne m’intéressant absolument pas, son traitement non plus, une multitude de personnages auxquels il a été impossible pour moi de m’attacher, et j’ai donc peiné à aller au bout, ce que j’ai fait, aux aguets d’un éventuel rebondissement ou retournement qui emporte le morceau, mais non, hélas non, je suis resté submergé par ce trop-plein de vide qui s’est vraiment éternisé. Une très grosse déception

Collection Perec

Numéros 11 12 et 13

 

à

 

On ne sait jamais trop à quoi s’attendre avec cette collection, et c’est pour moi le signe d’un pari original réussi. Les 10 premiers numéros étaient déjà très variés, les trois suivants ne dérogent pas.

 

1.Les oeuvres de Georges Perec obéissent à des recherches formelles touchant à la disposition réglée de leurs lettres. C’est à cette variété de textes graphiquement contraints que se confrontent les brodeuses de Perecofil. Représentant chaque lettre de l’alphabet par un carré brodé au point de croix avec un fil de couleur spécifique, elles font surgir de leurs toiles les architectures secrètes des écrits de l’homme de lettres. En vingt-six mots et autant de broderies, Perecofil propose ici une nouvelle lecture de l’univers de Perec.

> tisser les contraintes, trop fort !

 

*2Entre Georges Perec et son incontournable exégète, Bernard Magné, y aurait-il des connivences secrètes ? En cinquante fragments à la fois vifs, graves et sensibles, Corinne Dupuy, qui a partagé la vie du chercheur, propose le portrait croisé de deux fils souffrants. Depuis sa place de femme d’aujourd’hui et dans l’angle mort où l’a plongée la silencieuse relation entre les deux hommes, elle les observe, aussi puissants que fragiles, emmurant leurs douloureuses émotions dans le contrôle et la contrainte. Leurs vies mode d’emploi ?

>Un numéro 12 fort attachant, très sensible. 

 

3. Éric Pessan s'est ici emparé d'un manuscrit de George Perec ayant pour titre « Les Errants ». Il serait le premier projet d'écriture de Georges Perec, que celui-ci a malheureusement détruit. Seule la première phrase est restée « Demain je serai mort », ainsi que des bribes du récit, dont il aurait parlé ailleurs. Il aurait voulu en effet raconter l'histoire de quatre musiciens de jazz, blancs, parcourant le monde et finissant leur vie au Guatemala.

>Une réussite bourrée de clins d’œil malicieux.

Un chien au milieu du chemin

Isabela Figueiredo

312 p.

 

à

 

Au Portugal, aujourd’hui.

Deux personnages José et Beatriz. Ils vivent seuls. Une circonstance presque banale va les réunir et ils vont progressivement se lier, chacun va découvrir les secrets de l’autre.

La construction est lente et méticuleuse, mais si l’on accepte de laisser le temps au temps, un peu comme si l’on flânait, on se fait happer lentement, sûrement, intrigué par les deux personnages et ce fameux chien... Je n’en dis pas plus. 

La Malédiction des Tamamura

Edogawa Ranpo

328 p.

 

à

 

Ambiance un rien désuète dans ce policier japonais des années 30 écrit par un des maîtres japonais du feuilleton. On en retrouve les codes et les caractéristiques, chapitres nombreux mais assez courts, rebondissements à foison, adresse au lecteur régulièrement, on fait des rapprochements bien sûr avec les romans des auteurs français et même les feuilletons cinématographiques, les sérials de l’époque du muet. En résumé une lecture agréable et rafraichissante. Une curiosité.  

 



àà

520 p.

J’ai passé un bon moment avec cette bio extrêmement bien documentée d’un artiste que je suis indéfectiblement depuis 1979. Cette lecture a complété pas mal de choses, m’en a éclairé d’autres et a confirmé de mon point de vue que je suis très chanceux -et heureux- d’avoir croisé sa musique et d’être tombé dedans.

4e de couverture:

Peter Hammill is one of music’s most daring and original artists. As leader of the legendary avant-rock band Van der Graaf Generator, and creator of an eclectic and formidable solo discography, Hammill has innovated tirelessly and written some of rock’s most profoundly moving songs – both emotionally and intellectually. 

In the 1970s, Van der Graaf Generator were infamous for their visceral, chaotic live shows and the uncompromising power of albums such as Pawn Hearts and Godbluff. And as a solo artist, Hammill’s fearless explorations of the human condition have inspired generations of musicians and listeners alike, with fans including David Bowie, John Lydon and Mark E. Smith. 

Rock and Role traces Hammill’s remarkable career, providing a critical appreciation of his songs, investigating the ideas behind them, and creating a portrait of Hammill as both artist and man. Drawing on new interviews with key collaborators and contemporaries, and illustrated with many rare and previously unseen photographs, Rock and Role affirms Hammill’s unique position as a musical pioneer and lyrical iconoclast. 

Moo Park

Gabriel Josipovici

230 p.

à

Au cours de leurs marches incessantes à travers parcs et rues de Londres, Jack Toledano raconte à son ami Damien Anderson qu'il travaille depuis des années sur Moo Pak, magnum opus perpétuellement inachevé… Ce roman est fort surprenant dans sa forme, son contenu est foisonnant, et à un moment intrigant, son thème central est le langage lui-même, symboliquement exprimé au travers de Moor Park, manoir qui au fil du temps a abrité Jonathan Swift, un asile d'aliénés, un centre de décodage durant la Deuxième Guerre mondiale, un institut dédié à l'étude du langage chez les primates et, pour finir, une école où un jeune illettré s'efforce d'écrire « l'istoir de Moo Pak ».
Monologue d'un seul paragraphe, ce qui permet paradoxalement des pauses, Moo Pak passe en revue les thèmes qui ont préoccupé Gabriel Josipovici ces vingt-cinq dernières années. Un livre conduit avec brio, légèreté et fluidité.

(Rédigé d’après la 4e de couverture, que je vous conseille d’éviter , je l’ai remaniée car elle gâche un peu, à mon sens, et c’est fort dommage).

Ultime lecture de 2025, terminée le 31.12 à 18h20.

 

 

 

2 commentaires:

  1. Eh bien, je n'ai lu aucun des livres que vous citez ! Je retiens "la ballade du peuplier carolin" de Haroldo Conti. Je vais l’acheter dès demain à la librairie, ou le commander. Par les temps qui courent, les « bonnes » nouvelles sont rares 😊

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  2. Merci de votre confiance Ghislaine !
    Il faudra vraisemblablement le commander, ce que j'ai fait par le réseau des Libraires Indépendantes -des Pays de Loire, c'est chez moi !!!-
    Et en sachant que l'éditeur en France est ici : https://www.ladernieregoutte.fr/
    (Présent aussi sur les réseaux sociaux).
    A bientôt

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