En voici la 4e de couverture :
"Je marchais à pas lents de
bout en bout dans la Maison, et la traîne de fourrure me suivait comme un lourd
serpent louvoyant. Bêtes fauves, bois de camphre, pin qui brûle et pain qui
fume, j'emplissais la Maison de chaleur et de lumières. J'en étais la force
vitale, l'organe palpitant dans un thorax de charpentes et de pignons."
Hantée par un âge d'or familial, une femme décide de passer toute son
existence dans la grande maison de son enfance, autrefois si pleine de joie.
Pourtant, il faudra bien, un jour ou l'autre, affronter le monde extérieur.
Avant de choisir définitivement l'apaisement, elle nous entraîne dans le dédale
de sa mémoire en classant, comme une aquarelliste, ses souvenirs par saison.
Que reste-t-il des printemps, des étés, des automnes et des hivers d'une vie ?
Relater un souvenir familial dans cette maison (soit Noël, soit les grandes vacances) en tenant compte de la saison.
La famille : Petit Père et Petite Mère, les parents, quatre enfants dont un garçon.
Un potager, un grand parc, un étang. On utilise le « Je ».
Je retourne au bord de l’étang.
Je me souviens des interminables
après-midis d’été, au moment des grandes vacances lorsque nous étions enfants.
Nous avions à peine fini de
manger que tous les quatre nous attendions l’autorisation d’aller nous baigner,
pas avant quatre heures, disait Petite Mère. La digestion !
La sieste obligatoire ne nous
enchantait guère, elle prenait la plupart du temps des allures de chasse aux
mouches et aux moustiques. Nos chambres à l’étage en étaient infestées, on n’a
jamais su pourquoi.
Quelquefois nous avions
l’autorisation de nous installer sur la terrasse, dans les chaises-longues, où
nous tentions vainement de nous laisser gagner par la torpeur ambiante. La
patience n’était pas notre fort.
Lorsque c’était l’heure, on ne
se le faisait pas dire deux fois.
Enfin !
On partait en courant dans le
fond du parc pour se jeter dans l’étang.
Et on oubliait aussitôt tout ce
temps perdu, cet ennui de début d’après-midi, tellement heureux que rien ne
comptait plus, pas même les moustiques, pourtant toujours là.
Deuxième situation
Saison au choix, le dimanche et
son cérémonial ou la construction de cabanes.
Petit Père ça ne lui avait pas
plu du tout lorsqu’on s’était mis en tête de construire des cabanes. Mais alors
pas du tout.
On ne lui avait pas demander la
permission d’entrer dans son atelier. On
avait oublié aussi de dire qu’on aurait besoin de deux ou trois outils pour la
construction. Sur notre lancée, les trois planches qu’on lui avait barbottées
étaient passées sous silence.
Et c’est quand il nous repérés
sous le grand chêne près de l’étang en train – croyait-il – d’escalader l’arbre
vénérable qu’il a compris qu’il y avait anguille sous roche.
Mais c’était Petit Père , quand
même.
Et quand la semaine de punition
est passée, il nous a aidés à en construire une. Au sol bien sûr.
Je repasse près du chêne,
quelques vestiges sont toujours là. Une vieille corde effilochée est encore
vaguement amarrée à son anneau sur le poteau désormais bien décati que Petit Père avait planté pour nous.
Et, incroyable, proche de la
poussière, je n’y touche surtout pas, c’est une des trois planches qu’il nous
avait finalement laissées, j'ai failli ne pas la voir.
C’était bien, c’était un début
d’été.
Troisième situation
La maison a été vendue, la
narratrice vit maintenant en maison de retraite, elle y écrit ses souvenirs,
ici sur un objet de famille transmis de génération en génération : un
fauteuil élimé.
Je suis de retour dans ma
chambre. Je rentre des soins. J’ai un peu de temps devant moi avant l’heure du
repas. Je rouvre mon cahier, je me suis
installée à ma petite table, assise dans le fauteuil familial. C’est un
voltaire, il remonte à cinq générations si je me souviens bien ce que nous
disait Petite Mère. Je revois distinctement Petit Père y lire son journal, un
rituel, j’entends le bruit des pages qui se tournent. Et puis Petite Mère avec
le cliquetis des aiguilles à tricoter. Pas toujours, parfois c’était du
crochet.
J’ai bien peur que ce soit tout.
Pourtant… ce fauteuil élimé, toujours là, si j’osais je dirais qu’il a connu un
sacré paquet de fesses.
Je pense souvent qu’il est en
meilleur état que moi. Et après moi, je suis la dernière, à quoi et à qui
servira-t-il ? Je ne sais pas et e ne veux pas vraiment le savoir.
En conclusion :
Et puis les thèmes du roman comme appui d'un atelier, c'est pas mal, pour autant je sais que je ne le lirai pas, je pense que le caractère "ampoulé" et lyrique du lexique ne serait pas à mon goût !
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire