J'ai réussi pile poil en fin d'année 2025 à boucler la traditionnelle liste des lectures de l'année, je n'ai pas réussi à me tenir à un découpage en trois temps tous les quatre mois, plus digeste, et en fait je republie ici l'ensemble, même si les quatre premiers mois l'avaient été auparavant.
Je réfléchis à un système remanié et plus approprié l'an prochain !
J'ai conservé mon petit système d'étoiles de 1 à 3, sauf 4 quand c'est exceptionnel.
Je retiens de très grandes lectures cette année, une année assez sud-américaine et vous trouverez dans la liste, une magnifique découverte, celle de l'argentin Haroldo Conti (2 titres : Mascaró, le chasseur des Amériques et La ballade du peuplier carolin, magnifique recueil de nouvelles) et l'auteur chilien, déjà bien connu et apprécié ici, Roberto Bolaño (Les détectives sauvages) monumental, mais aussi Goran Petrovic - infiniment poétique- avec "69 tiroirs".
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LECTURES 2025 |
Janvier
– février – mars – avril |
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Underworld USA James Ellroy Poche 915 pages
à
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Dernier
volet de la trilogie, j’avais lu l’an dernier en format poche American
Tabloid puis American Death trip deux pavés de 800 et 950
pages, le dernier étant à 920. Un
peu d’usure de ma part, un peu moins réussi peut-être, et surtout véritable
brûlot de haine, le dernier tome reste cependant dans la lignée, très dense,
avec une écriture coup de poing au cordeau. Tout se croise, les fils sont
nombreux et c’est aux environs de 700 pages que je me suis mis à apprécier
-enfin- le rythme car les derniers chapitres où tout s’emballe et se dénoue
sont … emballants ! La
trilogie c’est une somme, une fresque incroyable qui couvre en tout quinze
ans (1958-63, puis 63-68 et enfin 68-72). Souvent glauque, pas de dentelle,
noir c’est noir. |
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La lune est blanche Emmanuel et François Lepage BD 256 pages
à
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Expédition
au pôle sud. L’Antarctique, extrêmement hostile, y est un personnage à part
entière. Très bien documenté, le récit de l’expédition (un rêve pour les deux
frères Lepage) est prenant, un incroyable moment de rencontres et de partage
avec des personnalités variées, tous des scientifiques en mission. Humain.
Excellent. |
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Cache-cache bâton BD Emmanuel Lepage 300 p
àà
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L’auteur
a vécu dans une communauté étant enfant à partir de 5 ans jusqu’à 9 ans. Il
raconte. Va voir les membres fondateurs. Instructif. Humain. La
bd est un magnifique témoignage qui réserve des surprises, la mouvance du
catholicisme social, par exemple m’était étrangère ou presque. Quelques
familles, militantes, passent de la théorie à l’action, en faisant vivre au
mieux leurs convictions. On découvre aussi l’action d’un prêtre engagé et
charismatique. L’auteur rencontre en fait tout le monde, parents, amis, et
découvre sur quoi tout cela était fondé et comment cela a pris fin. |
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Elizabeth
Finch Julian
Barnes 250 p |
Alors qu'il est entre deux mariages, et aspire à
devenir comédien, Neil, notre narrateur, a un professeur : Elizabeth Finch
(E.F), une « femme si gracieuse et posée », « une lueur radieuse dans (s)a
vie ». « Elle se tenait devant nous,
sans notes, livres, ni trac ». Un
livre qui démarre bien, centré sur la relation entre Neil et EF, illustrée
par des extraits de cours, des échanges, et puis « faux espoir » –
Elizabeth Finch, morte lui a légué ses carnets- on se retrouve dans la vie et
la pensée de Julien l'apostat, sujets étudiés par la professeure. Un
sujet qui tout honorable qu’il soit ne m’intéresse absolument pas, et ce
n’est pas le mode de narration qui m’en a rapproché. Bref,
une ambiance pavé crypto-universitaire, touffu, plein de références
difficiles à maîtriser, ce qui m’a lentement et sûrement coupé du roman. |
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Eden Audur Ava Olafsdottir Roman 224 p |
Alba, linguiste islandaise spécialisée dans les langues
locales en voie de disparition, décide d'un retour à la campagne.
Culpabilisée par son empreinte carbone, elle s'engage à planter 5600 arbres
dans son nouveau coin de terre. C'est son installation d'ex-urbaine dans un
nouveau milieu que nous allons suivre pas à pas ainsi que ses relations avec
ses voisins ruraux et un jeune migrant qu'elle accueille, tout en restant
très proche de son père, très présent dans ce changement de vie. La
narratrice nous conte volontiers par le menu ses pensées et ses actions, cela
passe de façon assez fluide et relâchée du coq à l’âne, il y a parfois
quelques pauses purement linguistiques sur la langue islandaise qui nous
éclairent sur cette culture, forcément. Le
tout baigne dans un optimisme à la fois surprenant et un peu déconnecté, ce
qui est peu un comble quant aux problèmes complexes (climatiques,
migratoires) qui sont abordés ou plutôt évoqués. Un
ensemble agréable à lire mais sans grand relief et loin d’être convaincant,
qui souffre en partie de ma lecture précédente d’Olafsdottir « Or »
absolument magnifique. J’aurais peut-être dû m’en tenir là ! |
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Matin brun Franck PAvloff Très courte nouvelle
à
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Une
courte nouvelle, les temps qui courent, le totalitarisme et les chemins
détournés qu’il emprunte pour s’exercer, en manipulant et en anesthésiant. Est-ce
que cela vous rappelle quelque chose, de loin comme de près ? |
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Bristol Jean Echenoz 200p
à
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Bristol, Robert Bristol, est un metteur en scène
malchanceux qui, à la demande de la riche romancière à l'origine du scénario,
doit prendre une jeune femme comme actrice principale, jeune femme qui
s'avère inadaptée au rôle et fait couler le film... Etonnant
bal des perdants, le cinéaste est vraiment limité, le roman adapté est d’une
faiblesse insigne, le tournage en Afrique est une épopée où rien ne marche,
une cascade en avion en étant le point d’orgue… Bref l’intrigue est un joli
prétexte pour Echenoz de s’amuser et nous amuser, le cocasse côtoie
l’inattendu et l’absurde, les situations les plus improbables s’empilent dans
un délire foutraque servi par une écriture plus que jamais au cordeau. Un
dérèglement général pince-sans-rire qui retombera malgré tout, encore une
surprise, sur ses pieds. Donc,
le pied. |
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Le collectionneur d’oreilles Esteban Bedoya Roman 190 p
à
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La
Paraguay entre traditions et peuples d’origine, les indiens, et la
bourgeoisie qui s’accommode si bien des nazis pseudos-repentis et cachés. C’est
cinglant. |
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Soixante-neuf tiroirs Goran Petrovic Roman 365 p
ààà
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Les
pioches sont bonnes ces derniers temps et j’ai été littéralement enchanté par
ce roman admirablement conté qui nous emmène dans des espaces oniriques et un
peu étranges où la réalité et la littérature ont des limites fort difficiles
à cerner. Le pouvoir de suggestion et d’évocation de la lecture permet des
rapprochements inattendus, inouïs lorsque deux personnes lisent le même
livre, celui-ci devenant même un lieu de rendez-vous. Magnifique. |
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Cherokee Jean Echenoz 250 p
à
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Georges Chave, né à Ivry-sur-Seine le jour de la
bataille d'Okinawa, est domicilié à Paris dans le 11e arrondissement. Il vit
de peu, meuble son existence d'une activité de bars, de cinémas, de voyages
en banlieue, de sommeils imprévus, d'aventures provisoires ; écoute souvent
des disques américains. L'un de ces disques lui manque, une version rare de
Cherokee, qu'on lui a dérobé il y a dix ans. Tout cela n'est rien, mais il
s'en contente jusqu'à ce que Véronique surgisse dans sa vie. Dès lors,
Georges s'agite un peu. La
trame de cette histoire est passablement embrouillée, l’écriture d’Echenoz
encore et toujours est absolument lumineuse, certaines descriptions de Paris
et ses environs valent vraiment le détour et on ne manquera pas d’apprécier
une ode décalée aux moyens de transport, nombreux et variés qui jalonnent les
aventures des personnages. Pas
extraordinaire mais on passe un bon moment. |
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Les enfants disparaissent Gabriel Banez 190 p
àà
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Vieil horloger paralytique, Macias Möll a deux passions
: réparer des montres et dévaler la pente de la petite place sur son fauteuil
roulant avec l’objectif d’améliorer son chronomètre. Or, après chaque nouveau
record, des parents signalent la disparition d'enfants. Les autorités ne
tardent pas à s’intéresser à cet étrange phénomène qui projette, bien malgré
lui, le discret horloger sur le devant de la scène.
Enigme
policière, Je pourrais même dire fausse énigme policière, qui nous emmène du
côté de la perception de la réalité. Beaucoup d’images, de symboles,
l’horloger est un possible paria, et il y a la fuite du temps et la perte de
l’innocence, on ne peut mieux résumée dans les pensées du commissaire :
le temps est une équation et un désir. Très
belle ambiance. Etrange, rêveuse, et aussi malaisante, car l’Argentine
malheureusement a une histoire dramatiquement chargée… |
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Le petit verre de ces dames Alfredo Bryce Echenique Nouvelles 200 p |
Outre
la nouvelle qui donne le titre au recueil, j’ai lu « Les grands hommes
sont comme ci. Et aussi comme ça. » Vraiment
foutraque. |
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Petits travaux pour un palais Laszlo Krasznahorkai 108 p |
Un
livre court qui ne contient qu’une phrase, selon le système du « flot de
conscience », c’est souvent heurté dans la lecture, je me suis accroché
car la difficulté entre les interruptions c’est de reprendre le fil, et
malgré cela, j’avais « deviné » la chute. Pas
totalement convaincant pourtant, au bout du compte. |
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Mascaró, le chasseur des Amériques, Haroldo Conti
ààà
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Magnifique.
Lorsqu’il décide de quitter son modeste village de
pêcheurs, Oreste ne se doute pas encore que sa vie est sur le point de suivre
un nouveau cours. Car le destin met bientôt sur sa route Mascaró, cavalier
noir porteur de messages mystérieux, ainsi que le Prince Patagon, artiste
majestueux, exubérant, solaire. Et quand le Prince prend Oreste sous son aile
et lui propose de racheter un vieux cirque miteux pour fonder le Grand Cirque
de l’Arche, la magie opère : dans les bourgades misérables qu’il traverse, le
cirque présente des spectacles grandioses et fait souffler un vent de
fantaisie et de joie. Grâce à la petite troupe de vagabonds célestes qui le
compose, un émerveillement libérateur allume des étoiles dans les yeux des
spectateurs et fait renaître l’espoir. Jusqu’au jour où ce cirque subversif
finit par attirer l’attention des autorités. Avec
ce roman lumineux, Haroldo Conti célèbre l’amour de la vie et l’art qui
réenchante le monde, la liberté, la fantaisie, et nous rappelle qu’aucun
pouvoir, aussi absurde et répressif soit-il, n’empêchera jamais les hommes de
rêver de liberté. Un
très beau roman, inventif, intense et plein de grâce. |
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Manuel de la parfaite crapule Rafael de Santa Ana à
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Un
régal, fruité et picaresque, qui réjouira la apprentis aigrefins. Le livre se
veut un guide, véritablement, avec des conseils. Une
belle acidité complètement amorale. Pince-sans-rire,
réjouissant et fûté. |
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Lac Jean Echenoz 190 p
à
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J’ai
lu dans ce pseudo roman d'espionnage réjouissant les aventures de Franck
Chopin, agent secret doté d’une couverture plus qu’incertaine à savoir
entomologiste spécialisé dans l'étude des mouches qu’il équipe de micros pour
espionner. Rien que ça déjà… ! La
galerie de personnages n’est pas triste, l’ensemble – genre oblige- reste
mystérieux, opaque, énigmatique. Loufoque
et ironique souvent, mais avec un grand sérieux, ce qui souligne le côté
foncièrement désenchanté. |
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Paco les mains rouges BD 2 tomes Fabien
Vehlman-Eric Sagot
à
Merci Paula. |
Ancien instituteur, Paco les Mains rouges, surnommé
ainsi parce qu'il a commis un crime de sang, a été envoyé au bagne en Guyane.
Sur place, il doit affronter la réalité d'un monde carcéral où règne la loi
du plus fort, où il est question de survie à chaque instant, et tout cela
sans avoir le moindre espoir de sortir libre... Un récit marquant et
bouleversant.
La
Guyane, le bagne, l’enfer sur terre. Un récit prenant, je n’ai pas décroché
quand j’ai empoigné l’ouvrage. Système
organisé dans le système pou non pas survivre, mais pour ne pas mourir trop
vite… Trafics, violences, l’inhumanité et la cruauté comme seuls moyens de
rester tristement vivant. Etouffant. |
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Le dernier atlas T1 T2 T3 232, 232 et 256 p.
(Vehlmann, Tanquerelle, De Bonneval, Blanchard)
à
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BD
ou roman graphique, avec un quatuor nantais à la baguette ! Un excellent
mélange SF Uchronie et politique comme un cocktail…molotov qui nous pète à la
gueule. Du
rythme, c’est haletant et intense. Des
robots géants, les Atlas, ont contribué à bâtir des villes entières avant
d'être soudainement mis à la casse. La raison de ce revirement n'est pas très
claire… Je n’en révèlerai pas davantage. Ce
qui est vraiment bien vu dans le scénario c’est le décalage dans le temps de
certains événements historiques (ex : Guerre d’Algérie) les choses nous
sont donc familières (on a des repères, comme une boussole qui indiquerait le
nord-est) mais elles sont faussées, elles sont réutilisées ou revisitées dans
la fiction, ce qui amène une belle étrangeté dans l’histoire. De là à nous
questionner sur la masse d’informations au quotidien dans le monde où nous
sommes plongés… La réversibilité de la proposition est piquante. Une
réussite. |
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Les braves gens ne courent pas les rues Nouvelles 288 p. Flannery O’Connor
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Jamais
lue jusqu’ici. Dix nouvelles, variées, certaines vraiment courtes.
Globalement c’est assez daté, ça se passe après la 2e guerre
mondiale aux USA dans les états du Sud. Il y a deux tendances, certains
récits sont assez improbables, on se demande un peu quoi faire avec. Et peu à
peu, on est apprivoisé, c’est l’autre tendance, on devient plus familier du
style et de la description d’une ruralité brute si ce n’est brutale, plutôt
triste et marquée par la bêtise, l’intolérance, notamment. Ces
nouvelles, pas inoubliables de mon point de vue, dégagent toutefois une
curieuse ambiance d’inconfort avec une propension à gratter qui n’est pas
négligeable. |
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Lectures de Mai à décembre 2025 |
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Mon nom est personne Alexander Moritz Frey 352 p
àà
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Les éditions « La dernière
goutte », une très bonne pioche pour moi, m’ont permis de fort belles
découvertes. Dont celle-ci. Un mystérieux inconnu, qui se fait appeler
Solneman, se présente un beau matin devant le bourgmestre d’une petite ville
et lui propose d’acheter, pour une somme fabuleuse, le parc municipal. Il
pose toutefois une condition : ne voulant être dérangé par personne et
souhaitant vivre à l’abri des regards, il fera construire tout autour du parc
une immense muraille de trente mètres de haut. Ceci posé, les conditions sont réunies chez
les habitants de la petite ville pour que la curiosité, les rumeurs
malsaines, les médisances et les tentatives d’intrusion pour en avoir le cœur
net s’organisent. Roman écrit en 1914, la bêtise collective
est décrite avec une ironie d’orfèvre, un humour vraiment vache, telle une
fable qui calme les envieux, se moque du conformisme et vante la différence. Un très bon moment de lecture. |
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Le syndrome de l’Orangerie Grégoire Bouillier 432 p |
En se rendant au musée de l'Orangerie,
voici que, devant Les Nymphéas de Monet, l'auteur est pris d'une crise
d'angoisse. Contre toute attente, les Grands Panneaux déclenchent chez lui un
vrai malaise. Sans doute l'art doit-il autant à l'artiste qu'au « regardeur »
- mais encore ? (…) Grégoire Bouillier décide d'en avoir le cœur net. Les
Nymphéas de Monet cacheraient-ils un sombre secret ? Monet y aurait-il
enterré quelque chose ou même quelqu'un ? Et pourquoi des nymphéas, d'abord ?
Pourquoi Monet peignit-il les fleurs de son jardin jusqu'à l'obsession - au
bas mot quatre cents fois pendant trente ans ?
Quelque temps après « Le Cœur ne cède
pas » qui fut ma dernière lecture de l’année 2024, je me suis fait
prêter le dernier roman de Grégoire Bouillier avec qui j ‘étais resté en très
bons termes, tout bonnement parce que cette lecture m’avait réellement
enthousiasmé !
Je dois dire d’emblée qu’on est loin du
compte cette fois-ci. L’exercice d’équilibriste que constituait « Le
Cœur ne cède pas » ne fonctionne pas ici pour moi. Monet, les nymphéas, maintes digressions,
des hypothèses jusqu’à la nausée, des mises en lien souvent au forceps, tout
cela m’a paru « forcé » et tout ce qui faisait l’intérêt et
l’originalité du précédent roman s’est envolé. Lourd. Désagréable sensation que ça tire à la
ligne, dans un roman pourtant deux fois plus court (450 au lieu de 900
pages). Dommage, les questions soulevées en 4e de couverture
semblaient engageantes.
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Les amnésiques n’ont rien vécu
d’inoubliable Hervé Le Tellier Réédition 2017 220 p |
Une relecture quelques années après. Une version révisée. J’en avais gardé un meilleur souvenir. |
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La droitisation française Mythe et réalité Vincent Tiberj 340 p
à
Merci Fabien ! |
La France deviendrait conservatrice. C'est
une évidence pour beaucoup d'intellectuels et de journalistes, et les
résultats électoraux semblent leur donner raison. Pourtant ce n'est pas la
thèse de ce livre. Les citoyens français sont devenus beaucoup plus ouverts
et progressistes qu'il n'y paraît. Face à cette situation paradoxale, Vincent
Tiberj analyse comment offre politique et citoyens divergent. Il pointe
l'importance de la manière dont on parle des inégalités sociales et des
questions de société « en haut », qui vont à rebours des préoccupations d'«
en bas ». Il met en avant la grande démission citoyenne face aux partis, aux
candidats : avec ce silence électoral grandissant, les voix des urnes sont de
moins en moins représentatives. La droitisation est un mythe, mais comme tous
les mythes il pourrait bien avoir des lourdes conséquences sur les équilibres
politiques et l'avenir des Français. Lecture intéressante au regard des
dernières années et des derniers scrutins. Un essai qui permet pour moi de
mettre le doigt sur des « impressions personnelles » en les
formalisant clairement. N’attendez pas de « solutions », l’analyse
pointe plutôt les points de vigilance. L’état actuel des médias n’est pas une
surprise. L’opposition social/sociétal non plus. Les chapitres sur la
démission et la fluctuation de la participation aux scrutions -selon une
approche générationnelle- font partie des motifs d’inquiétude, pas moins. |
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Leçons Ian McEwan Poche 656 p |
Roman ambitieux au souffle impressionnant,
« Leçons » raconte la grande épopée d’une vie faite de rêves
abîmés. L’intime se mêle ici magistralement à la grande Histoire, dépeinte
brillamment par Ian McEwan qui nous offre un antihéros au charme irrésistible
et une réflexion passionnante sur la vocation artistique.
J’aime bien Ian McEwan, j’y reviens
régulièrement, même si je suis loin d’avoir lu toute son œuvre. Celui-ci m’a paru inégal, peut-être un peu
long, le questionnement transversal étant celui des choix, de ce qui nous
mène, ce qu’on nous impose ou pas, l’environnement, les marges de manœuvre,
la liberté de choix, etc. J’attendais sans doute un peu plus de
« personnalité » dans tout ceci, en me disant avoir déjà lu ce
genre de choses. Entre la grande histoire et l’histoire personnelle, il m’a
semblé qu’un Jonathan Coe par exemple est plus à son affaire. Un McEwan mineur pour moi dans
l’appréciation. |
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Place saint Sulpice 18 et 19 octobre 1974 Pierre Getler 53 p |
Numéro 8 de la collection « Dire son
Perec » l’œil ébloui éditeur Résumé |
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Le chasseur d’histoires Eduardo Galeano 240 p
àà
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Chez moi, Galeano est chez lui. J’avais
peut-être parlé du recueil « Les voix du temps » ? Ici, des histoires qu’il nous raconte on
n’anticipe quasiment jamais la fin ou la chute, et cela fait partie du grand plaisir
qu’on a à se laisser embarquer par l’auteur. Très varié, plutôt sur des formats courts,
le recueil nous propose des pensées, des avis sur de petites tranches
d'histoires, des regards sur le monde, des opinions politiques, sociales, des
récits et des anecdotes, et même des légendes ! La place est belle vous le devinez pour la
mémoire, la morale et le sens de la vie qui nous permettent aussi de mieux
approcher la culture sud-américaine en particulier. A picorer, absolument. Un plaisir. |
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L’éternité comme un jeu de taquin Sophie Coiffier
à
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Numéro 9 de la collection « Dire son
Perec » l’œil ébloui éditeur Résumé |
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Cahiers de l’Herne - revue Jean Echenoz 240 p Annie Ernaux 320 p
à
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Ces cahiers ont d’une certaine manière une somme, variant les angles, les points de vue, les contributions, et proposant même parfois des textes inédits des auteurs. Un régal sur deux auteurs que j’apprécie. |
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Le timbre à un franc Jean-Louis Bailly
à
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Numéro 10 de la collection « Dire son
Perec » l’œil ébloui éditeur Résumé |
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7m2 Jussi Adler Olsen
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Polar danois, j’ai lu la série, donc j’ai
continué. Hyper confortable, à défaut d’être
emballant. |
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La ballade du peuplier carolin Haroldo Conti Nouvelles 196 p
àààà
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Des nouvelles absolument prodigieuses de
Haroldo Conti, quelle beauté, quelle émotion, je ne m’en suis pas remis. Les trois qui occupent la place centrale du
recueil dans la partie « Hommages » sont des chefs d’œuvre :
Les chemins, Célébrer sa mémoire, Tristesses de l’autre rive. Les lectures de l’année. |
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L’hiver du commissaire Ricciardi Maurizio De Giovanni 267 p |
Polar italien. Le héros un peu passe-partout ne m’a pas
spécialement intéressé, l’enquête ne dépassant pas une honnête moyenne, je ne me lancerai
pas dans la série des aventures dudit commissaire. |
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L’obsession de l’espace Ricardo Zelayaran
àà
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J’ai découvert le poème La grande saline
qui m’a laissé absolument pantelant dans le film argentin « Los
delincuentes » de 2023. Ce recueil le contient avec d’autres
nouvelles, l’ensemble vaut le détour et -pour le poème entre autres-si vous
pouvez, allez voir le film. |
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Janvier noir Alan Parks 528 p. |
Polar écossais – Glasgow, ambiance années
70 (1973 exactement) J'ai lu la série dans l'ordre cet été, ça
tient pas mal debout. Sans trop spolier, étant donné ce qu'on
voit et sait de la personnalité de l'inspecteur Mc Coy, on perçoit une nette
tendance de sa part à se rapprocher de la marginalité (illégalité ?) au fil
des histoires. Son empathie pour les losers et les petites
gens peuvent expliquer cela pour partie ; son parcours et ses origines
aussi. Le côté assez luxuriant de l'environnement
décrit lors des premières enquêtes s'est un peu simplifié, dommage à mon
sens, on y perd un peu en atmosphère ou en "réalisme". Son adjoint
« Wattie » est très naïf et propre sur lui, ce qui donne un
contraste intéressant. Mais l’'ensemble est plutôt pas mal et
offre de très bons moments de lecture ! C’était idéal pour moi au moment où
je l’ai lu. |
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L’enfant de février Alan Parks 464 p. |
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Bobby Mars for ever Alan Parks 416 p. |
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Les Morts d'avril Alan Parks 448 p. |
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Joli Mois de mai Alan Parks 432 p. |
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Mourir en juin Alan Parks 380 p.
àpour l’ensemble |
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Loch Noir Peter May 370 p. |
Bien des années plus tard, retour sur l’île
de Lewis où l’on retrouve Fin MacLeod dont le fils est accusé de meurtre.
J’avais tellement aimé la Trilogie de Lewis. Une bonne grosse déception. |
|
L'enquête Juan Jose Saer 192 p. |
Sous couvert d'une histoire policière qui
met en scène un commissaire confronté à un serial killer de vieilles dames,
Juan José Saer a construit un roman étourdissant où, finalement, la seule
enquête consiste à savoir ce qui est réalité et ce qui ne l'est pas. Ou
plutôt, consiste à savoir ce qu'il y aurait de réel dans la fiction et de
fictionnel dans la réalité. Pas franchement convaincu par cette
intrigue racontée d’un côté, des discussions un peu oiseuses d’un autre côté
sur un manuscrit racontant ladite intrigue, tout ça donne une construction
qui embrouille pas mal et fait peu à peu perdre le fil et l’intérêt. L’emboîtement est laborieux, un peu forcé
finalement. Pas emballé. |
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Le Verger Harry Matthews 40 p |
Après la mort de son ami Georges Perec,
Matthews accablé écrit ce qui va constituer son « Je me souviens de
Georges Perec ». Magnifique d’émotion et d’affection. |
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Lent retour vers l’Auvergne Yan Bassett |
Ecrit par une de mes connaissances, un très
beau récit en train. Evocateur et contemplatif, historique aussi, gorgé d’un beau
questionnement sur l’évolution de notre monde, d’un modèle qui se substitue à
un autre. |
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L’homme à l’affiche Maria José Ferrada 150 p
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Ramón vit dans un bidonville. Du jour au
lendemain, il accepte de s`occuper d`un énorme panneau publicitaire en bord
d`autoroute. Il décide d’en faire sa nouvelle maison, espérant saisir dans
l`air le sens des choses. On le tient pour fou. Seuls sa compagne Paulina et
son neveu Miguel lui rendent visite. Le narrateur du récit est Miguel, 11 ans,
qui vit avec sa mère et sa tante (Paulina) qui est la compagne de ce fameux
Ramon. Une écriture « à plat »,
sans effets, dans laquelle il faut s’installer au début, un détachement feint
bien sûr, qui peut désarçonner, et quelques traits d’humour, tissent un
contexte extrêmement lourd (le bidonville, qu’on voit du panneau, la misère,
la violence) où sortir de la norme est encore plus complexe finalement. Etonnant, presque paradoxal. |
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L’aventure de Pierre Arabin Tristan Bernard 22 p |
Aux éditions Sirène de Cambrousse Ce furent de menus achats au stand de la
maison d’édition indépendante Ecrissures lors du festival Pirouésie du 27
juillet au 1er août. Mathilde Vezon a lancé les Éditions Sirène
de Cambrousse il y a deux ans. Elle propose des nouvelles tombées dans le
domaine public, peu ou pas éditées, présentées au travers d'ouvrages
entièrement réalisés à la main, avec des couvertures en linogravures, et
dessins uniques. Un aperçu ?
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Une idée lumineuse Alphonse Allais 24 p |
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Wood’stown Alphonse Daudet 22 p |
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A la ligne – feuillets d’usine Joseph Ponthus 277 p |
La forme utilise des vers libres, cela
donne une cadence intéressante (on s’adapte vite) à un récit qui décrit le
travail en usine. Attachant. |
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On n’engueule pas un océan Kurt Tucholsky
à
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Un jour, un milliardaire américain est
victime d’un accident de voiture dans lequel il perd un œil. Il se fait donc
fabriquer un œil de verre. Le jour où il revient à son bureau, il demande à
son secrétaire : « Dites-moi un peu lequel des deux est en verre ! » Le
secrétaire l’observe un instant et répond : « Le gauche. » — « Mille
tonnerres ! s’exclame le milliardaire, comment avez-vous deviné ? » « Le
gauche a une lueur d’humanité », répond le secrétaire. Une chose est sûre avec Kurt Tucholsky : il
n’aime pas l’eau tiède. Son humour est féroce, son ironie piquante et sa
lucidité implacable, comme le montrent de manière éclatante ces textes tour à
tour drôles, mordants, mélancoliques, et toujours profonds, écrits entre 1913
et 1932. Désespérément engagé, il ne peut que constater, impuissant, que les
hommes ne cessent de faire les mauvais choix, ce qui inspira à Erich Kästner
cette belle formule pour le décrire : « Un petit Berlinois grassouillet qui,
muni d’une machine à écrire, voulait arrêter une catastrophe. » Des textes très variés, plus ou moins
longs, mais l’ensemble est roboratif. |
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Les sept divinités du bonheur Keigi Higashino 304 p. |
Deux bons polars japonais, un auteur que
j’avais découvert il y a peu, qui trousse des récits millimétrés à la fois
avec précision et suggestion, l’enquêteur a des méthodes un peu singulières dans son
approche psychologique, c’est très bien fait.
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Le nouveau Keigi Higashino 336 p. |
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L’œil de Goliath Diego Muzzio 198 p |
Une ambiance un peu gothique, des histoires
de bateaux et de phares qui m’ont fait penser à Stevenson, un bon moment de
lecture avec un journal de bord enchâssé dans le récit. Pas mal du tout. |
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Les détectives sauvages Roberto Bolano 944 p.
àààà
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Un gros pavé, je m’aperçois que j’en ai lu
quelques-uns cette année. Je connais déjà Bolano qui fait partie de mes
favoris.
Celui-ci m’attendait depuis quelque temps,
et je n’avais lu – je ne sais absolument pas pourquoi- que « Mexicains
perdus à Mexico (1975) » la première des trois parties qui
constituent le roman. Et que j’ai donc relue. Un régal. Elle a la forme d’un journal, tenu par un
jeune poète Juan Garcia Madero, qui à la fin de 1975 rencontre des
« réal-viscéralistes » (Arturo Belano et Ulisses Lima), après quoi
il abandonne ses études et les suit. Cette partie m’a happée, elle a des
côtés exaltants incroyables. La deuxième partie donne son nom à
l’ouvrage « Les
détectives sauvages (1976-1996). La seconde partie, beaucoup plus longue,
est chorale, on y trouve ou retrouve toutes les voix ayant connu Belano et
Lima, on y parle d’eux mais ils n’apparaissent jamais. C’est aussi un voyage
qui couvre Amérique, Europe et Afrique. Les vies décrites sont souvent délicates,
difficiles, il y a un souffle impressionnant dans cette partie qui doit
avoisiner les 700 pages. En dernière partie, titrée Les déserts
du Sonora, courte, on retrouve le journal de Madero et il est
relaté qu’ils finissent par trouver celle qu’ils cherchent depuis longtemps,
une énigme, la mystérieuse Cesárea Tinajero dont une seule œuvre est connue.
Foisonnant au point qu’il est vain d’entrer
dans les détails, cet opus se lit incroyablement bien, il y a une vitalité,
une qualité de narration et d’écriture impressionnantes qui ne peuvent
qu’emporter et transporter le lecteur. Car Bolano, formidable conteur, nous
parle émotions et sentiments, d’illusions et d’espoirs, sans aucun pathos. Un voyage est d’une richesse infinie. C’est
magnifique. |
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Caledonian road Andrew O’Hagan 650 p. |
Une plongée dans la société londonienne
d’après Covid, people, drogues, alcool La chronique dans le « Matricule des
Anges » me semblait prometteuse mais je me suis rapidement mordu les
doigts, Apparences, le chic et le toc, l’imposture
n’en parlons pas, l’hypocrisie pas mieux, … J’ai très vite ressenti de la difficulté
dans la lecture, le tableau brossé ne m’intéressant absolument pas, son
traitement non plus, une multitude de personnages auxquels il a été
impossible pour moi de m’attacher, et j’ai donc peiné à aller au bout, ce que
j’ai fait, aux aguets d’un éventuel rebondissement ou retournement qui
emporte le morceau, mais non, hélas non, je suis resté submergé par ce
trop-plein de vide qui s’est vraiment éternisé. Une très grosse déception |
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Collection Perec Numéros 11 12 et 13
à
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On ne sait jamais trop à quoi s’attendre
avec cette collection, et c’est pour moi le signe d’un pari original réussi.
Les 10 premiers numéros étaient déjà très variés, les trois suivants ne
dérogent pas.
1.Les oeuvres de Georges Perec obéissent à
des recherches formelles touchant à la disposition réglée de leurs lettres.
C’est à cette variété de textes graphiquement contraints que se confrontent
les brodeuses de Perecofil. Représentant chaque lettre de l’alphabet par un
carré brodé au point de croix avec un fil de couleur spécifique, elles font
surgir de leurs toiles les architectures secrètes des écrits de l’homme de
lettres. En vingt-six mots et autant de broderies, Perecofil propose ici une
nouvelle lecture de l’univers de Perec. > tisser les contraintes, trop
fort !
*2Entre Georges Perec et son incontournable
exégète, Bernard Magné, y aurait-il des connivences secrètes ? En cinquante
fragments à la fois vifs, graves et sensibles, Corinne Dupuy, qui a partagé
la vie du chercheur, propose le portrait croisé de deux fils souffrants.
Depuis sa place de femme d’aujourd’hui et dans l’angle mort où l’a plongée la
silencieuse relation entre les deux hommes, elle les observe, aussi puissants
que fragiles, emmurant leurs douloureuses émotions dans le contrôle et la
contrainte. Leurs vies mode d’emploi ? >Un numéro 12 fort attachant, très
sensible.
3. Éric Pessan s'est
ici emparé d'un manuscrit de George Perec ayant pour titre « Les Errants ».
Il serait le premier projet d'écriture de Georges Perec, que
celui-ci a malheureusement détruit. Seule la première phrase est restée «
Demain je serai mort », ainsi que des bribes du récit, dont il aurait parlé
ailleurs. Il aurait voulu en effet raconter l'histoire de quatre musiciens de
jazz, blancs, parcourant le monde et finissant leur vie au Guatemala. >Une réussite bourrée de clins d’œil
malicieux. |
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Un chien au milieu du chemin Isabela Figueiredo 312 p.
à
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Au Portugal, aujourd’hui. Deux personnages José et Beatriz. Ils
vivent seuls. Une circonstance presque banale va les réunir et ils vont
progressivement se lier, chacun va découvrir les secrets de l’autre. La construction est lente et méticuleuse,
mais si l’on accepte de laisser le temps au temps, un peu comme si l’on
flânait, on se fait happer lentement, sûrement, intrigué par les deux
personnages et ce fameux chien... Je n’en dis pas plus. |
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La Malédiction des Tamamura Edogawa Ranpo 328 p.
à
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Ambiance un rien désuète dans ce policier
japonais des années 30 écrit par un des maîtres japonais du feuilleton. On en
retrouve les codes et les caractéristiques, chapitres nombreux mais assez
courts, rebondissements à foison, adresse au lecteur régulièrement, on fait
des rapprochements bien sûr avec les romans des auteurs français et même les
feuilletons cinématographiques, les sérials de l’époque du muet. En résumé
une lecture agréable et rafraichissante. Une curiosité. |
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àà 520 p. |
J’ai passé un bon moment avec cette bio
extrêmement bien documentée d’un artiste que je suis indéfectiblement depuis
1979. Cette lecture a complété pas mal de choses, m’en a éclairé d’autres et
a confirmé de mon point de vue que je suis très chanceux -et heureux- d’avoir
croisé sa musique et d’être tombé dedans. 4e de couverture: Peter Hammill is one of music’s most daring and original artists. As
leader of the legendary avant-rock band Van der Graaf Generator, and creator
of an eclectic and formidable solo discography, Hammill has innovated
tirelessly and written some of rock’s most profoundly moving songs – both
emotionally and intellectually. In the 1970s, Van der Graaf Generator were infamous for their
visceral, chaotic live shows and the uncompromising power of albums such
as Pawn Hearts and Godbluff. And as a solo artist, Hammill’s
fearless explorations of the human condition have inspired generations of
musicians and listeners alike, with fans including David Bowie, John Lydon
and Mark E. Smith. Rock and Role traces Hammill’s remarkable career, providing a
critical appreciation of his songs, investigating the ideas behind them, and
creating a portrait of Hammill as both artist and man. Drawing on new
interviews with key collaborators and contemporaries, and illustrated with
many rare and previously unseen photographs, Rock and Role affirms
Hammill’s unique position as a musical pioneer and lyrical iconoclast. |
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Moo Park Gabriel Josipovici 230 p. à |
Au cours de leurs marches incessantes à
travers parcs et rues de Londres, Jack Toledano raconte à son ami Damien
Anderson qu'il travaille depuis des années sur Moo Pak, magnum opus
perpétuellement inachevé… Ce roman est fort surprenant dans sa forme, son
contenu est foisonnant, et à un moment intrigant, son thème central est le
langage lui-même, symboliquement exprimé au travers de Moor Park, manoir qui
au fil du temps a abrité Jonathan Swift, un asile d'aliénés, un centre de
décodage durant la Deuxième Guerre mondiale, un institut dédié à l'étude du
langage chez les primates et, pour finir, une école où un jeune illettré
s'efforce d'écrire « l'istoir de Moo Pak ». (Rédigé d’après la 4e de
couverture, que je vous conseille d’éviter , je l’ai remaniée car elle gâche
un peu, à mon sens, et c’est fort dommage). Ultime lecture de 2025, terminée le 31.12 à
18h20. |

Eh bien, je n'ai lu aucun des livres que vous citez ! Je retiens "la ballade du peuplier carolin" de Haroldo Conti. Je vais l’acheter dès demain à la librairie, ou le commander. Par les temps qui courent, les « bonnes » nouvelles sont rares 😊
RépondreSupprimerMerci de votre confiance Ghislaine !
RépondreSupprimerIl faudra vraisemblablement le commander, ce que j'ai fait par le réseau des Libraires Indépendantes -des Pays de Loire, c'est chez moi !!!-
Et en sachant que l'éditeur en France est ici : https://www.ladernieregoutte.fr/
(Présent aussi sur les réseaux sociaux).
A bientôt