Quand on se penche -juste un peu, restons prudents - sur l’expression « écriture à quatre mains » une certaine perplexité ne manque pas de poindre, une fois que l’on a mis de côté et archivé ce qu’elle signifie, le fait que deux personnes ont travaillé ensemble pour écrire tout ce qui censément s’écrit. Travail d’équipe, parfois épique, n’en doutons pas.
Il n’empêche.Si on prend les quatre mains au pied de la lettre, ça ouvre des perspectives.
Pour écrire à quatre mains, on est donc deux, car on va exclure immédiatement certaines hypothèses : l’extraterrestre avec la créature à quatre mains, celle du mutant postnucléaire, celle du bonobo et enfin du demi-poulpe.
Écrire à quatre mains suppose que les deux équipiers, les complices, en une combinaison rare, sont ambidextres. Évidemment, et c’est une question de place, je suppose qu’il faut écrire sur de très grands cahiers ou des feuilles immenses. Ceci dit, même avec cette organisation, j’ai du mal à visualiser les positions.
En passant, notons que les adeptes de l’ordinateur qui pratiquent ainsi – et il y en a, n’en doutons pas - doivent être d’une souplesse extraordinaire même avec un clavier de bonne dimension. Éviter la dyslexie du « a », pas simple hein, avec quatre mains et vingt doigts au milieu…
Par contre, c’est une méthode parfaitement invisible, on n’en parle jamais, elle est tellement peu mise en avant que la nouvelle expression qui nous tendait les bras, « écrire à huit mains », n’a jamais vu le jour. Cela alimenterait sans doute trop les mêmes questions et soupçons que sur « écrire à quatre mains ».
On pourrait continuer longtemps.
L’insolubilité de la question nous pousse à sagement ne pas aller plus loin, vous ne saurez donc rien, mais vous pouvez peut-être l’imaginer, sur ce qui peut se passer avec les trois mousquetaires, les quatre cavaliers de l’apocalypse, les douze salopards, les six femmes d’Henry VIII et les trois lanciers du Bengale.
