jeudi 19 septembre 2024

L'été meurtrier

 



L’inspecteur Rossi arrivait juste sur les lieux.

Une tuerie. Trois morts.
Etouffés avec leur bob Ricard.


-Je t’écoute, Sébastien.
-Chef, on a retrouvé les boules disposées comme ça. Pas de trace visible ou d’empreinte. Il y a huit boules en plastique, un cochonnet. On n’a rien trouvé alentour. Il y a deux boules gris clair, deux boules jaunes, quatre boules gris foncé. On ne connaît pas le score, on ne sait pas non plus si c’était la revanche ou la belle…C’est les gris foncés qui ont le point.

 …(silence, réflexion, grattage de tête) …

Mais avec trois couleurs peut-on vraiment dire qu’il y avait deux équipes ? Va falloir peut-être chercher plus loin, là on va manquer de corps.

Sauf s’ils jouaient à deux contre un. Je veux bien les interroger mais…je veux pas gêner le légiste qui tente de faire parler les corps. A ce rythme on aura plus vite recueilli les aveux du cochonnet. On a donné les bobs à expertiser au labo pour avoir le taux d’alcoolémie.
-…
-Restera à déterminer pourquoi 8 boules ce qui me semble à la fois inquiétant et complexe, révélateur d’une pathologie à haut niveau de dangerosité. 8 c’est quand même l’infini vertical. Comme s’il était capable de recommencer n’importe où n’importe quand.
Ensuite, il y a un terrain de boule légèrement sablonneux à deux pas, et là, non, la mise en scène est sur des graviers et des cailloux. Ça a sûrement une signification.



Cette disposition fait penser à une constellation, il est persuadé de la dimension cosmique et même métaphysique de sa mission.

- On a reçu ça, une pièce jointe en recto-verso, par mail, impossible de tracer l’expéditeur. Jette un œil  à la photo. Cela correspond exactement à la scène de crime.

-Oui, ça correspond.

- Il obéirait à un rituel ?

- Il y a un numéro derrière la photo, le 9. Peut-être une annonce. Je me demande si on n’a pas affaire à un tueur en série. On est peut-être partis pour un été meurtrier.

-Une idée pour un profil ?

-C’est quelqu’un qui s’expose et prend des risques. Par goût. Il aime narguer. L’indice 9 en est le signe. Soit il s’appuie sur une grande maturité et sophistication, soit il est indifférent – presque imprudent – par rapport aux conséquences de ses actes. Rien d’improvisé cependant, tout est calculé, au millimètre, il est donc très confiant et méticuleux. Et… expérimenté.

- Et donc ?

- Donc, je pencherais pour un astronome souffrant de la chaleur, qui hait les bobs Ricard, vivant probablement dans un périmètre de 3 km autour d’une plage de galets à Etretat.


dimanche 15 septembre 2024

Voiles

 



Toute la nuit à voyager
les yeux fermés 
le rêve ouvert 
l'arrivée en gare 
l'atmosphère laiteuse
les nuages changent d'optique 
l'esprit se prête à l'illusion
les pont s'effacent
les quais t'embarquent   
il est temps de cingler 
oublie la raison 
déplie les voiles 
l'Afrique est ta destination 

mercredi 11 septembre 2024

Futurs

 



Elle espérait vivement que le futur proche lui prodiguerait un futur intérieur auquel elle rêvait, et comme le présent venait juste de passer, tel un petit futur antérieur, elle se disait qu’elle s’en rapprochait inexorablement, en arpentant un chemin escarpé mais joyeux qui l’amènerait à se délester de ce qu’elle appelait son imparfait.

mardi 3 septembre 2024

Première

 



Après tant de coups de piolets

Il aperçut un soleil violet

Il sentit qu’il progressait

            Il poursuivit un peu plus haut

            Il aperçut un soleil indigo

            Inconnus des spéléos

Remontant encore un peu

Il vit ce qu’il appelait de ses vœux :

Le soleil était bleu

            Avisant un passage entrouvert

            Il s’engouffra jusqu’à une carrière 

            Le soleil était vert

Il se savait dans la bonne zone

Il était son propre cicérone

Le soleil, oui, était jaune

            Ses pensées bleues aux anges

            Il grimpa il tenait son challenge

            Et le soleil était orange

L’ultime effort, il est dans le rouge  

C’est là, plus rien ne bouge

Et le soleil est rouge

 

    Loin des neiges éternelles

        Il avait réalisé sans échelle

            Sur sept paliers colorés irréels

                la première d’un arc-en-ciel


vendredi 30 août 2024

Somnolence

 

Sur ma toupie volante, un modèle high-tech importé des Mille et Nuits, je survolais le parallélogramme des Bermudes.
Mon cerf-volant, qui m’avait prêté sa canne à pêche, m’avait recommandé l’endroit.
La zone, fort vaste, était extrêmement poissonneuse mais -il y a toujours un mais- les disparitions y étaient malheureusement nombreuses. Ce qui arrangeait les pêcheurs bredouilles, selon les témoignages peu objectifs d’écrevisses marines extrêmement remontées.  
 
Pourquoi en rajouter ?
Tout cela illustrait que même installé tranquillement sous son parasol,
même légèrement agacé par des hordes de lucanes grimpant le long du pied, on n’était pas à l’abri de grand-chose. Le désordre, le dérèglement étaient bien là. 
 
A quoi bon lutter contre la somnolence ?



note : les mots en gras étaient imposés

lundi 26 août 2024

Trou noir ?

 



Ah, que peut-il bien se passer d’invisible dans ou derrière les blogs pendant l’entracte ?

Il y a eu la pluie de juillet , qui va qui vient, giflant les vitres pendant ce battement,

Il y a eu un petit séjour en Bourgogne aux alentours du 14 juillet, obligé d’une part -raison familiale- agrémenté d’une visite à Alesia (Muséo parc) avec un salut un peu malicieux à la statue de Vincent Gétorix, imperturbable, en guise d’interlude,

Il y a eu en vue de certaines de mes activités tournant beaucoup autour de l'écriture, des prévisions et des préparations, des envies -déjà même pour l'été 2025- ici comme là, ou ailleurs, ce fut le côté souterrain de l’intermède,

Il y a eu une tendinite sévère qu’il a fallu soigner, par le repos et la manipulation,  j’en vois juste le bout, prudemment, lors de l’interruption,

Il y a eu des variations de température quelquefois inouïes d’un jour à l’autre, nichées dans cet intervalle,

Il y a eu -entre autre- encore et toujours des lectures, qui seront bientôt rendues visibles, lors de cette pause,

Il y a eu une fois n’est pas coutume beaucoup de siestes, signe d’un besoin de repos !

Je passe volontairement sur les aberrations, horreurs et autres phénomènes d’hypnose de ce monde vrillé qui semble aller pleins gaz dans le mur de l’inhumanité…

Car il y a le plaisir de renouer, ici, avec ce petit billet, avec la promesse d’échanges amicaux à partir de ce que je publierai !

A très bientôt.




NB le rythme de parution tous les quatre jours est inchangé !